Là, c'est le Mirrorion d'Arktau Eos (ces gusses sont finlandais) qui passe, et sérieusement, c'est impressionnant dans le genre Ritual ambiant/transe, car ici, on est pris dans le trip du début à la fin et pour une fois, on à pas à abstraire outre mesure (qui a dit Autechre ?). Faut juste se laisser aller, poser son cul et contempler.
A la base, Aural Hipnox me gonflait avec des sorties qui usaient et abusaient des coups de cuivres répartis de manière aléatoire (genre Zoät-Aon), mais là, c'est différent. Déjà, le son : au début liquide, touffu et dense, presqu'organique à ses moments tant l'homogénéité des sonorités à consonance "mystique" arrive en bloc. Majoritairement acoustique (pas mal de cordes bien dosées), mais aussi les inévitables sons d'os, theremins, cuivres (dosés eux aussi), scintillement, cloches, chœurs fantomatiques distants, tout cela intégré dans un D.A occulte aux multiples textures, opacifiant l'écoute et spatialisant l'ensemble, pour un résultat bluffant d'immersion, d'angoisse et... de mysticisme. C'est alchimique, atavique et primordial, composé dans un même flux "mediumnique" : ça coure entre la chair et l'os tout en appelant au spirituel, le bleu se mêle au rouge dans un même éther, le liquide devient solide et vice-versa au cours de cette traversée élémentaire, bref ça transsubstan-tue à mort. Sur ces 68 minutes, y a de quoi méchamment tripper et ce, sur au moins les trois quart/moitié des tracks. (je me le suis ré-écouté hier soir, et putain ça rigole pas)
Très intéressant pour ceux désirant s'ouvrir à de nouveaux champs de perceptions musicales, de nouvelles conceptions du son et de sa portée (tout est dans la "spontanéité" de l'idée), pour un périple dont personnellement, j'en suis pas ressorti tout à fait indemne, un verre de Jack Daniel à la main pour le coup à peine entamé.
Par contre, il paraît que c'est en live où l'expérience est unique. Miam