Zinédine Zidane ne s´est pas présenté devant le tribunal de Turin, lundi, dans le cadre du procès qui voit la Juventus accusée de fraude sportive. Selon son club, le Real Madrid, il est prêt à témoigner par videoconférence.
Zidane avait déjà été convoqué le 19 décembre dernier, et ne s´était pas présenté à l´audience. Mais le Real a envoyé une lettre au président du tribunal, le juge Giuseppe Casalbore, expliquant que Zidane n´avait pu se rendre à Turin en raison de ses «obligations professionnelles». Il doit jouer mardi en huitièmes de finale de la Coupe d´Espagne contre Eibar ( D2). Le courrier indique également que Zidane est disposé à être entendu par vidéoconférence ou conférence téléphonique, voire directement par un juge en Espagne.
Le défenseur uruguayen de la Juventus, l´Uruguayen Paolo Montero, a en revanche été interrogé. Il a d´abord refusé de répondre aux demandes du juge, se déclarant intimidé par les nombreuses caméras présentes dans la salle d´audience. Le juge a alors fait placer Montero de dos au public afin de le mettre plus à l´aise. Le joueur a reconnu avoir pris de la créatine ( trois grammes par prise), des vitamines par intraveineuse ainsi que des médicaments dont il ne se souvient pas du nom et dont il avait fait état dans le passé tant auprès du parquet de Turin que lors de contrôle antidopage inopinés. «De toute façon, le médecin nous informait de tout ce que nous prenions», a-t-il ajouté.
Deux des principaux dirigeants de la Juve, l´administrateur-délégué Antonio Giraudo et le médecin en chef Riccardo Agricola, sont soupçonnés d´avoir distribué des produits dopants à leurs joueurs, de juillet 1994 à septembre 1998, époque faste du club qui remporta deux titres nationaux et une finale de Ligue des champions à Rome en 1996 contre l´Ajax Amsterdam. «Les médicaments qu´on nous reproche d´avoir utilisés sont largement répandus dans les autres équipes italiennes» a déclaré le Dr Agricola lors de l´audience de lundi après la déposition de Filippo Inzaghi, aujourd´hui joueur du Milan AC mais à l´époque des faits attaquant de la Juventus.
Le Dr Agricola a énuméré une série de chiffres tendant à démontrer, selon lui, que par exemple le Torino, l´autre club de Turin, utilisait plus de médicaments que la Juventus. Le juge Casalbore a indiqué qu´il confierait une nouvelle expertise médicale à un pharmacologue et à un hématologue et fixé la prochaine audience au 26 janvier.
Cette enqupete a démarré en juillet 1998 après des révélations du Tchèque Zdenek Zeman, à l´époque entraîneur de l´équipe de l´AS Rome qui dénonçait l´abus de médicaments dans le Calcio et visait en particulier le développement musculaire de certains joueurs de la Juve. Le procès s´est ouvert le 31 janvier 2002. Il devrait se conclure avec un verdict vers le mois de juin 2004.
( AFP)