Antonetti: «C´est lamentable»
Pas vraiment surpris de l´issue du conseil d´administration d´hier soir, le Corse en avait tout de même gros sur le coeur.
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Frédéric Antonetti, «homme rare comme il n´y en a pas beaucoup dans ce milieu ( ...) exceptionnel par sa mentalité, sa droiture, son sens de la parole et je ne pense pas seulement au technicien mais à l´homme.» s´était émerveillé Bernard Caïazzo au soir de la victoire à Niort ( 0-1) qui officialisait la montée, ne sera plus l´entraîneur de l´ASSE la saison prochaine.
Après deux semaines de tergiversations, le conseil d´administration de la SASP ASSE Loire a enfin révélé le fond de sa pensée: il souhaitait poursuivre sa collaboration avec Frédéric Antonetti sans Christian Villanova, ce que l´entraîneur stéphanois s´est toujours refusé à accepter. Les deux hommes s´en vont donc.
Cette décision n´a pas véritablement surpris celui qui a permis à l´ASSE de ne plus être en situation d´anomalie, de ne plus végéter en Ligue 2. Après avoir participé à la réunion de la dernière chance hier en début d´après-midi à Lyon avec Christian Villanova et une partie des actionnaires, il est rentré en Corse le coeur gros, plus abattu sans doute qu´au soir de cette fameuse défaite contre Gueugnon qui fut le véritable point de départ de l´ascension des Verts vers l´élite. «Ils veulent me faire porter le chapeau mais je dirai la vérité une fois que je connaitrais tous les tenants et les aboutissants. J´ai essayé de mettre les problèmes sur la table, j´aurais pu signer mon contrat. Il est vrai que l´on a essayé de me dissocier de Christian ( Villanova). C´était un prétexte. À travers Christian, c´est moi que l´on attaquait. En attendant, je suis très fier de ma position. Soit tout le monde reste, soit tout le monde s´en va. Je ne peux pas fonctionner autrement.
Mais personne n´est dupe. C´est une décision qui a été prise bien avant. Je le pressentais depuis trois semaines. J´ai senti qu´il se passait des choses, que les gens n´étaient plus les mêmes.»
La pilule est dure à avaler, très dure. On parle de gâchis, Antonetti évoque «une injustice. Mais je suis droit et je vais continuer à l´être. Parfois, cela me joue des tours mais sur la durée, j´ai toujours été gagnant. Je ne pense pas être compliqué dans mon fonctionnement. Qu´est-ce qu´on me reproche ?
J´ai pris le club dans un état désastreux, je pense avoir contribué , car je n´étais pas le seul, à son redressement. Voilà ce que ça m´a coûté. C´est le football d´aujourd´hui. Je n´y ai pas trop ma place. Quant à Christian, on connaît ses compétences en matière de football, son honnêteté. Son seul tort, c´est de ne pas avoir su se vendre.»
Un football qui ne tient pas compte non plus de la vox populi. Celle-ci s´est exprimée largement en faveur du Corse et de son équipe. Il le sait évidemment. Alors, c´est comme un couteau que l´on remue dans la plaie: «C´est lamentable. Je suis très amer, c´est sûr mais je ne veux pas faire passer mes sentiments. J´essaye de prendre de la hauteur.
On ne va pas me faire tourner en bourrique. Un coup, c´est à cause de Christian, un autre, c´est Bastia qui me veut, un autre on me dit que l´organisation n´est pas bonne. Ça manque de courage. Mais c´est peut-être un mal pour un bien. Je n´aurais pas pu bâtir avec des gens comme ça.»
YVES VERRIÈRE