DROIT AU BUT 16/03/04
DaB 68 : Interview de David Sommeil
Quels sont les points communs entre Marius Trésor, Jocelyn Angloma et David Sommeil ? Ils sont défenseurs. Sont originaires des Antilles. Et ont porté ( ou porte encore) le maillot de l´OM. Droit au But, le magazine officiel du club, l´a rencontré. Interview.
David, ton départ de Manchester City lors de ce mercato d´hiver était programmé ?
David Sommeil : " Non, pas du tout ! Juste à la fin de cette période, il y a eu cette opportunité. Mon agent, Pape Diouf m´a téléphoné pour m´informer que l´OM souhaitait que je vienne. Je n´ai pas hésité. J´ai dit " oui " tout de suite. La machine s´est mise en route, avec notamment cet échange avec Daniel Van Buyten".
L´OM, c´est quelque chose qui compte énormément pour toi ?
D.S. : " Bien entendu. L´OM c´est toute mon enfance. Des tas de souvenirs. Je me souviens, on regardait à la télévision les duels entre l´OM et les Girondins de Bordeaux. C´est le plus grand club français. Celui des grandes et belles victoires".
C´est aussi une fierté pour la Guadeloupe…
D.S. : " Là-bas, tout le monde est fier que j´ai signé à l´OM. J´ai reçu de nombreux messages de félicitation et d´encouragement. L´OM est le club des DOM-TOM. Je sais que la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique sont tous derrière l´OM et de tout leur cœur. Il y a énormément de supporters de l´OM aux Antilles".
Tu marches d´ailleurs sur les traces d´un Guadeloupéen de renom : Jocelyn Angloma !
D.S. : " Oui d´Angloma, mais aussi de Marius Trésor. Des grands défenseurs de l´OM qui ont gagné des titres ici. Et j´espère connaître la même réussite. Que se soit Angloma ou Trésor, leur carrière olympienne est synonyme de succès, de victoires et de titres. Ce sont des modèles, des symboles si je puis dire. Il y a aussi Lilian Thuram qui est un superbe ambassadeur de la Guadeloupe. Ils ont montré chacun à leur manière que les DOM-TOM sont un vivier particulièrement intéressant pour le football français".
Tu viens de passer une année en Angleterre. Que te reste-t-il ?
D.S. : " D´abord, je voudrai dire que la Premier League est un rêve que j´ai réalisé. C´est un championnat comme je les aime. Dynamique, rugueux, avec de très bons joueurs, tous les dimanches, tu fais le match de ta vie, tu dois tout donner car, personne ne calcule parce que c´est un jeu direct. Peut-être que j´y retournerai en juillet, je ne sais pas encore quel sera mon avenir même si je souhaiterais rester ici. L´Angleterre est le pays du football par excellence".
Qu´est-ce qui caractérise le football anglais ?
D.S. : " C´est le plaisir, la passion. Le football est le sport numéro un. Tous les supporters sont derrière leur équipe quoiqu´il puisse arriver, les stades sont combles quelque soit l´endroit où tu joues. Les gens sont passionnés. Je me souviens d´une anecdote avec City. Nous avions perdu 3-0 contre une équipe moyenne de la Premier League et à la fin du match, les fans de City nous ont applaudis, en nous disant qu´il y aura d´autres matches. Ça fait toujours chaud au cœur d´être soutenu".
L´enjeu n´a pas la même valeur qu´en France ?
D.S. : " L´enjeu est très important en Premier League, aussi important qu´ici, mais les fans relativisent beaucoup plus par rapport au football qui n´est qu´un jeu. Ils ont conscience que parfois ça passe, mais aussi que quelquefois, ça ne passe pas. Et puis, ils connaissent très bien le football".
Revenons à l´OM. Quels souvenirs as-tu du Vélodrome avec Caen, Rennes ou Bordeaux ?
D.S. : " J´ai de très bons souvenirs notamment avec les Girondins puisque nous avions gagné à Marseille. C´était un bel exploit. Je me souviens aussi qu´avec Caen ou Rennes, les matches étaient difficiles. On prenait pas mal de buts".
En 1995, tu es venu avec Caen. Toute la saison l´OM et Caen ont lutté pour la première place du championnat de D2. Que te reste-t-il de cette époque ?
D.S. : " Nous avions gagné 2-0 chez nous. Alors qu´ici, nous nous étions inclinés ( 1-0). Je marquais Tony Cascarino, je me souviens très bien. C´étaient des matches au couteau, une lutte âpre pour le leadership de la D2. Finalement, nous avions réussi à conserver la première place jusqu´au bout".
Maintenant tu es dans le camp marseillais après avoir été dans celui de l´adversaire…
D.S. : " Les exigences ne sont pas les mêmes. Ce n´est pas du tout pareil. L´OM doit gagner à domicile comme à l´extérieur d´ailleurs. C´est le lot d´un grand club. C´est une très bonne chose pour un joueur. Quand tu joues à l´OM, c´est justement pour disputer des rencontres de haut niveau tous les dimanches. C´est totalement différent en tout cas, lorsque tu joues à l´OM que contre l´OM".
Depuis Manchester, tu suivais le championnat de France ?
D.S. : " J´ai suivi le parcours de l´OM en Ligue des Champions. J´ai trouvé d´ailleurs que l´équipe s´est bien comportée. Je pense qu´ils ont manqué leurs confrontations décisives face à Porto. Malgré tout, dans un groupe difficile, l´OM a réussi à finir 3e, synonyme de Coupe de l´UEFA".
Et en championnat ?
D.S. : " Nous sommes actuellement 6e. Je pense que l´on peut expliquer ce classement de part les contre-performances de l´équipe face aux grosses écuries de L1 à domicile comme le PSG, Lyon ou Monaco. Mais rien n´est perdu dans la course à une qualification européenne. J´y crois très fort ! "
Est-ce que ce retour en France, pourrait éventuellement te permette d´éveiller la curiosité du sélectionneur des Bleus ?
D.S. : " Jacques Santini me connaît. Il me suit depuis quelques années, que se soit à Bordeaux ou à Manchester. Maintenant peut-être que le fait d´évoluer en France et à l´OM plus particulièrement, sera un avantage, je n´en sais rien. Le boulot du sélectionneur c´est de repérer les meilleurs poste par poste et d´évaluer les performances des garçons, que se soit en France ou à l´étranger".
Tu y songes ?
D.S. : " Bien entendu que j´y pense. Quand tu es professionnel, l´équipe nationale est un objectif".
Même pour l´Euro 2004 ?
D.S. : " Certainement. L´Euro 2004, la Coupe du Monde 2006… je n´ai que trente ans. Tout est encore possible. Pour cela, il faut que je sois bon et régulier avec mon club. J´ai l´envie et les qualités je crois, pour aller de l´avant".
Tu pourrais rester ici l´année prochaine ?
D.S. : " Marseille me plaît. Le club me plaît. Les supporters veulent gagner. Moi aussi, je suis un gagneur. Il y a aussi le climat, l´ambiance… des éléments qui se rapprochent davantage de ma personnalité, de mon caractère. Il pleut beaucoup en Angleterre, malgré tout, ce n´est pas aussi catastrophique que ce que je l´avais imaginé. Mais, tout est plus favorable ici, quand même".
Propos recueillis par Th.A.
Interview extraite du numéro de mars de Droit au But, le magazine officiel de l´OM. Actuellement en vente en kiosque.