allez petite revue de presse de la journée
BONNE LECTURE
L´Équipe
Un train d´enfer
JEAN-LUC GATELLIER
Les équipes de tête vont très vite, cette saison. Avec 40 points, Marseille, aujourd´hui sixième, aurait été leader l´an passé.
LE SIX DE DEVANT FONCE. - Malgré une récente et toute relative baisse de régime, le leader du Championnat, Monaco, totalise 51 points après 23 journées. C´est 12 de plus que Lyon, Nice et Marseille les leaders au même stade de la compétition en 2002-2003 ! L´ASM présente un bilan de 15 victoires, 6 nuls et 2 défaites contre 11 victoires, 6 nuls et déjà 6 défaites pour Lyon, la saison passée. Avec seulement deux défaites au compteur, Monaco se rapproche des standards des autres grands Championnats européens. Arsenal est invaincu en Angleterre, le Milan n´a perdu qu´une fois en Italie, le Werder Brême deux fois en Allemagne et le Real Madrid trois fois en Espagne.
L´OM, déçu par ses résultats au point de se séparer de son entraîneur, Alain Perrin, totalise pourtant 40 points, soit un de plus que la saison dernière à la même époque. Ce total lui aurait permis d´être leader l´année passée. Cette saison, il ne lui offre que la sixième place.
Les Coupes d´Europe, qui reviennent dans trois semaines, ajoutées à la fatigue d´une saison bien avancée, vont-elles ralentir le rythme des leaders ? Monaco ( 5 v., 1 n.) et Lyon ( 4 v., 1 n., 1 d. pour six matches à l´extérieur) ont très bien géré le match de L 1 suivant immédiatement une rencontre de Ligue des champions. C´est moins le cas pour Marseille ( 3 v., 5 d.), Sochaux ( 2 v., 1 n., 1 d.) et Auxerre ( 1 v., 1 n., 2 d.). Le Paris-SG est le seul parmi les six premiers à ne pas être qualifié en Coupe d´Europe.
UN VENTRE TRÈS MOU. - Cette saison, le Championnat est clairement coupé en trois. En haut du classement, il y a un trou de 5 points entre Marseille ( 6e) et Nice ( 7e). Cet écart existe aussi entre Bastia ( 14e) et Ajaccio ( 15e). Ce découpage a toujours existé, mais l´an dernier le peloton était en file indienne. Il y avait seulement 8 points d´écart entre Lyon, le leader, et Strasbourg, le 13e. Aujourd´hui, il y en a 23 entre Monaco ( 1er) et Lille ( 13e). Les mal classés, en revanche, sont dans le même créneau de points. Cela signifie que le ventre mou l´est de plus en plus. À quinze journées de la fin, huit équipes ( Nice, Bordeaux, Nantes, Lens, Rennes, Strasbourg, Lille et Bastia) n´ont plus grand-chose à craindre ni à espérer, à moins d´une série exceptionnelle dans un sens ou dans l´autre. Pour elles, les quatre mois de compétition restants risquent de paraître bien long.
LA CAN DESSERT LES PETITS. - Les trois premiers du classement, Monaco, Auxerre et Lyon, n´ont qu´un seul joueur à la CAN. Et encore. Le gardien sénégalais Tony Sylva n´est que le numéro 2 à Monaco. Et le défenseur camerounais d´Auxerre, Jean-Joël Perrier-Doumbé, n´a été titulaire qu´à six reprises en L 1. À l´exception de Sochaux, qui a perdu cinq joueurs, dont son buteur Santos, cette compétition est surtout pénalisante pour les moyens et les petits. Et les grands du Championnat en profitent pour creuser l´écart.
LES PROMUS SOUFFRENT. - Budgets serrés, interdiction d´acheter des joueurs sur ordre de la DNCG... Les promus souffrent. Metz, Le Mans et Toulouse sont respectivement dix-septième, dix-neuvième et vingtième. « Face à nous, Lyon a une équipe de galactiques », dit Jean Fernandez, l´entraîneur messin, en référence au Real Madrid. Généralement, les promus vivaient une première saison de « grâce », quitte à retourner en L 2 lors de la deuxième ou la troisième. Cela ne semble plus être le cas.
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LE MEA CULPA DES WINNERS
Demain soir, l´OM recevra associations de supporters. Une rencontre programmée depuis une dizaine de jours durant laquelle sera notamment question des modalités du déplace à Dniepropetrovsk, en coupe de l´UEFA, le 3 mars.
L´ordre du jour, contrarié par les évenements de samedi au Vélodrome ( injures adressées à Steve Marlet et Christophe Bouchet), débordera certainement.
Ce dérapage ne restera pas sans lendemain. Il suppose une batterie de sanctions que chacun prendra après avoir interprété, la tête reposée, l´ampleur des dégâts.
Il faudra du temps, car hier encore, il était difficile d´analyser avec clarté ce volet peu glorieux de l´histoire du club.
Une absence de compréhension liée à plusieurs paramètres.
Une banderole " Bouchet, tes promesses que du vent ! !", sortie pendant l´échauffement. Une attaque envers le président olympien. Ce dernier amené à réagir samedi, annonce le licenciement la veille de Rachid Zeroual, le vice-président des Winners.
Dans ce même temps, les Winners décapités depuis les condamnations et l´interdiction de stade de leur président et de leur vice-président, soulignent n´avoir agi que pour protester contre les résultats obtenus depuis le début de saison et devant la pauvreté du jeu pratiqué.
" J´ai promis de ne pas licencier Zeroual pour des raisons d´humanité tant qu´il était en prison. J´ai également promis de lui trouver une situation de reclassement : il l´a refusée"
Une absence de compréhension, toujours, lorsque Rachid Zeroual nous annonce hier avoir pris connaissance de son
licenciement, le matin même en lisant les journaux.
Une absence de compréhension encore, lorsqu´on saura que les Winners ont distribué un tract avant le match où ils proposent " après un silence de trois matches de supporter en poussant partout et toujours avec le plus de ferveur
possible l´OM. "
Le président olympien n´a pas été trop étonné des reproches adressés à son encontre : " Je m´y attendais un peu, confie-t-il, d´autant que le club avait une décision à prendre. J´avais été clair en novembre, il faut avoir la
main ferme en temps utiles. Nous ne pouvions pas rester les bras croisés.
" J´ai promis, pour des raisons d´humanité, de ne pas licencier Rachid Zeroual tant qu´il était en prison, continue le président olympien. J´ai également promis de lui trouver une situation de reclassement, il l´a refusée. Je suis allé au bout de mes possibilités, tout cela sous l´oeil désapprobateur des autorités. "
" J´ai appris mon licenciement dans la presse. II y a quelque temps, on évoquait une augmentation de mon salaire : la seule prime que j´ai reçue, c´est un séjour aux Baumettes"
Choqué de voir son nom dans tous les journaux alors qu´i l n´était pas au stade, pensant que l´amalgame avait été établi, Rachid Zeroual est sorti de sa réserve hier en fin d´après-midi.
Il ne dément pas avoir eu un entretien avec Christophe Bouchet, il s´étonne d´apprendre son licenciement par voie de presse : " Je n´ai reçu aucun courrier préalable à un entretien, ni aucun autre message me laissant comprendre que je n´appartiens plus au club. Je suis salarié depuis cinq ans mais je n´ai jamais eu de contrat. Je suis encore plus surpris qu´il y a quelque temps, on évoquait une augmentation de mon salaire et une nouvelle affectation. La seule prime que j´ai reçue, c´est une lettre à charge au Procureur de la République et un séjour aux Baumettes."
Un an de prison dont huit avec sursis et une interdiction de stade de trois ans : " J´ai vu mon nom dans tous les journaux, continue Zeroual, mais je n´étais pas au stade. Je n´ai donc pas pu attiser la haine qu´on me prête. Ce qui s´est passé est regrettable mais en aucun cas prémédité. J´ai payé une fois pour mes propos. Je ne suis pas aussi con qu´on le croit. J´ai un enfant de quatre ans et ma femme s´apprête à accoucher. Et, voyez-vous, j´ai envie de voir mon fils naître. Je suis, de plus, en sursis, je ne vais donc pas donner le bâton pour être battu..
Et de regretter : " On avait recomposé le groupe pendant notre absence, mais ça nous a échappé des mains."
" L´inacceptable a été atteint. Nous présentons nos excuses à Steve. Nous prendrons rapidement des décisions internes personnelles et nous Interdisons d´ores et déjà le porte-voix dans les tribunes"
Comment en est-on arrivé là ?
Décapité depuis trois mois, à la suite d´une décision de justice, les Winners n´ont plus dans les travées du Vélodrome de leader naturel. La place est ainsi ouverte pour de nouvelles têtes : " La nouvelle structure a du mal à se mettre en place, constate Didier Matera, président de l´association lui aussi interdit de stade. L´inacceptable a été atteint. Nous prendrons, d´une part, des sanctions personnelles internes et, d´autre part, nous interdirons le porte-voix dans les tribunes jusqu´à nouvel ordre.
Mais ne jetons pas l´infamie sur 5 500 membres à la suite de l´égarement de deux idiots, au verbe haut et qui on voulu faire les beaux devant les copains. 99 % des Winners ne se se reconnaissent pas dans ces agissements.
Nous présentons nos excuses à Steve Marlet pour ne pas avoir contrôlé et prévenu ces dérapages, nous sommes prêts à le faire de vive voix.
" On nous jette l´opprobre mais les Winners c´est autre chose : nous avons porté assistance aux sinistrés d´Arles dans l´anonymat, mais là ça n´intéressait personne."
Rachid Zeroual parle " de trahison et de décisions internes à prendre très rapidement, notamment l´interdiction du mégaphone " . Il s´est entretenu hier avec José Anigo pour exprimer " sa gêne", conscient que cette dérive nuit à l´image du supporterisme à Marseille. " Cela reste le fait d´une poignée ayant profité de certaines failles", continue Christophe Bouchet, soucieux d´éviter tout amalgame.
Le président étudiera, ce matin avec les avocats du club, la suite éventuelle à donner à cette a faire : " On va recevoir les responsables pour les entendre, S´ils ont des messages à faire passer qu´ils le disent. Il n´y ni dignité ni courage dans ce mode de fonctionnement. " Quand on a des choses à dire on y croit dès la première minute, pas à vingt minutes de la fin selon le sens du vent. "
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Du changement pour la saison prochaine
- L´ensemble des supporters ne pâtira pas de l´écart commis samedi. Christophe Bouchet n´entend pas pénaliser tous les groupes car " ceux-ci ont déjà payé un lourd tribut en matière d´image. Ils ont accompli de nombreux efforts notamment sur les fumigènes et dans les animations.
" On ne va pas continuer 100 ans avec une réputation qu´on ne mérite pas. Ils attendent des actes du club d´autant que tout le monde est souillé, eux, le club, la ville." Christophe Bouchet est prêt à leur donner.
Parmi les prochains actes, l´une est liée à la reconnaissance des groupes : " J´ai averti les clubs de supporters que, pour la prochaine saison, et pour des raisons légales, nous ne vendrons plus des billets à des associations ne respectant pas le régime associatif´.
En d´autres termes, des associations respectant les statuts du tissu associatif avec, par exemple, la tenue d´une assemblée générale. Il n´est donc pas, pour l´heure, question de retirer la gestion des abonnements aux clubs...
La décision fait déjà grincer quelques dents puisque quelques groupes ne répondent pas aux normes.
Dans un autre ordre d´idée et pour revenir aux incidents, Christophe Bouchet s´interroge sur la date des événements.
Il estime ainsi " pas neutre" le comportement des supporters et s´inquiète de l´impact négatif de ces incidents sur des joueurs susceptibles de rejoindre l´OM en fin de saison.
" On a chez nous une tendance suicidaire flagrante. Pourquoi maintenant ? L´équipe reste sur de l´acceptable. Depuis deux ans, les résultats sont conformes à nos ambitions, même si je n´ai pas perdu de vue que nous sommes plus exigeants cette année. "
Il est intrigué par la proximité de la grève des Ultras et l´arrivée de José Anigo à la tête de l´équipe : " Tout cela est bizarre."
T.M.