L’e-sport, on en parle, mais qu’est que c’est ? Le jeu en réseau ? Le jeu en réseau est il à lui seul le monde de l’ « e-sport » ? Non bien évidement, l’e-sport c’est plus qu’une simple gesticulation sur un clavier, c’est plus qu’un monde virtuel, c’est plus que la technique informatique. L’e-sport c’est avant tout des hommes, un rassemblement, un échange virtuel mais aussi réel, une parole, une action autour du jeu vidéo. Mais alors, l’e-sport c’est une communauté ?
L’article qui va suivre est assez long. Aussi pour une meilleure lecture je vous conseille éventuellement de le faire imprimer. D’autre part cet article, bien que rédigé dans un style qui se veut assez clair et qui ne cherche pas à briller, peut présenter des difficultés de compréhension. De ce fait avant de vous risquer à un quelconque commentaire assurez vous d’avoir bien tout compris, c´est-à-dire la logique de l’article mais aussi les idées qui y sont développées. Toutes simplifications grossières du sens de l’article, qui a pour but d’alimenter la réflexion de tous les joueurs de manière saine, ne sauraient que nuire aux auteurs de ces simplifications.
Sont développées dans cet article des idées qui risquent de bouleverser les prénotions, les idées préconçues de nombreux joueurs, malgré cela ne soyez pas fermés et laissez votre réflexion se déployer afin d’essayer de voir où se trouve la vérité.
Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture.
L’e-sport et la pensée
L’e-sport, on en parle, mais qu’est que c’est ? Le jeu en réseau ? Le jeu en réseau est il à lui seul le monde de l’ « e-sport » ? Non bien évidement, l’e-sport c’est plus qu’une simple gesticulation sur un clavier, c’est plus qu’un monde virtuel, c’est plus que la technique informatique. L’e-sport c’est avant tout des hommes, un rassemblement, un échange virtuel mais aussi réel, une parole, une action autour du jeu vidéo. Mais alors, l’e-sport c’est une communauté ?
La meute e-sportive
Une communauté est portée par une culture commune. Une culture c’est la circulation, le débat d’idées, c’est la fédération d’individus autour d’un socle commun à la fois historique et spirituel. Une communauté c’est un groupe pensant qui porte avec lui un idéal culturel. L’e-sport est-il mon idéal ? L’e-sport est il porteur d’une culture ? Peut-on de manière idéologique conceptualiser l’e-sport ? Non, dans ma tête de joueur, l’e-sport n’est rien. Il n’est rien car il n’est pas une idée, il n’est pas un idéal, il n’a pas d’histoire, il n’est pas producteur d’idées. L’e-sport est peut-être un groupe, des gens qui se réunissent, qui obéissent à certains rites (LAN, achat de matériel informatique, port de vêtements avec des logos de jeux pratiqués, utilisation d’un certain langage…) mais il n’est pas un groupe dans « l’idée », il ne porte pas avec lui cette immatérialité spirituelle qui ordonne la réunion matérielle, c´est-à-dire l’union sincère des hommes. Suis-je lié aux autres e-sportifs par un sentiment communautaire ? Y a-t-il dans les yeux de chaque e-sportif une lueur qui fasse, que moi joueur, je reconnaisse en chacun d’eux un homme de ma communauté ? Pratiquant le jeu en réseau, participant au rassemblement e-sportif, puis je me penser non plus seul mais comme élément d’un groupe (vous savez, comme quand le sentiment amoureux vous saisit et que vous ne vivez plus que dans les moments de passion, que votre tête est remplie par les regards de votre dulcinée et que vous avez finalement cessé de vous pensez seul. Vous vous pensez maintenant, intimement dans votre esprit, comme étant un individu double : il y a vous et « elle ». Bien sûr faire partie d’une communauté ce n’est pas être « amoureux » des autres mais ça participe d’un attachement idéologique comparable) ? Non. L’e-sport, au-delà du rassemblement dans un hangar, des rites et de la pratique vidéo-ludique (le jeu vidéo), ne désigne rien, ne dessine et ne projette rien. Cela du fait que l’e-sport reste une pratique entièrement individualiste (et non pas individuelle) : l’e-sport c’est cette activité qui distribue des moments de jouissance instantanés, qu’importe celui qui joue à côté de moi, qu’importe le clan, demain j’en trouverai un autre quand le mien commencera à battre de l’aile, qu’importe l’e-sport tant qu’il me donne ma jouissance : mes sensations de pouvoir et de gloire.
LAN : le rite officiel de la meute
L’e-sport c’est, aujourd’hui, cette révolution technique qui a supplanté l’ « Homme », c´est-à-dire l’homme pensant, l’homme accroché à des valeurs, à un référentiel, l’homme capable de conceptualiser et de dire ce vers quoi il va. Aujourd’hui, quel joueur saurait dire vers quoi il va ? On me répondrait peut-être : « l’e-sport c’est une simple passion, j’y retrouve des amis et le reste du temps je vais à l’école pour devenir ingénieur ». L’e-sport une passion ? Je réponds non ; l’e-sport est, au stade d’aujourd’hui, une aliénation. La passion est certes cette crampe, ce désir du corps, mais elle reste toujours ordonnée par quelques motifs « raisonnables », c´est-à-dire qui émanent de la raison, de l’esprit et de ce fait la passion obéit à une idée, à un idéal. Elle n’est pas une action sans sens comme l’est celle provoquée par l’aliénation. L’aliénation peut seulement avoir un sens pour ceux qui aliènent et qui veulent assurer la prédominance de leurs idées, c´est-à-dire annuler le débat. L’aliéné, lui, est un zombi, un esprit mort dans un corps vivant, autrement dit, un animal. Et comme le joueur, l’animal à des rites et des usages communs : il se retrouve régulièrement avec ceux de son espèce, use d’un langage spécifique, il fait partie d’une meute à laquelle la nature à retirer la capacité de penser. La communauté e-sportive ? Non, la « meute e-sportive ».
L’e-sport et le capitalisme
Mais qui est au sommet de ce système d’aliénation ? On me répondra : « certainement pas le gouvernement car il n’accorde aucune subvention aux pratiquants de l’e-sport »; on se souviendra tout de même des propos tenus par M. Raffarin au Futuroscope lors de la GA 4 en avril 2003 et si le gouvernement n’accorde pas encore de forte somme, les élus commencent peu à peu à s’intéresser à ce mouvement qui a tant d’influence sur une partie de la jeunesse. Qui, alors, aliène ? Qui a intérêt à voir l’e-sport perdurer dans sa structure actuelle ? La réponse vient facilement : les entreprises qui conçoivent le matériel informatique, développent les jeux vidéos, les possédants, les gouvernants, le système capitaliste mondial et sa logique de consommation corrosive. Corrosive pour l’homme et ses idées qui disparaissent derrière la matière. Alors moi joueur, je suis un aliéné ? Oui, tout comme la « meute e-sportive » d’aujourd’hui. L’e-sport n’est rien, ni une idée, ni un groupe au sens fort, il n’est qu’un odieux système de conditionnement et d’endormissement. Même si les techniques ont changé nous voilà revenu à l’époque de l’empereur romain qui déclamait : « Donnez leur du pain et des jeux », par cette phrase il résolvait le problème d’un peuple révolté ayant pris conscience de sa condition de meute. Aujourd’hui, plus d’empereur mais un système économique : le capitalisme dont l’e-sport n’est que l’un des produits aux propriétés aliénantes. On me dira, « c’est faux, je suis joueur et ce n’est pas pour ça que je me désintéresse de la vie politique, je reste sans cesse vigilant face aux gouvernants ». Combien pourraient me répondre ça ? Soyons honnêtes, quelques uns peut-être, quelques uns seulement…Un chiffre dérisoire par rapport au nombre qui constitue cette meute endormie. Combien d’autres ont préféré laisser ces questions de côté, fermer les yeux sur la société qu’on leur prépare, confier leur destin à la providence ? Le reste, c´est-à-dire la grande majorité des joueurs enterrée sous les rites aliénants du jeu en réseau et parmi eux le noyau dur de la meute : ces promoteurs de pacotille qui disent se battre pour l’e-sport.
La propagande industrielle
Que peut on promouvoir quand rien n’existe ? Quel développement peut on viser quand celui-ci est exclusif de l’activité intellectuelle ? Comment peut on se battre contre des préjugés si on n’a pas d’ « idée », de conception stable et finie de sa propre pratique ? Ceux qui disent promouvoir l’e-sport aujourd’hui ne sont que d’ignobles mystificateurs et ne sont en fait que les colonnes de ce système aliénant : ce sont les dirigeants d’entreprise qui gravitent autour de l’e-sport, ceux qui organisent des tournois à forte récompense financière ou d’autres manifestations qui s’appellent Jeux Olympique des jeux vidéos ou encore de Coupe du Monde des jeux vidéos, etc…Ces manifestations où on ne joue plus pour le jeu, le fun ou les potes mais pour « la tune », où les entreprises viennent faire leur étalage publicitaire, appâtent et attirent les consommateurs dans un filet. Tout, le jeu en lui-même, le plaisir du joueur, même les potes à un certain niveau, finit par être aspiré et englouti par l’argent. Dans l’e-sport, même plus d’homme, seulement des objectifs économiques et des tiroirs caisse à remplir. Toute cette industrie qui crie « Vive l’e-sport ! » et qui en vend comme on vend des machines à laver.
La trahison des clercs
Néanmoins, la propagande la plus rude n’est pas assurée par les entreprises proprement dites mais par ce qu’on pourrait appeler, comme dit précédemment, le noyau dur de la meute : ces mystificateurs mystifiés directement happés par les rouages industriels. Ceux la même qui se déplacent sur le terrain, animent des sites, parlent à la web-radio, entretiennent une multitude d’activités autour de l’e-sport mais toutes au même caractère mystificateur et aliénant. La pensée n’existe pas dans ces activités, l’e-sport n’est pas discuté, remis en question, l’e-sport n’est pas conceptualisé. Ces interlocuteurs, ces acteurs qui devraient nous guider nous laissent dans le doute, ils ne nous disent rien. Ils ne nous disent rien car en vérité ils n’en savent pas plus que nous. « Il n’y a rien à savoir ! » Alors l’e-sport n’est rien... Avouez qu’il y a quelque chose d’inquiétant ou plutôt d’embarrassant. Mais c’est à partir du moment ou l’on commence à éprouver cette sorte d’embarras que commencent à jaillir les questions, et je puis vous le dire le nombre de questionnements que l’e-sport peut recouvrir est immense, le nombre d’interrogations qu’il peut susciter est presque sans borne. Et c’est ainsi, en posant des questions, en émettant des hypothèses que l’e-sport pourra s’accomplir et exister pour de bon. C’est avec cet effort réflexif et cette tentative de conceptualisation que la culture e-sportive pourra naître. L’e-sport ne sera plus un fait, mais une idée commune que chaque joueur pourra porter dans sa tête. Cette culture, c’est elle qui organisera l’union du mouvement e-sportif, c’est elle qui engendrera la naissance de la communauté e-sportive. Mais pour ça l’e-sport doit s’interroger sur son histoire, sur son moyen, sur sa finalité. L’e-sport doit rentrer dans les têtes et ne pas rester une affaire d’exaltation sensible.
La lutte contre le préjugé
Autre utilité de cette conceptualisation nécessaire : le combat du préjugé. Le préjugé c’est, par construction, une idée préconstruite. Mais une idée préconstruite reste une idée et les idées ne peuvent être combattues que par d’autres idées. Ce n’est pas en demandant des subventions au gouvernement, en organisant des événements médiatiques, etc... qu’on accède à la considération de l’opinion publique. Il faut prendre l’opinion sur son terrain, celui des idées. Si l’e-sport veut gagner face au grand public il ne doit pas se contenter de véhiculer une simple image que chacun est libre d’interpréter à sa manière et les médias ne s’en privent pas ; montrer des joueurs, des ordinateurs, une grosse infrastructure et dire « ça, c’est l’e-sport » ne rime absolument à rien. L’image doit être accompagnée d’une idée, d’un idéologie qui puisse faire comprendre de manière objective à l’opinion ce qu’est l’e-sport. Mais aujourd’hui, cette idéologie n’existe pas, cette idée suprême c’est à nous de la créer.
Qu´en pense le public ?
« Penser l’e-sport »
Comment et par où passer pour créer cette idée ? Il est évident que cette idée, que la ligne de conduite idéologique de l’e-sport ne pourra naître comme ça du jour au lendemain. C’est par le débat, le support textuel, la confrontation sur des sujets véritablement réflexifs qui touchent l’e-sport que l’e-sport pourra commencer à s’édifier en système de pensée. Les interviews des joueurs sur leurs résultats, les commentaires de LAN, les pronostics, tout ça n’est que basse presse, c’est un étalage de faits qui jamais ne participera de la véritable émancipation e-sportive. Aujourd’hui, les faits doivent être analysés, l’e-sport doit construire son histoire, se comprendre lui-même. Des questions doivent être posées et des tentatives de réponses doivent être formulées. A côté des grands sites de news doivent naître des sites qui alimentent ce débat, des sites qui travaillent pour mettre au point l’unité idéologique de l’e-sport, des sites qui plus qu’une image développent un contenu. « Penser l’e-sport », c’est cette formule qui doit raisonner dans le futur et agiter l’esprit de tous les joueurs.
Toute fois, on note quelques débuts réflexifs, par exemple une question qui revient souvent et qui est généralement très mal traitée est : « l’e-sport est il un sport ? » On croit naïvement qu’en répondant à cette question on arrivera à légitimer l’e-sport aux yeux de la société mais ce n’est pas en tentant d’y répondre qu’on arrivera à quelque chose, c’est en tentant d’y répondre et de répondre aux autres questions que pourra soulever cette question, la réflexion est longue, il s’agit d’édifier un système de pensée solide qui puisse s’affirmer de manière logique et revendiquer pleinement son existence au sein de la société. Mais à mon avis, la réflexion doit commencer par la question fondamentale : « Qu’est-ce que l’e-sport ? » et indéniablement en se posant cette question on sera amené à se poser d’autres questions tel que : L’e-sport est il un sport ? Est-ce autre chose ? Qu’est ce que je cherche au travers de l’e-sport ? Comment traiter le problème d’addiction ? L’e-sport est il une arme capitaliste ? Comment l’e-sport peut il sortir de ce système et accomplir un retour vers l’homme et les idées ? L’e-sport, pratique regroupant une large part de la jeunesse, peut il s’affirmer comme un mouvement possiblement révolutionnaire ? L’e-sport peut il ou ne peut il pas véhiculer des idées politiques ? Comment l’e-sport doit il s’inscrire dans la société actuelle ? Etc…Il est indéniable que dans la réponse à toutes ces questions, différentes opinions s’affronteront mais c’est dans ce conflit que se dessinera peu à peu une manière de penser l’e-sport, de comprendre l’e-sport, de faire de l’e-sport quelque chose, qui, bien plus qu’une simple pratique me permettra d’aborder la vie et de comprendre la société d’une certaine manière. L’e-sport ne sera plus cette chose que je touche avec les doigts, que je consomme, il deviendra cette idée qu’il me sera facile d’interroger, cette idée qui me portera en face de la société avec les miens : la communauté e-sportive. Les rites dont j’ai parlé plus haut (LAN, achat de matériel informatique, port de vêtements avec des logos de jeux pratiqués, utilisation d’un certain langage…) sauront enfin pourquoi ils existent, ce qu’ils revendiquent, ce à quoi ils aspirent. L’e-sport aura un sens, il ne sera plus rien.
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Ceci est donc un honteux C/C de http://www.webone.com
Arnaud-le-vrai ®
Je suis tout à fait d'accord ![]()
PAVE + JAYPASLU
Poisson d'avril
Sinon,je suis totalement d'accord sur beaucoup de points du débat, malgré certains qui sont assez faux...
Tout d'abord, je ne vois pas en quoi une LAN classique entre amis, dans un simple cyber sera forcément égal à Commercial... On joue pour s'amuser, pas pour être dans le Top10 de l'endroit... A la limite on s'en fout, on joue, c'est le principal, et on se crée des relations ; c'est le seul point que je retiens des LAN ;)
Ensuite dans la politique, en effet je suis d'accord, je ne vois pas en quoi la politique paie pour des prix de jeux developpés, et commercialisés... La, c'est encore une fois le rôle commercial qui prime :< ...
Bon, je passe apres, que des points réels... Mais Apres, oui, l'Esl n'aura plus aucun sens, vu que tout le monde n'aura que cette vision du jeu en réseau, en particulier des jeux de no-skill (CS par exemple, et non un bon vieux Quake 1 ou Hl/Adrenaline Gamer, qui sont eux des jeux auquel je considère comme des vrais jeux de l'Esport). Bref, pour les jeunes kikoos, leur faire lire ça leur feront comprendre que c'est qu'une simple perte de temps ;)
je dit pareil mais pour le porno ![]()
Merci! Si l'E-sport n'est pas tout à fait une communauté ce genre de réflexion l'y améne petit à petit.