De : stavin7596@vektanet.com
objet : je vous aime
. .. le sifflet retenti; toutes les compagnies sortirent alors de leurs boyaux pour porter l´assaut dit final. En un instant cette marée de cris sauvages escalada les parapets et se lança dans cet espoir suicidaire. " Vous allez les submergés et la guerre sera finie" qu´ils disaient les officiers à l´abri, derrière les lignes. Maintenant que l´assaut est donné on ne peut reculer, les fuyards sont abattus par leur propre camp ou vont sauter sur les mines qui balise « le droit chemin »; si le Vekta News savait ça ! L’effet de surprise a échoué, on ne peut plus compter que sur sa chance. Les obus volaient, les balles sifflaient, c´était l´enfer ! Alors que je courai à la recherche d´un trou d´obus, le sergent Khan s´affala la tête arrachée. Son cou bouillonna dans la boue formée par son sang au contact de la terre soulevée. Une explosion me souffla tel une plume et me recouvra de terre. Au moment où je reprenais mes esprits, je me rendis compte que je n’étais pas seulement couvert de terre mais aussi de chair. Plus loin m’apparaît une tête et le reste d’une jambe, celle du malheureux qui m’avait « revêtit ». J’aperçus ensuite un première classe rampant. Sa jambe avait été arraché par des débris d’un blindé qui avait explosé non loin. Ses cris me parvenaient comme les sons d’un violon mal accordé, insoutenables. Après une demi-heure de torture, je pris mon pistolet et, tremblant, tira en sa direction pour en finir, pour le faire taire ; pour le soulager ? Un petit râle effaça son agonie.
Le vacarme s’était calmer, les soldats défilaient devant moi toutes les cinq minutes, me croyant blesser irrémédiablement et ne prenant même pas le temps de me secourir, préféraient-ils se faire massacrer plus loin ? Quelque temps après, une vague d’ennemi se fit abattre tout près de mon trou. Parmi eux en restait un, encore vivant. Il ne poussait pas de cris, il ne pouvait pas. Son masque avait été arraché. Il se tenait là, la gorge serrée par ses gants ensanglantés où il manquait deux doigts. Ses yeux sortaient de leurs orbites, ses veines se gonflaient, il s’étouffait. Sans son masque il était perdu. J’observais chaque petite souffrance de sa part, il fallait qu’il paye pour tous les morts, qu’il crève dans une atroce agonie, ce conard chauve ! Au bout d’une longue minute, ses jambes se mirent à battirent avant de se relâcher d’un coup sec, raidies. Au même moment il poussa son dernier souffle qui se traduit par un crachement…
A l’heure où je vous écris, j’ai été recueilli par le reste d’une compagnie. Nous nous sommes installés dans un bunker, dans l’attente de renfort. La chance que je m’en tirent est très mince. Prenez le premier vaisseau en partance pour la terre et ne revenez pas avant la fin de cette maudite guerre ! PAPA, MAMAN, je vous AIME…