Diables Rouges - «Moi, une pomme pourrie?»
Bisconti est arrivé à la côte furieux sur Dominique d´Onofrio
En principe, c´est un Roberto Bisconti heureux qu´on aurait dû rencontrer hier à sa première journée au rassemblement des Diables Rouges. À l´inverse, c´est un Bis furieux qui nous a répondu, dégoûté par les propos que Dominique d´Onofrio et Louis Smal ont tenus dans certains journaux. Selon d´Onofrio, le Standard était «pollué» par les joueurs qui voulaient quitter le club. Smal, président de la fédération de supporters, parlait lui de «pommes pourries », en visant Bisconti.
«Mardi, dans vos colonnes, j´ai souhaité me montrer positif en répondant aux questions des lecteurs de la DH, nous dit alors Bisconti. Je voulais, en effet, quitter le Standard en de bons termes. J´ai dit merci à tout le monde et je compte d´ailleurs encore aller saluer quelques supporters jeudi matin. Mais quand je lis ce qui a été exprimé, je suis vexé, très déçu et profondément blessé. Parce que je vous le jure, entre les joueurs, il n´y avait aucun problème. Au niveau de la direction, on cherche partout des excuses pour justifier le mauvais début de championnat du club, alors qu´il n´y a qu´une seule raison: il n´est pas aisé de former une équipe homogène en un clin d´oeil avec 50 nouveaux joueurs!»
Bisconti ne le cache plus, il en veut particulièrement à son ex-entraîneur: «C´est facile de trouver des boucs émissaires. C´est trop facile de calmer de cette manière les supporters qui deviennent fous. On nous a demandé de ne pas dire du mal du club, sinon on nous mettrait des amendes . Mais d´Onofrio, lui, il ne se gêne pas. Je sais qu´il est content que je sois parti . Donc qu´il pense que tout, désormais, sera tranquille. Franchement, cela me fait rire. Au Standard, il y a plein de joueurs qui veulent quitter le club. Et parmi eux, des joueurs qui viennent à peine d´arriver . Il y en a énormément, aussi, qui ne se sentent pas bien dans leur tête, à l´image de Kaklamanos, qui possède tellement de qualités mais qui ne parvient plus à les exprimer.»
Quant à Louis Smal, on lui conseillerait de ne plus se trouver dans les environs de Bisconti : «C´est lamentable de sa part de m´appeler la pomme pourrie. Quel culot! Qu´il s´occupe de la politique et qu´il laisse les gens tranquilles. Il parle uniquement pour faire du vent. Il y a deux ans, les pommes pourries étaient aussi parties. Tout à coup, elles sont toutes revenues? C´est risible. S´il faut chercher des coupables, ce n´est pas dans le groupe qu´il faut fouiller! Le public n´est d´ailleurs plus dupe de la situation. La preuve, lundi, les questions que les lecteurs de la DH m´adressaient ne traitaient que de la direction, pas des joueurs. Les gens ne sont pas... cons!»
«Un salaire d´ouvrier»
Roberto Bisconti, au passage, souhaite aussi dissiper un autre malentendu: «Tous les gens s´imaginent que je gagnais bien ma vie au Standard. Ils se trompent: je n´avais qu´un salaire d´ouvrier! Quand j´annonce le montant de mon salaire brut à mes coéquipiers, ils ne me croient pas. Et après, c´est encore moi qu´on essaye de faire passer pour un mauvais! J´ai fait beaucoup de sacrifices pour jouer à Sclessin. Et si les dirigeants prétendent qu´ils m´ont sorti du trou en me donnant un contrat, je crois pouvoir leur rétorquer qu´en retour je leur ai rendu pas mal de services. Si le club a bénéficié d´autant de points la saison passée, c´est pour une partie grâce à moi, qui me suis cantonné dans un rôle de médian défensif . »
Toujours aussi fâché, Bisconti pousse encore plus loin ses critiques: «À Anderlecht et à Bruges, on garde l´effectif existant. Au Standard, c´est un perpétuel marché. Chaque année, il y a un va-et-vient de jou- eurs. Je ne comprends par exemple pas le départ d´Enakharire. C´était, à son poste, le meilleur en Belgique . On trouve, comme je l´ai lu, qu´il avait une trop grande gueule ? Mais c´était tout simplement un garçon adorable. Idem avec Moreira. C´était un plaisir de jouer à côté de lui. Il était le seul à ne pas se cacher. Pour le Standard, il faut le savoir, il a accepté de jouer blessé. Il aurait mieux fait de ne pas le faire...»
Et puis, il y a les nouveaux transferts ou quasi-transferts qui lui font froncer les sourcils. Comme celui de Marco Simone: «Je ne savais même pas qu´il avait joué à Nice et qu´il n´y avait pas sa place. Il a été un très grand joueur et j´espère qu´il pourra encore apporter quelque chose. Mais je me demande comment le Standard arrive à payer des grands noms alors qu´il ne parvient pas à garder ses propres joueurs? Une situation pour le moins étrange quand on sait que quelqu´un de l´expérience de Michel Preud´homme est le manager sportif. Mais soyons lucide: ce n´est pas lui le patron. Ceci expliquant cela...» À l´écouter, on devine donc que Roberto Bisconti est soulagé d´être parti: «À la fin, on me reprochait tout. Après mon match contre la Norvège, on m´a dit que j´étais motivé quand il s´agissait de jouer pour les Diables, mais que je ne l´étais plus pour le Standard. J´avoue que j´ai raté mon dernier match. Mais moi, j´assume. D´autres préfèrent chercher des coupables ailleurs. C´est très triste...»