Le contrôle remonte au 24 mars, il y a tout juste trois semaines. Le contrôleur de la sécurité de la Direction de protection du public avait alors demandé à Rachid Dekali, le gérant de l´hôtel, de procéder à des " améliorations". Mais en aucun cas, il ne s´était opposé mais n´avait pas " fait obstacle à la poursuite de l´exploitation de l´établissement".
L´hôtel, classé en 5e catégorie ( accueil de moins de 100 personnes), était régulièrement soumis aux visites de sécurité contre les risques d´incendie. Des " essais sur détection incendie ont été réalisés", a précisé la préfecture de police ( PP), la " vérification des moyens de secours" ayant eu lieu une semaine auparavant. Des mesures avaient été recensées et décidées, à l´issue de cette dernière visite, dont celle visant à " terminer la révision des installations électriques" ainsi que " l´aménagement de la chaufferie à gaz". L´exploitant devait aussi " afficher dans chaque chambre un plan sommaire de repérage" de chacune d´entre elles " par rapport aux dégagements à utiliser en cas d´incendie".
Polytraumatisés
Vingt personnes, selon un dernier bilan de la préfecture de police, ont été tuées et près d´une soixantaine blessées, dont onze grièvement, lors du sinistre. Dix enfants figurent parmi les victimes. De nombreux blessés sont polytraumatisés après s´être jetés par les fenêtres pour tenter d´échapper à la mort.
Le feu, dont l´origine est " sans doute accidentelle" de source policière, a été éteint à 5h45 après plus de trois heures de lutte dans le cadre du " plan rouge". Plus de 250 sapeurs-pompiers et secouristes du SAMU, 57 engins, dix petites lances, huit ambulances de réanimation sont intervenus pour venir à bout des flammes et porter assistance aux victimes du Paris-Opéra,.
De nombreux immigrés
Parmi les 76 personnes qui habitaient l´hôtel, sept familles étaient logées par le Samu social, trois par la ville de Paris et trois à cinq autres par des associations caritatives. Selon le préfet de police, pas moins de sept nationalités sont représentées parmi les treize blessés grave : française, sénégalaise, portugaise, ivoirienne, américaine, ukrainienne et tunisienne.
Selon le préfet de police de Paris, l´établissement, dont 75 des 76 places étaient occupées, ne posait " a priori" pas de problème de sécurité. Les pompiers ont confirmé vendredi matin que l´hôtel ne disposait que d´une seule issue, l´entrée principale. Néanmoins, la réglementation n´impose pas plusieurs sorties de secours pour tous les types d´immeubles.
Enquête pour " homicides involontaires"
Jacques Chirac a exprimé vendredi matin son " sentiment d´horreur" et son " émotion" à la suite de cet incendie qui " constitue une catastrophe parmi les plus douloureuses qui aient endeuillé Paris". Tout en exprimant " sa profonde compassion", le président a souligné " le courage extraordinaire" des secours. Le Premier ministre a lui aussi exprimé sa " vive émotion".
Le ministre de l´Intérieur, Dominique de Villepin, ainsi que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, se sont rendus sur place. Un numéro vert a été mis en place par la préfecture de police de Paris pour les familles des victimes hospitalisées : le : 08 11 00 06 75 et 08 10 09 86 09. La brigade criminelle a été chargée de l´enquête qui, de source policière, sera longue et difficile. Le parquet de Paris a ouvert vendredi en fin de matinée une enquête pour " homicides involontaires"
Quel malheur 