Ligue 1: troisième titre de champion consécutif pour Lyon
[2004-05-15 22:35]
par Edward Jay
LYON ( Reuters) - A l´image de ses deux précédents titres décrochés au finish en 2002 et 2003 et pour une nouvelle illustration de la fable de la Fontaine, l´Olympique Lyonnais 2004 a joué à la tortue, laissant les lièvres s´essouffler au fil du championnat.
Il y avait eu les huit points concédés à Lens, à la 22e journée du championnat 2002. Puis, les quatre longueurs concédées au coeur de l´hiver 2003 à Monaco, peu avant le 30e épisode du dernier championnat. Il faudra y ajouter les dix points de 2004 au soir d´une journée ( 20e) qui voyait Lyon échouer dans les grandes largeurs au Stade Louis-II ( 3-0).
" Je crois qu´on a réussi quelque chose", disait le 9 janvier le Monégasque Jérôme Rothen. Son entraîneur, Didier Deschamps, affichait une plus grande prudence : " avec Lyon, aucune avance n´est certaine."
D´autres statistiques récurrentes ont de quoi dégoûter la concurrence : l´OL n´avait été en tête qu´à deux reprises en 2002, dont une - la plus importante - à la dernière journée. En 2003, les Lyonnais avaient occupé à huit reprises le fauteuil de leader. Ils font mieux - neuf fois - en 2004.
Les esprits chagrins ont beau jeu de noter que Lens en 2002, Marseille ou Monaco en 2003, Monaco en 2004 ont souvent mené grand train. L´ASM aura par exemple été assis 25 fois en tête de la Ligue 1. Grégory Coupet leur répondra : " un titre, cela ne se mérite pas, cela se gagne ! "
Jacques Santini, entraîneur en 2001 et 2002 aimait à dire qu´"un entraîneur, est un homme de résultat." La formule peut aussi s´appliquer à ce club, qui ne vise que les titres.
Il pourrait aussi rétorquer que c´est au pied du mur de ses ambitions que l´on voit le maçon lyonnais. Car c´est toujours dans l´adversité que Lyon construit son futur, comme porté par des joueurs affamés et guidé par un président ambitieux.
" ETRE DEUXUIEME, C´EST COMME ÊTRE DERNIER"
" Lyon doit continuer à viser les trophées, car le football aujourd´hui, c´est avant tout la compétition. C´est pour cela que j´aime bien la Juventus de Turin, qui ne pratique pas forcément toujours un beau football, mais quelle efficacité ! "
En 2001, et après 28 ans d´attente - une coupe de France en 1973 -, Lyon écrit enfin une ligne à son palmarès avec la coupe de la Ligue, puis les mois de mai 2002 et 2003 se ressemblent, avec deux couronnes nationales. Sans oublier 2004.
Et comme un tache d´huile qui se répand, l´ambition de ceux qui ont tout gagné depuis 2001 - Coupet, Edmilson, Patrick Müller, Eric Deflandre, Claudio Caçapa, Sidney Govou, Christophe Delmotte - déteint sur les nouveaux.
" Etre deuxième, c´est comme être dernier", devise parfois Juninho, en empruntant cette formule chère à Jean-Claude Killy. Lui n´a connu à Lyon " que" les trois titres de champion, mais il a gagné un trophée chaque année depuis 1997 avec, avant l´OL, son club de Vasco de Gama.
Edmilson transmet aussi cette rage de vaincre dès le mois d´octobre, quand Monaco et Marseille caracolent en tête avec cinq points d´avance.
" Je n´aimerais pas ne pas laisser de trace car les titres, cela ne s´oublie pas pour un supporter."
Grégory Coupet n´est pas en reste : " rien n´est plus prestigieux que de voir chaque année son palmarès s´épaissir d´une ligne nouvelle."
Et quand le bateau tangue, quand les lièvres lensois ou monégasques se font la malle, les cadres procèdent à quelques piqûres de rappel. Grégory Coupet le disait encore quelques jours après l´échec à Monaco.
" Un championnat récompense la régularité, la compétence, les vraies valeurs. C´est le révélateur par excellence du niveau d´une équipe. J´y suis très attaché."
Et il a encore gagné.
