2M ou Métro & Marie
C´est une fille étrange, Mari. Je lui ai parlé pour la première fois il y a une semaine. Je la voyais depuis quelques semaines à chaque jour en prenant le métro. Dire que je la voyais n´est pas le bon mot, en fait, l´espionnait serait plus juste. Je l´avais remarquée depuis le début, cette jeune fille sortait du lot. Des belles jeunes femme c´est commun quand on prend la même ligne que des dizaines d´étudiantes chaque jour, mais Mari avait quelque chose de particulier, quelque chose d´unique. C´est surement on sourire qui nous fait oublier tout nos soucis ou peut-être ses grand yeux qui nous donnent envies de la serrer dans ses bras tellement qu´elle aurait mal. Elle semble fragile, douce.Bref, on commence à se parler... Sur MSN ! Eh oui, nous sommes dans une ère où tout se fait sur internet. Comment j´ai eu son adresse? Grâce à la chance.
J´étais dans le métro, il était environ 21h. Comme d´habitude, elle était fidèle à son poste, toujours dans le même wagon. La STM ( Sociaux-Transports Merdiques, comme je me plait à l´appeler ) était encore en panne. Nous étions bloqués entre les stations Mont-Royal et Laurier. Après quelques minutes durant lesquelles je ne me gênai pas pour exprimer à haute voix mon mécontentement face à l´incompétence crasse de cette bande de connards surpayés, nous entendîmes un message dans les haut-parleurs. «Nous éprouvons présentement des difficultés technique sur la ligne orange, nous faisons notre possible pour rétablir la situation le plus vite possible, veuillez demeurer calme. Après vingt minutes d´attente, la fille se dirigea vers moi, j´eus du mal à cacher ma joie en la voyant approcher.
-Je trouvais que t´exagérais tout à l´heure, j´ai changé d´avis, ce sont de vrais cons. dit-elle.
-Je me trompe ou ça fait pas longtemps que t´es à Montréal ?
-Non, du tout, ça fait juste un mois que je suis arrivé ici. J´étais à St-Jean sur Richelieu avant. Comment t´as fait pour deviner ? me répondit-elle, incrédule.
-N´importe quel Montréalais qui se respecte déteste les employés de la STM. répliquai-je en riant.
Elle rit aussi et, en me tendant la main, dit s´appeler Marie. Je lui serrait la main en lui donnant mon nom.
Nous parlions depuis un moment quand tout à coup les lumières s´éteignirent. À ce moment elle saisit ma main et se colla sur moi. Sa main était froide. Quelques instants plus tard, les lumières se rallumèrent, le métro se remit en marche et Marie lâcha tout de suite ma main. Je la regardai dans les yeux, elle rougissait. On approchait de sa station, elle sortit un bout de papier et un crayon de sa poche et écrivit quelque chose dessus. Quand le métro s´immobilisa à sa station, elle m´embrassa tout en me glissant le papier dans la main et sortit du wagon. Après que les portes furent fermées elle se retourna quelques secondes et me sourit. Je suis sûr que j´étais aussi rouge qu´une tomate à ce moment.