Saint-Étienne perd la tête
BERNARD LIONS ( avec G. D.)
Les Verts vont devoir se trouver un nouvel entraîneur, un directeur sportif et sans doute un autre président.
SAINT-ÉTIENNE ne badine pas avec son glorieux passé. Dans la nuit de mardi à mercredi, il s´est ainsi offert sa nuit des longs couteaux. Le conseil d´administration de la SASP ASSE Loire n´avait pourtant qu´une seule décision majeure à prendre : conserver ou non Frédéric Antonetti. Il lui a fallu près de cinq heures ( de 19 heures à 23 h 45) pour cela. Les résultats sportifs parlant pour l´entraîneur corse, ce dernier a tout d´abord obtenu un oui unanime mais de façade. Car le CA a voté dans la foulée contre le renouvellement du contrat de directeur sportif de Christian Villanova ( voir ci-dessous).
Or, Antonetti avait mis un point d´honneur à ce que Villanova demeure à ses côtés dans le Forez. En refusant, les actionnaires savaient pertinemment qu´ils poussaient Antonetti vers la sortie.
Si cette politique ressemble à celle menée par Sochaux en 2002 quand il avait éconduit Jean Fernandez, elle n´est pas celle, de stabilité, voulue par Thomas Schmider. Ce vote sonne donc, de fait, comme un cinglant désaveu envers le président des Verts ( depuis le 19 décembre). Arrivé en retard au premier CA du 5 janvier, Schmider avait laissé à Bernard Caïazzo et à Jean-Claude Perrin le soin de nommer les administrateurs. Il paye cher, aujourd´hui, cette légèreté. Car ils ont voté à sept voix contre trois en faveur du départ de Villanova. Seul le clan Bompard ( Bruno Gaccio et Guy Lavaud), dont Schmider est issu, lui est resté fidèle. Quant à Perrin, instigateur de ce tour de passe-passe, il s´est abstenu.
De cette implosion du club, il ressort une chose : Schmider se trouve désormais isolé et face au ticket Caïazzo+Perrin. Pour avoir lié son sort à celui d´Antonetti, il est devenu un président démissionnaire. Schmider s´est d´ailleurs donné un temps de réflexion avant d´éventuellement offrir sa démission sur un plateau. Mais il resterait actionnaire du club, à parts égales avec Caïazzo et Perrin. D´ici là, ces derniers s´activent dans la coulisse à restructurer le club à leur façon.
De Santini à Baup
Schmider n´ayant pas prévu d´alternative au trio corse, c´est donc de Caïazzo et Perrin que viendra le nouveau staff technique. Sa configuration dépendra d´ailleurs de l´homme fort choisi. Trois noms semblent ressortir pour le poste de directeur technique ( ou manager général) : Jacques Santini, ancien Vert et en fin de contrat avec la FFF durant l´Euro ; Alain Perrin, sans emploi depuis Marseille et Damien Comollli, salarié d´Arsenal et oeil d´Arsène Wenger sur le Vieux Continent. Le dernier, proche de Caïazzo et aperçu à Istres lors de la venue de Saint-Etienne et fréquemment à Geoffroy-Guichard, tiendrait la corde.
Elie Baup, déjà entraîneur de Saint-Étienne de 1994 à 1996, tiendrait celle pour devenir entraîneur. Mais l´ex-technicien des Girondins, dans le viseur des anciens Verts depuis qu´il a succédé à Santini, aurait confié ne pas vouloir revenir dans le Forez. Gérard Houiller, fraîchement débarqué de Liverpool, aurait quant à lui déposé sa candidature pour des fonctions restant à définir. Le nom de Farouk Hadzibegic est aussi évoqué. Mais l´ancien entraîneur de Troyes se trouve également pressenti à Bastia ( voir ci-dessous), pendant que Caïazzo rêve toujours au retour d´un glorieux ancien ( Bianchi, Piazza). Du rêve à la réalité, il n´y a qu´un pas que les Verts ont tout intérêt à franchir au plus vite s´ils ne veulent pas revivre un énième cauchemar.
03/06/2004 © Copyright L´Equipe 2004 Tous droits réservés
> Carlos Bianchi entraineur ce serait énorme