J´ai cru comprendre qu´il était en ce moment de bon ton de critiquer le scénario de Baten Kaïtos, aussi n´en ferais-je rien, car je trouve malgré tout que Baten Kaitos est un bien beau jeu ! J´ai lu que TOS l´emportait au niveau du scénario, parce qu´il était un plaidoyer contre le racisme. Sans doute, mais n´avez-vous perçu l´humanisme qui se dégage également de Baten Kaïtos et qui rend son monde si attachant?
Kalas et son aile manquante ? Considéré comme un monstre au point qu´il se perçoit lui-même comme tel et désire plus que tout devenir normal, jusqu´à ce qu´il comprenne que la normalité n´est pas dans sa nature. Kalas et son désir de vengence et qui finit par pardonner.
La quête de rédemption de Savyna est magnifique et tellement humaine. Lasse de détruire, elle cherche une cause pour mourir. On se dit qu´elle le mérite en effet, avec tous les innocents qu´elle a tué, jusqu´à ce comprenne qu´elle était elle-même victime de son éducation. Finalement on adhère et on désire s´identifier à ce personnage qui parvient à se sortir du carcan de son éducation.
Gibari le lourdeau ? Non, un personnage qui a renoncé à l´avenir qu´on avait tracé pour lui pour vivre sa propre voie.
Xhela la naïve ? Non, Xhela l´ardente et la fidèle, qui se laisse guider par ses sentiments.
Luude ? Un personnage qui a le courage de se rebeller contre l´ordre établi et contre sa classe sociale, pour un monde plus égalitaire, fait de tolérance.
Mizuti ? C´est le personnage le moins humains finalement, mais son peuple et leur sacrifice est digne. Un peuple qui a accepté de vivre dans des conditions pénible pendant un miller d´années pour assurer la paix au reste de l´humanité ! Un peuple capable de se sacrifier. L´attitude des parents de Mizuti est d´ailleurs fort digne.
Folon et Ayme ! Pas simplement des ennemis, se sont avant tout des orphelins d´Azha, achetés pour servir de Cobayes aux expériences de Georg ! Encore une fois, les victimes ne sont pas seulement d´un seul côté. J´adore la phrase de Ayme à la fin dans le chalet, après la mort de Giacomo ! " nous sommes malgré tout heureux que Georg soit mort" et " nous serons toujours des ennemis, on ne peut pas faire un trait sur le passé" ! C´est vrai, certaines choses sont difficiles à pardonner.
Giacomo et sa soif de pouvoir ! En apparence. Moi je dirais plutôt Giacomo et son désir de dépasser les limites, Giacomo est la matérialisation de la curiosité scientifique de Georg! Et quelle dignité au moment de mourir ! " au jour le jour, la vie paraît si longue, et si courte quand on la quitte" !
Geldoblame et son empire élitiste ! Il laisse derrière lui une nation détruite, mais qui a compris que " la valeur des hommes ne dépend pas de l´endroit où ils naissent".
Je pourrais continuer ainsi des heures, tout le jeu est impregné de cette humanisme chaleureux ! Même le vieil homme qui recherche sa famille avant de mourir est touchant.
Regardez bien ce monde, il parle surtout d´individus très humains, il plaide pour la tolérance, la rédemption, la tolérance, le sens du sacrifice et nous dit que la vérité et la dignité de la vie n´est pas dans ce qu´on nous en dit, mais dans ce que l´on découvre soit même sur elle. Chacun doit trouver sa voie.
C´est là qu´est l´intérêt de Baten Kaitos, et le fait que la trame scénaristique ne soit pas un rubik´s cube n´enlève rien à la beauté de son monde et à l´humanisme du propos.