Mercredi 16 juin, la commission d´enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 mise en place par le Congrès américain a rendu publics deux rapports préliminaires qui éclairent de la façon la plus complète et la plus détaillée la planification générale et opérationnelle du réseau terroriste d´Oussama Ben Laden. On apprend ainsi que " le plan initial d´Al Qaida prévoyait des attentats avec 10 avions et frappant les deux côtes américaines", titre l´International Herald Tribune. " Le planificateur en chef des opérations a tenté de convaincre Oussama Ben Laden de retenir une liste de cibles beaucoup plus ambitieuse."
" Le mois prochain, le groupe d´enquête indépendant publiera son rapport final et délivrera ses conclusions, fondées sur plus de 1 100 interviews dans dix pays différents, et sur l´analyse d´enregistrements et de transcriptions classés top secret d´interrogatoires de membres d´Al Qaida en prison", note l´International Herald Tribune.
Sur sa une, le quotidien américain publié à Paris résume les révélations de la commission d´enquête, à savoir que les attaques visaient à l´origine de grands bâtiments en Californie et à Washington, notamment le Capitole, siège du Congrès américain, mais aussi le FBI et la CIA, que l´opération était initialement prévue pour le mois de mai 2001, que ni l´Arabie Saoudite, ni l´Irak, ni aucun autre gouvernement n´ont financé Al Qaida. Le rapport brosse un tableau effarant des propositions et débats internes à l´organisation terroriste pour la préparation des attentats. " Dans les camps d´entraînement d´Al Qaida, les stagiaires et autres membres rivalisaient d´idées macabres dans un milieu où chacun était invité à imaginer des attaques à grande échelle."
Dans la masse d´informations et de précisions apportées par la commission d´enquête, The Independent consacre son gros titre de couverture au " verdict officiel : la Maison-Blanche a trompé le monde sur Saddam". Pour illustrer son propos, le quotidien britannique affiche les portraits de George W. Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et Condoleezza Rice, avec, au-dessous, leurs contre-vérités sur les liens supposés entre Al Qaida et le régime de Saddam Hussein. La commission d´enquête porte un " coup désastreux à la crédibilité de l´administration Bush".
Selon la commission, " il n´y a pas de preuve que l´Irak et Al Qaida ont collaboré pour des attentats aux Etats-Unis", rapporte le Washington Post. " Les adversaires de l´administration Bush se réfèrent à cette conclusion pour démontrer que le vice-président Dick Cheney a répété jusqu´à ces derniers jours ses mensonges sur les prétendus liens entre l´Irak et Al Qaida."
" Les critiques de la Maison-Blanche parlent de politique délibérée pour manipuler l´opinion publique et créer une association entre Saddam et les attentats de New York et de Washington. On peut dire que ce plan a fonctionné", renchérit The Independent.
" Maintenant, le président Bush devrait présenter ses excuses au peuple américain", estime le New York Times dans son éditorial. Certes, " Bush a raison de dire qu´il ne peut être blâmé pour tout ce qui s´est passé le 11 septembre ou avant. Mais il est responsable de l´attitude de son administration depuis cette date. Cela comprend les fausses déclarations faites aux Américains, une chose impardonnable."
Philippe Randrianarimanana