Les Girondins de Bordeaux qui accueillaient mercredi à Chaban-Delmas, le club de Groclin Grodzisk, ont profité d’un beau rayon de soleil leur permettant de sortir d’une grisaille passagère rencontrée en championnat, le week-end dernier. En effet, la venue des Polonais, comptant pour les seizièmes de finale-retour de la coupe de l’U.E.F.A, a offert une belle éclaircie européenne aux hommes de Michel Pavon, en quête d’efficacité actuellement.
Bien qu’ayant gagné la première manche 1 à 0 la semaine passée à l’extérieur, rien n’autorisait à penser que cette seconde confrontation allait être une simple partie de plaisir, pour un groupe bordelais confiant mais prudent. Toutefois, le public attendait une réaction d’orgueil de ses protégés, après la déconvenue subie en Corse face à Ajaccio. On peut d’ores et déjà affirmer qu’il n’a pas été déçu, tant la prestation fournie par ses joueurs s’est avérée réaliste ; c’est le moins que l’on puisse dire ! 4 à 1 à domicile, voilà bien longtemps que l’on n’avait pas vu aussi belle prestation. Pourtant, tout ne fut pas si simple que cela.
Les troupes de Dusan Radolsky scandaient un message clair, avant la rencontre : « gagner et se qualifier ». Bordeaux était prévenu et devait se concentrer sur l’événement, mobilisant toutes les forces en présence. Cependant, il fallait composer avec l’absence d’Eduardo Costa, suspendu.Michel Pavon proposait un schéma tactique sous forme de 4-2-3-1, en opposition au 4-4-2 de son vis-à-vis ; David Jemmali, Marc Planus, Marco Caneira et Franck Jurietti, en composent l’arrière-garde. Rio Mavuba et Albert Celedes ont pour mission d’occuper le secteur défensif du milieu de terrain, sachant qu’Albert Riera, Juan Pablo Francia et Pascal Feindouno devront animer les débats, dans l’entre-jeu. Marouane Chamakh évoluera seul en pointe ; théoriquement au départ, puisque c’est un Pascal Feindouno très offensif qui viendra le suppléer, et ce, de façon régulière.
Le premier acte montre que les Marine et blanc sont prédisposés à aller de l’avant, et qu’ils sont porteurs de bonnes résolutions offensives ; ils tentent sans cesse, de trouver les meilleures combinaisons possibles en milieu de terrain, où Feindouno et Francia répondent techniquement au défi physique adverse. Bordeaux domine son sujet, ayant une maîtrise constante de la balle, souvent concrétisée par de très beaux mouvements collectifs mais peu récompensés comme il se devrait, au tableau d’affichage. Malgré cela, les Polonais restent menaçants lorsqu’ils procèdent par contres, notamment grâce à leur rapide et mobile numéro 20, Moskala, toujours dans les bons coups.
La délivrance viendra côté girondin, à la 41ème minute, quand Marc Planus bien inspiré, reprendra victorieusement d’une judicieuse tête piquée, un « mini corner » frappé par Pablo Francia. Le libero a ouvert la brèche, montrant la route à suivre aux siens, conjurant par la même occasion le mauvais sort qui le privera de la prochaine journée de championnat. Dans la foulée, Marouane Chamakh emboîte le pas et l’imite jusqu’à conclure d’un coup de boule rageur une minute plus tard, un centre enroulé de Pascal Feindouno. Deux à zéro juste avant la pause, les carottes sont cuites !
Le retour des vestiaires voit les bordelais démarrer les hostilités de la même manière, continuant à jouer et ne se contentant vraisemblablement pas du 2 à 0 ! Mieux encore, le pressing est tel, qu’en l’espace de quelques minutes, dans la dernière demi-heure, ils récidivent et inscrivent deux buts par l’intermédiaire de Krizanac contre son camp ( bien pressé par Chamakh) et d’Albert Riera, sur penalty. La réduction du score opérée par Wieszycki dans les arrêts de jeu, relève de l’anecdote.
A noter dans cette rencontre intéressante, le retour à la compétition de Jean-Claude Darcheville, les parades incisives d’Ulrich Ramé et le bon comportement d’ensemble, des troupes de Michel Pavon. Seule ombre au tableau, l’expulsion de Kodjo Afanou, qui sera absent de la prochaine joute européenne, face au F.C. Bruges.
Les Girondins de Bordeaux ont su préserver un avantage héroïquement acquis à l’aller, en gérant convenablement leur match du jour, il est vrai, en se facilitant la tâche dès la fin de la première période. S’ils sont tombés sur une équipe de Groclin solide, physique et ne refusant jamais de jouer, ils ont réussi à la faire plier en deux minutes, lui imposant une technique individuelle nettement supérieure, ainsi qu’une volonté de gagner de tous les instants. Tactiquement, les Marine et Blanc ont parfaitement muselé les stratèges internationaux évoluant au sein de la formation polonaise, s’appropriant d’entrée les clés du match.
Voilà qui permet d’envisager sereinement la suite des évènements, mais aussi de se rassurer avant la venue du Mans, demain à Chaban-Delmas.