Mathieu Flamini, la flamme de l´OM
Depuis fin décembre, Mathieu Flamini ( pas encore 20 ans) a gagné sa place dans le groupe pro de l´OM. En quelques semaines, le jeune milieu de terrain a découvert le Championnat de France, la Coupe d´Europe et l´équipe de France espoirs. Portrait.
Né sous le signe du poisson, Mathieu Flamini nage depuis fin décembre dans un océan de bonheur appelé Ligue 1, la «Bonne Mère». Celui qui n´a pas encore 20 ans, il les aura le 7 mars, fêtera son anniversaire à Furiani où l´OM ira défier Bastia et pourra ajouter sur son gâteau d´anniversaire huit bougies. Huit comme le nombre de ses matches au plus haut niveau ( 5 en L1, 1 en Coupe de France, 1 en Coupe d´Europe et 1 chez les Espoirs). Alain Perrin a fait appel à lui le 20 décembre dernier contre Toulouse ( 1-0) pour la première fois. «Je ne m´y attendais pas vraiment même si depuis quelques matches j´étais sur le banc. Mes trois minutes de jeu contre Toulouse m´ont donné un avant-goût de ce qui allait suivre» souligne-t-il. La suite, c´est une entrée en Coupe de France contre le pire ennemi du club, le Paris-SG dans un Stade Vélodrome surchauffé ( 1-2). Quarante cinq minutes d´apprentissage express pour celui qui avoue ne pas avoir eu le temps de gamberger : «Contre le PSG, je ne me suis pas bien rendu compte de ce qui se passait. C´était impressionnant. Mais un match de ce calibre, pour un jeune joueur comme moi, c´est à double tranchant : on peut y gagner en reconnaissance mais y perdre aussi en crédibilité si on ne convainc pas».
Quand José Anigo prend l´équipe en main suite au renvoi d´Alain Perrin, la carrière de Mathieu Flamini s´accélère d´un coup. Au côté de son ancien coach, le jeune Marseillais voit s´accroître un peu plus ses chances de fouler régulièrement les pelouses de Ligue 1. «Je connais José Anigo depuis les - de 17 ans, cela fait quatre ans. C´est quelqu´un qui me connaît bien. Cela m´a certainement aidé à me retrouver dans le groupe pro». Le jeune Marseillais croit en sa bonne étoile et en son entraîneur avec lequel une complicité est née : «Il parle beaucoup avec ses joueurs, c´est un bon entraîneur, un battant. Il est le même que lorsqu´il était joueur». " Puisqu´un bonheur n´arrive jamais seul, Mathieu Flamini vient également de taper dans l´oeil de Raymond Domenech, l´entraîneur des Espoirs, qui lui a déjà offert une première cape internationale contre la Belgique, le 17 février dernier ( 0-1).
Flamini : " Je ne suis pas un joueur violent"
Marseillais d´origine, Mathieu Flamini est un joueur fidèle : il n´a connu qu´une seule idylle, l´Olympique de Marseille. «J´ai débuté à l´âge de 6 ans, un ami s´était inscrit à l´OM et je l´ai suivi. J´ai commencé chez les débutants. J´ai franchi tous les échelons, j´étais souvent surclassé et chaque année le club me gardait» confirme-t-il. Celui qui s´éclate au milieu de terrain a pourtant appris les bases du foot à un autre poste : «A l´époque, je jouais libero. C´est quelques années plus tard que je suis passé au milieu de terrain». A 15 ans, un tournant se produit dans l´ascension jusque-là tranquille du joueur marseillais : «Au départ, je jouais surtout pour m´amuser. Je n´ai pris conscience de mon éventuelle réussite qu´à partir du moment où j´ai signé un contrat aspirant vers 15 ans. Mais même à ce moment là, je n´y croyais pas trop car j´en voyais beaucoup qui restaient sur le carreau».
A l´OM et comme dans tous les grands clubs, peu de jeunes gagnent la confiance de leur entraîneur. Lui s´inspire des meilleurs à son poste pour approcher les cimes : «Quand j´étais plus jeune, mon modèle était Didier Deschamps quand il jouait à l´OM et à la Juve. Maintenant, j´essaie de m´inspirer de Vieira et de Makelele. J´essaie de retenir leur manière de ressortir les ballons, leur vision du jeu». En cinq matches de Championnat, soit 338 minutes de jeu, il a déjà écopé de trois cartons jaunes et a été expulsé à Sochaux. Malgré ces avertissements, Mathieu Flamini défend son caractère : «Le carton rouge n´était pas mérité. Ce que je peux dire, c´est que je ne suis pas un joueur agressif ou violent». Pour durer à Marseille, où le football est une religion, Mathieu Flamini ne se met aucune pression : «Maintenant, je dois continuer à donner le meilleur. Je ne me prends pas la tête, si je dois être remplaçant ou retourner en CFA, j´irais et je continuerais à travailler. Il me reste encore beaucoup de choses à apprendre, notamment sur le plan technique et tactique».
L´avis de Jean-Philippe Durand, entraîneur adjoint de l´OM
Ses qualités :
«Mathieu est quelqu´un de très dynamique et volontaire. Même s´il n´est pas très grand, il a un physique intéressant. Il donne de l´impulsion dans son jeu, il va au contact, il gagne ses duels et il a un bon jeu de tête ce qui lui permet de gagner des ballons. De plus, sa technique est bonne et il sait jouer des deux pieds.»
Sa vie dans le groupe :
«C´est un joueur très à l´écoute. Il se comporte comme un jeune, il ne se met pas en avant et il s´investit complètement. Il a très envie de réussir et ça se voit. Malgré son jeune âge, il montre son envie de manger les autres.»
Les progrès à réaliser :
«Mathieu progresse au fil des matches. Avant toute chose, il doit améliorer son jeu offensif, sa transmission du ballon et il doit perdre moins de ballons. Il faut également qu´il contienne son impulsivité et qu´il prenne conscience qu´il a une bonne frappe de balle.»
Les conseils de Jean-Philippe Durand :
«Pour réussir, Mathieu doit encore régler quelques détails. Il doit impérativement montrer sa capacité à réussir les matches de haut niveau. Son attitude ne doit pas changer car elle est bonne. Je pense qu´il peut devenir le joueur majeur d´une équipe mais, pour cela, il doit apprendre à s´investir pour les autres.»