Le coup de la panne
15 février 2004 - Aurélien CANOT
Tenu en échec sur la pelouse du Mans, l’Olympique de Marseille a grillé samedi soir son dernier joker dans la course au titre. Trop dépendante de Didier Drogba, la formation phocéenne a payé la stérilité de son attaquant. Mais peut-on vraiment s’en étonner ?
La « Drogba-dépendance », terme très à la mode du côté du Vieux Port, n’est pas un concept alimentaire innovateur ou un style de croyance en vogue. Il s’agit juste de l’importance considérable qu’endosse aujourd’hui Didier Drogba dans le jeu de l’OM. Et plus encore dans les résultats et l’évolution de l’équipe au classement. C’est simple : sans vouloir manquer de respect au reste de l’effectif marseillais, Drogba est le véritable baromètre de sa formation. Et quand il ne marque pas, les Marseillais s’imposent rarement. En atteste encore la dernière sortie de l’OM, samedi au Mans. L’attaquant n°1 de Marseille a tout tenté : frappe de loin, duel avec le gardien, percée rageuse, retourné acrobatique… En vain. Mais les lacunes phocéennes sont suffisamment importantes pour ne pas uniquement se focaliser sur le cas Drogba. Et plusieurs éléments expliquent les carences actuelles de l’équipe de José Anigo.
L’absence de Battles
Suspendu à Léon-Bollée, l’ancien Bastiais est, à un degré supérieur de Meriem, un véritable créateur. Drogba sait transformer de simples phases de jeu en occasions franches. Les autres joueurs de l’OM, moins. Ils nécessitent plutôt un service en profondeur ou un décalage astucieux. Samedi, personne n’a su le faire. Un passeur comme Batlles aurait pu être l’homme de la situation.
L’attaque à deux éléments
Didier Drogba ne paraît jamais aussi à l’aise que lorsqu’il évolue seul en pointe. Lorsque, comme samedi, l’entraîneur de l’OM lui met Mido dans les pattes, les deux hommes semblent se marcher dessus. Tel que joue Marseille actuellement, une attaque bicéphale n’est pas recommandée. Mido doit être utilisé comme joker ou reculer d’un cran et profiter de son excellent jeu de tête pour devenir une excellente rampe de lancement pour Drogba. L’Egyptien peut également être très précieux à la tombée des coups de pied arrêtés.
Le « No Man’s Land »
Entre Barthez, premier relanceur, et Drogba, finisseur, il semble y avoir un gouffre sur la pelouse. Comme un grand vide où plusieurs hommes se battent pour récupérer les ballons et tenter de les distiller ensuite mais sans cette véritable pointe de génie qui peut parfois débloquer un match. Dans cette réflexion, la venue de Marcelo Gallardo ou Déco aurait permis à l’OM de détenir cette connexion si importante entre la défense et l’attaque. Mais avec des si…
source football 365