J'ai l'intention de t'expliquer pourquoi ton dilemme est illogique et pourquoi il est - tout du moins à mes yeux- la source de deux autres dilemmes. Je vais t'éclairer sur leurs implications et sur les déductions que j'ai faites par rapport à celles-ci. Je te suggère de me lire exhaustivement et je t'encourage à me répondre si tu crois que j'ai fait une erreur dans un de mes raisonnements.
Résumé du dilemme que tu as exposé, sur sa nature et sur ses implications.
T'écris ne pas vouloir prendre tes médicaments malgré une suggestion faite par Dieu, malgré ce que ta conscience t'indique et en dépit de ce que la société veut. Tu en rajoutes en écrivant être incertain par rapport à ta volonté de prendre tes médicaments puisque ceux-ci te stabiliseraient et te feraient sentir monotone. Ton entêtement est à l'orgine de deux contradictions logiques ; la contradiction de Dieu et du coeur et le problème de la volonté et de l'imposition. Tu dois à tout prix régler ces deux dilemmes sous peine d'être inconsistant.
Dilemme de Dieu et du coeur.
Le tout-puissant veut que tu prennes tes médicaments, mais ton coeur n'a pas l'intention de céder. Qui est la force déterminante derrière la création de ton coeur? Si Dieu est à l'origine de l'existence de ton coeur, on peut le comparer à un architecte qui a dessiné les plans d'un bâtiment, puisque son oeuvre n'a pas été bâti par lui en tant que tel, mais qu'il demeure celui qui connaît les recoins de la bâtisse qu'il a été le premier à entrevoir. L'architecte connaît les défauts de sa création et il est aussi au fait de comment les régler. Si tu crois en lui, Dieu logiquement doit être ton architecte; il connaît donc tes faiblesses et comment les éliminer. Tu ne peux pas raisonnablement refuser d'appliquer un de ses conseils.
Dilemme de la volonté et de l'imposition.
Tu vois tes médicaments comme de la «evil shit» et donc tu n'as pas envie de les prendre. Les dernières fois que tu as souffert de psychoses aïgues, tu n'étais pas médicamenté. Tu les as presque toutes vécues récemment et relativement fréquemment. Une de tes psychoses t'as conduit à l'hôpital. Si tu vis plusieurs psychoses qui te conduisent à l'hôpital, un juge va faire ce qui est en son pouvoir pour te forcer à prendre tes médicaments, auquel cas tu n'auras plus de libre-arbitre quant à la prise de tes médicaments. Tu as trois choix devant toi dont un seul est raisonnable; tu peux agir contre ta volonté et prendre tes médicaments; tu peux omettre de prendre tes médicaments et au final les prendre sous la contrainte ou tu peux changer les circonstances qui te poussent à devenir psychotique. La seule solution logique dans ce cas-ci, c'est d'arrêter le pot une bonne fois pour toute.