Le représentant du parquet a proposé au tribunal correctionnel de Paris que soit infligée une peine de travaux d´intérêt général ou une amende équivalant à 500 euros à Samuel Morville, l´un des leaders de la coordination lycéenne jugé mercredi pour outrages à agent.
Interpellé lors d´une manifestation à Paris le 31 mars, Samuel Morville, élève de terminale ES au lycée Sophie Germain ( IVe), est poursuivi pour avoir insulté et craché sur un commissaire de police, Pierre-Jean Grubis, qui encadrait les forces de l´ordre ce jour-là.
Samuel Morville a affirmé n´avoir " aucune envie de devenir un martyr", fustigeant " la répression" du mouvement contre la loi Fillon.
Le procureur Dominique Gohon, s´adressant au jeune homme, a déclaré: " je suis là pour faire la leçon que vous méritez et que vous allez écouter". Il a proposé que lui soit infligée une peine de travaux d´intérêt général ou une amende équivalant à 500 euros. Le jugement doit être rendu mercredi prochain.
" J´ai envie de passer mon bac et de faire des études", a affirmé le jeune homme, cheveux longs et bruns noués en catogan, veste de cuir sur chemise blanche et pantalon de treillis.
" Nous avons été face à une politique qui a été de ne pas écouter les lycéens, où la seule réponse a été la répression", a-t-il ajouté devant la 29e chambre du tribunal correctionnel, présidée par Etienne Fradin.
Interrogé par le président sur le fait de savoir s´il accepterait une peine de travaux d´intérêt général, comme le prévoit le Code de procédure pénale, le lycéen, âgé de 19 ans, a déclaré qu´"il ne pouvait pas accepter", refusant d´envisager sa condamnation dans cette affaire. En conséquence, si sa culpabilité est reconnue, il sera condamné à l´autre peine, à savoir 100 jours amende d´un montant de cinq euros, soit 500 euros.
A l´audience, il a reconnu avoir craché, mais " par terre", admettant que son crachat avait pu atteindre un véhicule de police. Quant aux insultes, il s´agirait de simples slogans, notamment " Police nationale, milice du capital".
" Je n´ai jamais insulté un policier, encore moins leur chef de brigade. Je sais que lors des manifestations, il ne faut absolument pas déraper et encore moins quand on est l´un des animateurs du mouvement", a expliqué M. Morville qui accuse par ailleurs le policier de lui avoir donné une gifle, lors de son interpellation.
M. Grubis a réaffirmé à la barre avoir été la victime d´un crachat et des insultes du prévenu, niant l´avoir frappé.
" J´ai été à la brigade criminelle, à la section antiterroriste, j´ai eu devant moi des assassins, des poseurs de bombe, je n´ai jamais levé la main sur qui que soit, je ne vais pas commencer avec un gamin qui a l´âge de mon fils", a affirmé le policier.
A l´issue de l´audience, plusieurs dizaines de lycéens, entourés de caméras et de micros, se sont rassemblés devant les grilles du Palais de Justice où le jeune lycéen s´est livré à une conférence de presse improvisée.
A ses côtés, une autre des responsables de la coordination, Pauline Salingue, elle aussi sous le coup de poursuites judiciaires, a dénoncé un procès " délirant, démésuré qui démontre bien que ce n´est pas un individu qu´on juge mais un mouvement".
Plusieurs lycéens doivent comparaître devant la justice dans les semaines qui viennent pour des incidents survenus lors de manifestations ou d´occupations de locaux administratifs organisées dans le cadre de la contestation de loi Fillon sur l´Ecole.
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