Stay alive ! Stay alive !
Il dansait, ce rythme dans la tête. Autour de lui; le temps pulsait. Chacun des traits qui s'étalaient à ses cotés étaient comme une nouvelle portée. Il s'agitait selon les nouvelles conditions qui s'imposaient ; devenant la mélodie, fluide et libre, un trait dans le vent.
Il l'aimait. Il l'aimait, ce son. C'était sa vie.
Le rythme de la mort, les balles sifflant. Il les esquivait, fluide dans l'air étouffant.
Une, deux, trois, puis le bruit d'un chargeur qui se vide. C'est le moment. Il sort son Aigle et vise l'homme derrière le mur. Une détonation. Une pression forte dans le bras. Le coup est parti. La balle embrasse le cou du personnage, ressort accompagnée. La décoration des murs vise au rouge.
Une tache de plus dans son esprit.
La mélodie reprend.
Cette fois, il en est le meneur. L'aigle envolé n'est pas entravé.
Il conquiert sa liberté.
Il s'envole, fonce, ses yeux braqués sur la proie suivante. La mélodie continue. Un, deux, trois, chaque mesure est ponctuée d'un homme en moins. Un. Deux. Le calme se fait.
Six. Mais ils étaient censés être sept.
Le bruit d'une détente. Il ne l'avait pas entendue... En haut à gauche, sur le balcon, derrière la balustrade se tient l'œil de la mort... Et il le regarde droit dans les yeux. C'est fini.
Un bruit. Sourd. Un mouvement.
On ne comprend pas trop ce qui se passe. Un appui de coté, un pas à droite, ou un retourné ? L'aigle est déjà parti. Sa proie n'existe pas. Ils ne font qu'un. Ils sont deux danseurs fusionnés dans une mélodie lancinante. Le septième et devient un souvenir.
C'est d'ailleurs tout ce qu'il reste de vivant. A coté, une enveloppe vide. Pour les corbeaux.
Il leva les yeux au ciel. Son regard vint se poser lentement sur sa veste. Elle était déchirée au col. Ce trait n'était pas passé loin. Une note qui avait failli être oubliée. Ici, cela signifie une âme envolée. L'aigle regagna son étui.
L'homme tourna les talons, sortir calmement. La femme qui l'attendait à l'extérieur souriait.
« Tu as fait vite ! »
Il contourna la voiture et s'installa sur le siège du passager pendant qu'elle prenait le volant. L'ambassade était derrière eux. Un peu plus vide qu'auparavant. Bientôt, une mélodie d'une toute autre ampleur retentirait. Une mélodie à nulle autre pareille. Pas aussi subtile, mais plus épique. Une mélodie se basant sur des centaines d'autres instruments, utilisant le même rythme.
Certains l'appellent la guerre. Sous ce nom barbare, peu sont capables d'en apprécier la finesse...