Avant d´avoir débuté, les huitièmes de finale promis par la nouvelle formule de la Ligue champions avaient été globalement adoubés par les joueurs, supporters et observateurs. L´attente ne va pas s´éteindre alors que le plateau du Top 16 européen est connu. Par la grâce d´une première phase serrée comme rarement, la phase finale, qui débutera dans deux mois et demi à la sortie de l´hiver, opposera les poids lourds attendus de la scène continentale, quasiment tous au rendez-vous, à une kyrielle de clubs aussi peu présents ces dernières années qu´ils ont envie de l´être aujourd´hui. Leur fraîcheur n´aura d´ailleurs pas été pour rien dans le niveau très relevé des six premières journées.
Contrairement à la saison dernière, il n´y a pas eu de coup de tonnerre comparable à l´élimination précoce d´un géant comme le Bayern Munich. Les pertes les plus étonnantes concernent l´Inter Milan, demi-finaliste en 2002-2003, et l´Ajax Amsterdam, quart de finaliste, même pas repêché en Coupe de l´UEFA. Pour le reste, même si Arsenal est passé tout près de la catastrophe, comme le Bayern, secoué jusqu´à la dernière seconde par Anderlecht ( 1-0), les leaders des grands Championnats européens ont marqué leur territoire. Le club allemand, vainqueur du tournoi en 2001 est d´ailleurs le seul favori légitime à ne pas avoir terminé en tête de son groupe. Un huitième de finale très délicat lui est déjà promis, avec match retour à l´extérieur, contre un vainqueur en puissance ( Real Madrid, Manchester, Milan AC, etc.), ou un club émergent dont il aurait tout à craindre ( Chelsea ou Monaco par exemple). Cependant, le Bayern sera aussi vendredi, au moment du tirage au sort, un " deuxième" à éviter absolument pour tous les autres.
Manchester et le Real en pôle ?
Parmi ces autres, aucun n´a encore posé d´emprise très nette sur la compétition. Le Real Madrid est le seul club invaincu, mais c´est Manchester, meilleure défense et deuxième meilleure attaque, qui affiche le bilan comptable le plus remarquable, avec 5 victoires - toutes sans encaisser de but - en 6 rencontres. Le 7-0 de la Juventus face à Olympiakos aura autant marqué les esprits que le 8-3 de Monaco contre La Corogne. Mais avec 6 buts encaissés chacune, les deux formations n´ont pas offert toutes les garanties d´étanchéité à ce niveau. Le champion en titre, le Milan AC, s´en tire de son côté très bizarrement après deux défaites à domicile en trois matches, mais aucun but encaissé à l´extérieur. Personne n´a donné l´impression d´être invincible ou battu d´avance, ce qui promet déjà des huitièmes de finale intéressants voire équilibrés, comme l´atteste le tirage au sort fictif effectué jeudi par la rédaction de lequipe.fr ( voir ci-contre).
Car si les grosses surprises n´ont pas secoué cette première phase, c´est peut-être que la révolution est pour demain. Profitant de l´absence de certains habitués, éliminés en première phase ( Inter, Ajax), au tour préliminaire ( Dortmund, Newcastle) ou pas qualifiés ( Valence, Barcelone, Liverpool), une nouvelle vague de clubs aux ambitions affirmées a commencé à semer le désordre dans les esprits les plus figés. Paradoxalement, elle est d´ailleurs issue des principaux championnats européens, au grand dam de la Grèce, la Turquie, la Belgique ou des Pays-Bas, qui seront totalement absents des débats en février. La Liga permet au football espagnol de se renouveler avec les présences quasi inédites de la Real Sociedad ( demi-finaliste en 1983) et du Celta Vigo. Monaco, dernier club français quart de finaliste de la C1, en 1998 ; Chelsea, qui n´a atteint ce niveau en C1 qu´une fois dans son histoire, en 2000 ; et Stuttgart, qui n´avait tout simplement jamais passé un tour de C1 avant de remporter quatre matches dont un contre Manchester ( 2-1), représentent aussi ce rafraîchissement de la " Vieille Europe " .
Lyon et Monaco dans le chapeau 1
Dans ce tableau, seuls le Sparta Prague, qui confirme les bonnes performances de la sélection tchèque, ou le Lokomotiv Moscou, déjà présents à ce stade la saison dernière, défendront les chances des championnats les moins exposés, avec l´inusable FC Porto. Le bilan par nation oblige cependant les clubs français à bomber un peu le torse après le fiasco de 2002-2003 ( aucun club qualifié). Deux clubs issus de la première phase, c´est une première depuis l´automne 2000. Mais deux clubs premiers de leur groupe ( Lyon et Monaco), et un troisième repêché en Coupe de l´UEFA ( Marseille), ce n´était tout simplement jamais arrivé depuis 1999, date de l´introduction d´une C1 à deux phases avec trois clubs français. Une lecture optimiste de l´histoire vient même rappeler qu´un club français avait remporté le trophée la dernière fois que des huitièmes de finale s´étaient disputés par matches aller-retour ( 1993). Même si leur première place les protège quasiment d´un tirage insurmontable, rien ne dit que l´OL et l´ASM iront aussi haut que l´OM d´alors, opposé au Dinamo Bucarest. L´Italie, qui a laissé des plumes, s´avance elle aussi avec deux représentants, mais ce sont les finalistes de la saison dernière. Le plateau proposé par les Espagnols ( 4 clubs) et les Anglais ( 3 clubs), constitue aussi un appel à la modestie autant qu´à l´union sacrée. Car en fait, tout commence maintenant.
bon donc on peut tomber sur le Lokomotiv Moscou , le Celta Vigo, la Real Sociedad , Porto et qui d´autre maintenant ?