Ligue des champions: Lyon et l´Europe, ce n´est qu´un au revoir
[2004-04-08 20:10]
LYON ( Reuters) - Pour sa quatrième campagne consécutive de Ligue des champions, l´Olympique Lyonnais a rempli honorablement son objectif d´atteindre les quarts de finale mais n´a pu réaliser son rêve un peu fou d´aller au bout.
Car devant Porto, le double champion de France est tombé sur un os: « Quand on réfléchit , on voit qu´on a perdu sur l´ensemble des deux matches, constate Peguy Luyindula. Cela veut dire qu´ils ont été meilleurs. Et je crois qu´on a plus perdu à l´aller qu´au retour.»
Paradoxalement, à l´image de ce quart de finale ( 2-0 à l´aller, 2-2 au retour), il aura manqué à l´OL, à la fois beaucoup et pas grand chose.
« On y a vraiment cru, dit Vikash Dhorasoo. Nous avons enflammé le match, mais je n´ai pas l´impression non plus qu´ils ont paniqué. »
Le vainqueur de la Coupe de l´UEFA 2003 a fait montre d´une organisation sans faille, mais a aussi été chahuté, notamment en première période du match retour.
" Le regret, c´est d´avoir hypothéqué nos chances par ce deuxième but juste après la mi-temps, avoue Patrick Müller. D´où un sentiment un peu ame."
" J´aime bien terminer les choses que j´ai commencées, avoue Peguy Luyindula. De stopper net en quarts, cela m´ennuie un petit peu."
D´autant que la lecture du plateau du dernier carré a de quoi donner des regrets, avec des surprises venues de partout ( Madrid, Milan et Arsenal éliminés) … sauf de Gerland.
" Il y avait de la place pour passer, analyse Patrick Müller. On aurait voulu goûter aux demis, surtout avec l´ambiance magique et ce parfum de la Ligue des Champions."
Il y a donc dans ce parcours quelques ingrédients « qui donnent envie d´y revenir », complète Florent Malouda.
Mais à l´OL, on sait avancer pas à pas. Depuis 1999, le club a toujours terminé sur le podium du championnat, tout en progressant chaque année jusqu´au titre en 20002 et 20003.
PEUT MIEUX FAIRE
" C´est encore de l´expérience engrangée, résume Edmilson. N´oublions pas que Lyon n´était jamais allé aussi loin."
Jean-Michel Aulas poursuit : " C´est toujours très difficile de rester en haut et nous le faisons. Et c´est aussi cela qui nous fait progresser."
Au bilan de cette nouvelle campagne de Ligue des Champions, l´OL présente un bilan de dix matches pour cinq succès, deux nuls et trois défaites.
Au delà des chiffres - neuf millions d´euros de droits UEFA au minimum, plus d´autres recettes annexes -, Lyon entend donc positiver.
" C´est une belle aventure et réussie, note Jean-Michel Aulas, le président. Il ne faut pas être déçu. Nous avons vu à Gerland un grand spectacle cette année. Il faut garder ces images."
Reste qu´une question peut se poser : Lyon a-t-il atteint ses limites ?
" C´était peut-être un peu trop fort pour nous, admet Paul Le Guen, l´entraîneur. A l´école, l´élève OL aurait sûrement reçu cette appréciation: doué, appliqué, prometteur, a franchi un nouveau cap, mais doit encore progresser."
Pour ce faire, Juninho a des idées.
" Nous n´avons peut-être pas assez de joueurs pour mettre de la folie dans un match, constate le Brésilien. Nous avons peut-être de nombreuses options au milieu. Mais devant ou derrière, dès qu´il y a des blessés ou des suspendus, nous avons moins de solutions."
Car Lyon se présentait à Gerland mercredi sans quelques cadres, de Sidney Govou à Claudio Caçapa, en passant par Eric Carrière.
" Il nous faut peut-être avoir en plus deux ou trois joueurs de cette qualité là", avance Jean-Michel Aulas.
Si l´Europe l´abandonne, l´Hexagone peut encore sourire à une équipe déjà tournée vers son dernier objectif encore tenable : le championnat.
" Nous avons envie de remercier le public, qui nous a réservé une ovation malgré l´élimination, par un troisième titre", lance déjà Florent Malouda.