Chapitre X
« Léthésias ? ....non, seulement Keyzer… »
La Grande Guerre pour le futur d’Ariela allait se jouer, ce n’était plus qu’une question de temps : peu importait le résultat de cette bataille, le destin allait en être bouleversé : une nouvelle ère allait débuter. Keyzer en était conscient, mais il n’arrivait toujours pas à se décider à participer au conflit : seul dans le noir de sa chambre, Keyzer ne parvenait à trouver le sommeil : trop de questions emplissaient sa tête. Mais soudain, il se mit à parler, ou plutôt à penser tout haut…
Keyzer :…j’ai déjà tout perdu… C’est peut être le seul moyen de retrouver un passé qui m’est inconnu : Ariela sera à moi ! !
Il se leva brusquement, empoigna ses deux sabres et sortit de sa chambre. Il écrivit à la va-vite un petit mot, destiné aux MUSiens : « Je pars, je dois partir. Je ne sais encore si je pourrai revenir un jour…j’ai passé ici de bons moment et ai presque retrouvé une famille, même si je ne l’ai jamais réellement montré… Adieu… peut-être. Keyzer. ». Une fois le mot accroché à la porte de sa chambre, il se dirigea vers l’enclos de son fidèle dragon qui semblait déjà l’attendre : Black-Sabbath avait toujours eu un lien très particulier avec son maître, comme s’il pouvait ressentir les mêmes émotions que celui-ci.
Keyzer : Black, il est temps…
Il sella son destrier, lui mit ses rênes et plaça ses deux sabres dans les étuis de la selle, prévus à cet effet, puis il le fit sortir de l’enclos, et regarda une dernière fois le ciel éclairé par une magnifique pleine lune qui perçait les nuages, avant de se mettre en selle.
Keyzer : il est tard pour une ballade, mais nous avons un long chemin devant nous, et partir aux yeux de tous m’aurait été trop difficile…oui je sais ce que tu pense Black : je m’enfuis comme un voleur, mais c’est la seule solution !
Après un petit cri d’encouragement et une talonnade de l’étrier, l’immense dragon noir décolla, et s’enfonça au plus profond de la nuit, vers les hauts nuages qui recouvraient le ciel. Le voyage fut long, très long, pour relier la MUS à Ariela : la nuit devint matin, le matin devint soir et le soir devint nuit quand Keyzer arriva enfin sur la plaine de Bellumia. Là, il vit toute la négation à son grand complet qui l’attendait, et quand Keyzer posa pied au sol, tous sans exception se prosternèrent devant leur roi : le Grand Léthésias 1er, fils de Hagen III et seul prétendant légitime au trône d’Ariela. Mais alors qu’il allait s’approcher de son armée, de ses sujets, une chose étrange se produisit, une chose à laquelle jamais il n’aurait jamais pu penser : un homme l’interpella !
? ?? : Hey ! ! Jeune homme : ça va ?
Keyzer sortit un instant de l’état de transe dans lequel il était et vit le monde tel qu’il était vraiment : il étais seul, en pleine nuit, sur cette immense plaine : nulle armée, nul seigneur de la négation ni le moindre mage de la négation n’étaient là prosterné devant lui.
? ??: que faites vous là ? C’est pas une heure pour se balader ici : il y a pas mal de monstres qui rôdent !
Keyzer tomba lourdement sur les genoux, des larmes ruisselant de son visage ! Il eu des flashs, comme des bribes de mémoire soudainement réparés ! Il se vit à 15ans, lacérant de son sabre les corps de ses parents, dans un rire nerveux et impulsif et le yeux hagards, se délectant du sang de ses victimes ; Puis, il se vit seul, perdue dans une sombre foret, parlant à un Duc qui ne lui avait jamais rendu visite ; Il se vit encore se battre, à la MUS devant des élèves ébahis d’incompréhension, contre un ennemi invisible, imaginaire ; Enfin, il se vit en pleine conversation avec un Seigneur de la négation absent pour parler d’un passé qui n’avait jamais été le siens…
Keyzer s’effondra en larmes et s’écroula sur le sol.
2 mois plus tard, l’Hopital Psychiatrique Général Neurotica de Sofia, en Ariela.
Professeur : Oui nous l’avons bien recueilli ici, il y a deux mois de cela. Il était dans un état grave à ce moment là. Mais dîtes moi : vous êtes de la famille ?
? ?? : pas vraiment…
Professeur : je n’ais pas retenu votre nom : vous êtes M. … ?
Zig : Zigenfruke, Anselme Zigenfruke ! Je suis le sous-directeur de l’université où Keyzer était élève.
Professeur : Vous lui connaissez de la famille ?
Zig : non, je crois qu’il n’avait plus personne.
Professeur : c’est bien dommage : un soutient familial lui aurait peut être était bénéfique.
Zig : Puis je le voir ?
Professeur : oui bien sûr ! Suivez moi !
Le professeur conduisit alors Zig à la salle principale où étaient répartis la plupart des malades durant la journée. Il vit alors Keyzer, dans un coin près d’une fenêtre, le regard vide, effectuant un léger mouvement de balancier et gémissant doucement.
Zig : qu’a-t-il ?
Professeur : Nous lui avons prescrit une forte dose de calmants et de neuroleptiques : il était trop violent : il a essayé à deux reprises d’égorger l’infirmier !
Zig ( ne prêtant pas attention aux remarques du professeur) : Keyzer ! Hey Keyzer tu m’entends ? Tu sais qui je suis ? Tu me reconnais ?
Keyzer le regarda un instant et sembla sourire, puis il retomba dans le même état dans lequel il était quelques minutes auparavant.
Zig : Comment se fait il qu’il ai inventé toute cette histoire ? Il nous a menti et personne ne s’en est douté !
Professeur : il n’a jamais vraiment menti ! Après les nombreuses séances de psychanalyse, nous avons compris qu’après un excès de folie dans lequel il a malheureusement tué ses parents, il s’est créé un monde qui lui permettait de refouler la vérité : dans ce monde il n’était pas responsable de leur mort : c’était plus facile pour lui et il y a vraiment cru ! C’est une forme de skyzofrénie aigue assez classique…
Zig : je vois…donc rien n’était vrai…
Professeur : non, il s’est bien inspiré de l’histoire de notre pays pour son monde mais il y a beaucoup d’erreurs et d’incohérences : il a du trouver les bases de son monde dans les livres d’Histoire que l’on distribue aux enfant.
Zig : merci professeur ! J’essayerai de revenir le voir à l’occasion c’est vraiment triste ce qui lui arrive…
Professeur : oui ça lui ferait sûrement le plus grand bien !
Zig : je dois partir maintenant, j’ai des obligations dont je dois m’acquitter !
Professeur : oui je comprends.
Zig sortit alors de l’hôpital, près à rentrer à la MUS, quand il fut interpellé par une voix familière.
? ?? : Tu joue très bien la compassion : j’y ai presque cru : tu a vraiment un don pour le mensonge !
Zig : peut-être… En tout cas tu n’a plus à t’en faire : Il n’est pas celui que le pontife recherche..
? ??: oui j’ai vu : j’ai écouté votre conversation.
Zig : Toujours aussi perfide, Kali !
Kali : j’ai eu un bon professeur !
Zig : oui le pontife est un maître en cet art…
Kali : je ne parlais pas du pontife, et tu le sais !
Zig : Laisse moi maintenant : du travail m’attend à la MUS…
Kali : c’est toujours un plaisir de discuter avec toi !
Zig : plaisir que je n’ai jamais partagé…
Fin de la Keyzer Fantasy…