Mêmes visages blêmes, mêmes mots d´impuissance, même scénario: Marseille et son manageur général Alain Perrin, plus isolé que jamais, ont sombré dans le pathétique vendredi contre Monaco ( 1-2) en L1 de football, poursuivant un chemin de croix parsemé de tristes records.
On n´ose plus égrener ces funestes statistiques automnales qui ont fait de l´OM, candidat au titre en août, un simple concurrent pour un place en Coupe de l´UEFA. Voire à l´intertoto si le calvaire se poursuit.
Depuis l´annonce surréaliste du transfert de Barthez dans son ancien club le 16 octobre, l´OM a ainsi compilé huit défaites, pour trois victoires. Et aucune mémoire locale n´a pour l´instant souvenir de quatre défaites de rang à domicile.
Monaco aussi a rouvert les parchemins du foot marseillais: c´est la première fois depuis la saison 1979-80 que l´ASM s´impose au Vélodrome, qui n´est plus que ville ouverte.
De l´ASM, justement, il n´y a pas grand chose ne neuf à dire... Un peu comme un bon élève à qui l´on remet sa copie devant une classe de cancres que l´on ne veut pas trop froisser. Sur le mode: toujours parfait, continuez ainsi.
En un mot, le bagage technique impressionnant de la bande à Giuly a fait la différence quand elle a décidé d´accélérer le jeu, après la pause et une remontée de mécanique de Didier Deschamps.
" Nous avons fait un grand match. L´envie a fait la différence", a déclaré Giuly. Résultat: six points d´avance sur Lyon, neuf sur Paris et douze sur Marseille. Fermez le banc.
La piste Anigo
Non seulement pathétique dans son constat d´impuissance, Perrin paraît aussi de plus en plus isolé. Car il n´a pas honoré l´ultimatum fixé par voie de presse par le véritable patron de l´OM, Robert Louis-Dreyfus, qui avait qualifié cette rencontre " d´importantissime" et de " tournant de la saison".
La présence médiatique remarquée de l´actionnaire ultra-majoritaire de l´OM ces derniers jours ne doit rien au hasard. En quatre jours, " RLD" a livré deux entretiens, à France Football et La Provence. Signe que l´heure est grave.
De source proche du club, le projet d´un remaniement interne au sein de l´encadrement technique est d´ailleurs clairement évoqué.
Le scénario le plus étudié verrait José Anigo, actuel entraîneur de la CFA et coach-express à l´été 2001 avant d´être éconduit par Bernard Tapie, reprendre en charge l´équipe première.
L´intéressé aurait réservé sa réponse. Perrin, qui affirme toujours ne pas être " fragilisé", prendrait alors " du recul" et conserverait sa place de manageur.
Le président Christophe Bouchet n´était pas joignable samedi.
Cette hypothèse ne devrait normalement prendre corps qu´après le déplacement à Belgrade mardi en Ligue des champions. L´OM y jouera le droit de poursuivre sa tournée européenne en Coupe de l´UEFA. Mais cela ne sauvera pas sa saison. Seule une nouvelle qualification pour la lucrative Ligue des champions le permettrait.
Pour cela, il faudrait être capable d´enchaîner deux mi-temps de haut niveau. La tentative échoua encore caricaturalement vendredi. " Je ne comprends pas ce qui arrive. Nous perdons confiance quand nous prenons un but, alors que nous devrions nous révolter", constatait samedi, dépité, le buteur égyptien Mido.