interview de carteron
Vous avez déclaré que St Etienne devait " croire en sa bonne étoile" lors de la rencontre face à Sochaux. Y croyez-vous vraiment?
Oui, j´y crois! Vous savez, on a peut-être qu´une chance sur vingt. Eh bien cette chance, il va falloir la jouer à fond. Sochaux sera logiquement favori, c´est une grosse équipe, qui est très forte, tant dans le championnat de France que sur le plan européen, elle l´a démontré face à Dortmund. Ils nous sont supérieurs, mais c´est justement pour cela qu´il faudra jouer notre chance à fond. Ils viendront chez nous pour gagner, l´effet de surprise n´a plus lieu au stade des demi-finales. La motivation vient d´elle même.
Est-ce le message que vous essayez de faire passer à votre équipe, qui est assez jeune et manque d´expérience?
Cette équipe est peut-être jeune, mais elle a un comportement exemplaire depuis le début de la saison. Les joueurs sont tous responsables. La jeunesse comporte aussi certains avantages: ils ne se prennent pas la tête et ne se posent pas de questions. Ils vivent tout à fond. Quant à moi, j´essaye d´être présent au quotidien, sans passer pour le «Père-la-morale». C´est après à l´entraîneur de faire passer certains messages. Moi, je suis là pour les autres s´ils ont besoin de conseils, tant sur le terrain que dans les vestiaires.
" Surtout, ne pas avoir de regrets"
Comment expliquer que les méthodes de Frédéric Antonetti sont efficaces cette saison, alors que ce fut plus difficile les saisons précédentes?
Le problème est qu´à son arrivée, le coach n´avait pas choisi le groupe avec lequel il allait devoir travailler. Il a été installé dans une situation d´urgence. Mais dès le mercato de l´année dernière, le groupe actuel a commencé à prendre forme, avec les arrivées de garçons comme Citony ou Jau. Après, à l´intersaison, de très bons joueurs nous ont rejoints, tels que Bridonneau et Marin. Nous avions déjà fait une excellente deuxième partie de saison l´année dernière, et nous avons poursuivi sur notre lancée. Quoi qu´il arrive, je peux dire que le travail a payé, au point d´être bien placés pour la montée cette année.
La montée en L1, n´est-ce pas justement une obligation pour un club comme Saint Etienne?
C´est en tout cas l´objectif prioritaire. De là à parler d´obligation... Cela fait deux ans que j´entends parler de montée pour les Verts, jusque-là on s´est plantés lamentablement. Nous savons que beaucoup de gens aimeraient revoir Saint Etienne en L1 le plus vite possible. Non seulement nos supporters, mais aussi des clubs de l´élite, pour l´impact médiatique que possède ce club. L´engouement est énorme. Alors, oui, nous sommes bien placés, mais seule la vérité du terrain compte. Le parcours pour accéder à la L1 sera long et difficile.
Les affaires qui ont lieu en coulisses constituent-elles une source de motivation supplémentaire?
Vous savez, on n´en parle pas trop entre nous. On en subit certains effets, bien sûr, comme lorsque le club a été placé sous recrutement contrôlé au début du mercato. Mais Frédéric Antonetti nous protège énormément. Il fait en sorte que nous soyons le plus épargné possible. Saint-Etienne est un grand club, mais c´est un club des extrêmes, autant dans le positif que le négatif. Nous les joueurs, nous essayons de garder notre état d´esprit, et d´être le plus irréprochables possible.
Vous le devez à vos supporters?
Exactement. Ils nous ont toujours profondément soutenus. Nous nous devons de donner le meilleur de nous-mêmes à chaque sortie.
D´autant plus lors d´une demi-finale de Coupe de la Ligue?
Ce sera énorme. Le match va se jouer à guichets fermés, avec une ambiance que l´on espère incroyable. Le chaudron devra bien porter son nom pour nous aider à battre Sochaux.
Vous avez dernièrement souligné les qualités de Pierre-Alain Frau, que vous allez rencontrer demain. Y a-t-il un plan " anti-PAF" de prévu?
C´est vrai qu´il m´impressionne. Il est capable de marquer à tout moment, de faire la différence à lui seul. Mais il ne peut pas y avoir de plan anti-Frau. Car il faudrait également un plan anti-Pedretti! Notre réponse devra être collective, il n´y a pas de solution individuelle pour nous. Il faudra mettre du cœur, de la générosité et de l´envie. Ce sont les conditions indispensables à une qualification.
On ne va pas se quitter sans un petit pronostic...
Non, je ne me lancerai pas dans un pronostic hasardeux. Mais je donnerai un seul mot d´ordre: aucun regret. Ce devront être 90 ou 120 minutes de pur plaisir.