Mar seille, c’est spécial»
PEGUY LUYINDULA, nouveau Marseillais et successeur de Didier Drogba, arrive plein d’ambition.
Après Jérôme Rothen, passé de Monaco à Paris, c’est l’autre transfert à sensation franco-français de l’intersaison. Peguy Luyindula, le Lyonnais, triple champion de France, va donc remplacer Didier Drogba à Marseille. Il a signé, hier, un contrat de quatre ans et Lyon empochera environ 11 millions d’euros pour ce transfert. Le buteur passera ce matin la visite médicale et sera présenté officiellement à 14 heures au Stade-Vélodrome. Il se sent prêt à relever un nouveau défi.
« VOUS VOILÀ DONC marseillais. A quand remontent les premiers contacts ?
– En fait, je ne peux pas parler de premiers contacts. Car Pape Diouf ( manager général de l’OM) était mon agent et au départ, ce n’était que des discussions entre nous. Il me disait qu’il serait content de me voir à l’OM. Son kif, c’était même de me faire venir. Mais c’était plus pour l’année prochaine. En aucun cas, il ne m’a dit, cette année, on te veut.
– Les clubs sont pourtant ensuite entrés en contact. Avez-vous été surpris ?
– Non, pas vraiment à partir du moment où l’OM s’intéressait à moi. Mais comme je n’étais pas placé sur la liste des transferts à Lyon, j’avais en même temps une part d’étonnement. Les clubs ont entamé des discussions mais je ne pense pas que l’OM croyait que je viendrais.
À Lyon,
« je n’ai pas fait
du Sonny »
– Avez-vous ressenti un manque de confiance de la part des dirigeants lyonnais ?
– Pas spécialement. Moi, je suis revenu de vacances pour reprendre avec l’OL. Je n’avais pas de contacts, pas d’offres. C’était clair et net. Et puis, Marseille est arrivé. Franchement, si ça avait été un autre club, je n’aurais même pas fait gaffe. Quand j’ai entendu l’OM, ça devenait une autre histoire. Et d’un coup, je suis devenu un assidu de la presse et de la rubrique transferts. Enfin seulement de celle qui me concernait ! Dès que je voyais un truc sur Marseille et moi, je regardais ça de près, je me jetais dessus. Et j’étais fier, franchement, que ce club s’intéresse à moi.
– Certains vont penser que vous allez à Marseille pour l’argent…
– Franchement, si c’était l’argent, j’aurais pu chercher un club moins huppé mais j’espère vraiment qu’on ne pensera pas ça. Sinon, c’est grave.
– Vous avez quand même une hausse de salaire ?
– Bien sûr, mais on devait aussi se revoir avec le président Aulas. Et c’est de l’ordre du même salaire que j’aurais pu toucher à Lyon.
– Vous avez toutefois hésité à venir. Mardi, il paraît même que vous n’étiez pas chaud pour y aller.
– Non. Intérieurement, je savais que j’irais à Marseille. Je regardais le recrutement. Je voyais que c’était une belle équipe qui se montait. J’étais confiant.
– Après Sonny Anderson, vous allez remplacer une autre idole : Didier Drogba. Ne craignez-vous pas la pression ?
– Non, ce n’est pas vraiment de la pression. Si je joue bien, les gens le reconnaîtront. Il ne faut pas tout mélanger. Nous avons des caractères, des personnalités différentes. Il ne faut pas faire du remplacement homme pour homme. Quand j’ai succédé à Sonny, je n’ai pas fait du Sonny. Didier, je vais tout faire pour le remplacer, pas l’imiter. Nous n’avons pas les mêmes styles.
– Avez-vous déjà eu des équipiers au téléphone ?
– Oui, certains comme Beye ou Hemdani, les anciens Strasbourgeois. Didier ? Non. Et ils sont motivés à fond. On se parle comme si on était déjà des coéquipiers, comme si la saison commençait.
– Marseille, ça fait visiblement toujours rêver ?
– C’est clair. Quand tu marches dans la rue à Lyon et que des gens te disent : " Peguy, va à l’OM " , tu te rends compte. Ils ont envie que tu y ailles, dans ta propre ville ! C’est ce qui prouve que tu ne fais pas un mauvais choix, que tu ne fais pas une connerie. Marseille, c’est spécial.
– Mais sportivement, c’est un niveau en dessous de Lyon.
– Je n’ai pas cette impression. Si Lyon est éliminé en novembre de la Ligue des champions, on sera au même niveau. Et puis, moi, je veux y retourner en Ligue des champions. Alors, c’est encore plus motivant.
– Que vous reste-t-il de Lyon ?
– Que des bons souvenirs. Et des amitiés. J’ai rencontré des gens formidables. Je n’ai jamais eu d’embrouille. Je me suis fait avec Vikash ( Dhorasoo) un très grand copain. Sidney ( Govou), c’était aussi mon complice. Et les Brésiliens ! Ça va me manquer de ne plus imiter l’accent de Juninho dans le vestiaire…
– Quelle sensation avez-vous éprouvée quand vous les avez quittés mercredi ?
– Ça m’a fait bizarre quand je leur ai dit au revoir. Surtout quand je leur ai tapé dans les mains avant le début du match contre Anderlecht ( 1-1). Là, j’ai senti qu’une histoire se finissait. Je me suis mis à côté, sur le banc, comme si j’avais été blessé. Ça m’a fait un pincement au cœur… Mais je suis content d’avoir joué à Lyon. Et ça me fait quelque chose de partir.
– Quel est votre objectif aujourd’hui avec Marseille ?
– C’est d’être champion de France. Je ne peux pas viser moins. Mais il ne faut pas s’inquiéter, je ferai tout pour… »
HERVÉ PENOT