suite de linterview:
Quel est le principal écueil à éviter lorsqu’on a encore une longue carrière devant soi comme c’est le cas de Mickaël ?
Le pire, dans une carrière, c’est de ne pas oser. Ne pas oser aller dans tel club, ne pas oser partir à l’étranger, ne pas oser franchir le pas en se disant “ là-bas, je vais me casser la figure ”. C’est un métier où la part de risques est plus qu’importante car il y a beaucoup de choses qui ne dépendent pas de nous. Dans l’hypothèse où Micka voudrait quitter Nantes, peut-être qu’il peut signer avec un club parce que tout y est parfait que ce soit sur le terrain ou en dehors. Mais, dans six mois ou dans un an, qu’est-ce qui peut se passer ? On ne le sait pas. Bien choisir un club, c’est pratiquement impossible. Ca peut très bien être une bonne expérience d’aller dans un club où les résultats ne sont pas faramineux. Il faut passer par là aussi. Parfois, ça forme.
Mickaël a décidé de passer ses diplômes qui lui permettront plus tard de devenir entraîneur. Vous pensez qu’il est fait pour ce métier ?
J’ai entendu beaucoup de joueurs dire qu’ils ne seraient jamais entraîneurs et les retrouver finalement plus tard au bord du terrain. Si Micka passe ses diplômes comme il le fait, c’est qu’il est motivé. C’est quand même une certaine charge supplémentaire à supporter. Quand on est capitaine, c’est déjà qu’on s’intéresse aux autres. Pour être entraîneur, c’est la même chose. Et puis, entraîner, au sens propre du terme, il le fait déjà. Quand il est sur le terrain, il entraîne les autres parce qu’il montre l’exemple, parce qu’il conseille, parce qu’il dynamise le groupe. Tout cela, ça fait un bon entraîneur.
Ne pensez-vous pas que les qualités humaines de Mickaël sont tout aussi importantes que ses qualités techniques et que c’est finalement, grâce aux deux, qu’il en est arrivé là ?
Le mélange des deux est effectivement très important. Ca me fait penser à une réflexion d’Aimé Jacquet et que je suis aussi en train de vivre par rapport à d’autres joueurs à la Real Sociedad et qui disait : “ peut-être que Viera était plus fort que Deschamps mais qu’avec Deschamps, l’équipe de France était plus forte ”. C’est toujours très important d’avoir des gars comme çà.
Si vous ne deviez retenir qu’une image ou un moment des années passées avec Mickaël ?
La veille des matches, on effectuait toujours des séances de coups de pied arrêtés. J’avais conservé une tradition instituée par Coco Suaudeau. C’est George Eo, mon adjoint, qui s’en occupait. Pendant ce temps-là, je m’installais derrière la cage des gardiens. C’était l’occasion d’échanger quelques mots avec Micka.
Les autres souvenirs sont liés à la Coupe d’Europe. A chaque veille de match, il y a des conférences de presse en présence de l’entraîneur et du capitaine donc nous étions obligés de quitter le groupe pendant un moment. On se retrouvait donc à partir tous les deux, on discutait… c’était des moments très particuliers.
Et puis, j’ai un très bon souvenir de l’an dernier lorsqu’il est venu me voir en Espagne après le match contre Valence. Malheureusement, on a pas eu beaucoup de temps. Nous sommes allés dîner ensemble après le match mais comme je devais être à l’entraînement le lendemain matin, je ne pouvais pas rester très longtemps. C’était vraiment trop court et j’aurais aimé passé plus de temps.