Bon, la suite de mon "histoire" toujours pas vraiment dans le contexte, mais c´est pour amener une ch´tite bataille, puis mon perso arrivera dans les terres vraiment "connues" de la Terre du Milieu, dirons-nous
Enjoy!
«Chef ? Nous devrions nous éloigner de la mer, ce n’est pas…
-Non, Tagar, nous sommes juste où il faut. Je ne crois pas à ces légendes, ces bruits qui courent sur la Mer de Rhun. Ne la connaissons-nous pas ? Jamais il ne ma été rapporté de source sûre un quelconque témoignage d’une attaque de serpents, jamais. Nous continuons. » Syrn se tut, agacé. Nombre de ses hommes, il le savait, étaient très portés à croire les histoires que l’on racontait dans les tavernes, celles qui traitaient des serpents. Sur la rive nord de la Mer de Rhun, disait-on, chassaient les serpents de mer. Du poisson en général, des hommes s’il en passait, voilà ce que prétendaient les légendes. Syrn n’y avait jamais cru, et il ne comptait pas non plus faire un détour à cause de simples histoires, même si cela devait entraîner le départ de quelques soldats.
Jusque là, tous étaient restés, et le Serpent Embrasé espérait vivement que cela continuerait, mais il ne pouvait en jurer. Le jeune chef détourna la tête du visage fermé de Tagar, colosse de deux mètres ou peu s’en fallait, pour reporter son attention au devant. Le soleil était aveuglant, mais il s’y habitua peu à peu. « Esder, rien de particulier devant nous ? demanda-t-il à l’un de ses hommes, celui qu’il avait envoyé en éclaireur.
-Non, chef, répondit l’intéressé, rien de spécial. Rien, en vérité… Du sable, c’est tout. Je ne crois pas que les émissaires de Mordor viennent patrouiller dans le fin fond du désert, surtout dans un territoire réputé dangereux. Ils vont à la Plaine de Hélion et dans les Dunes du Hélion, peut-être aussi sur les terres du Clan du Sable d’Or, mais pas plus je pense.
-Sans doute, se contenta de répondre Syrn. Eh bien, continuons alors. »
La marche reprit, sous le soleil implacable. Malgré leurs tenues adaptées au climat du désert, les Orientaux souffraient à présent véritablement de la chaleur. Mais ils poursuivaient leur voyage, toujours en silence. Ils n’étaient pas un peuple particulièrement loquace, surtout après qu’on les a asservis. Ils progressèrent ainsi de nombreuses heures, jusqu’à la fin du jour et après encore, jusqu’à ce qu’enfin Syrn ordonne de faire halte. Aucun n’avait bronché lorsque le Serpent Embrasé avait décidé de poursuivre la marche de nuit, mais tous étaient ravis de s’arrêter enfin, maintenant.
Ashra prit le premier tour de garde avec Esred, Tagar et Rhend le second. Syrn dormait paisiblement, lui, confiant en les membres de son clan. Mais alors qu’il s’appliquait à dormir profondément, activité qui demande beaucoup d’efforts et de réflexions
:fou : , il fut brusquement réveillé par Tagar. Le colosse l’avait secoué avec force, lui faisant presque mal. « Quoi ?! Que se passe-t-il ? s’exclama-t-il d’une voix endormie. Tagar ? Qu’y a-t-il, pourquoi me réveilles-tu ? Allons, parle.
-Nous avons été attaqués, mon seigneur, répondit l’homme de l’Est avec regret. Par surprise.
-Attaqués ? Quand, par qui ? Je n’ai rien remarqué…
-Nous non plus, seigneur Serpent, jusqu’à ce que nous entendions le cri de Yhâr.
-Eh bien ? fit impatiemment Syrn.
-Il est mort, chef, annonça le colosse d’une voix grave. Nous l’avons retrouvé sur la plage, sans vie. Mordu par quelque chose d’énorme, à en juger par les morsures que l’on peut distinguer sur son corps. Vous voyez, chef, je…
-Non, Tagar, le coupa le chef oriental. Je ne veux pas t’entendre évoquer les serpents de mer ! Je t’ai déjà dit que je ne croyais pas à ces foutaises ! Je constaterai l’état de Yhâr par moi-même, merci. Tu peux retourner à ton poste, maintenant. »
Le guerrier s’inclina, la mine renfrognée, puis s’éloigna. Syrn se leva prestement et s’approcha de la côte, appréhendant ce qu’il allait trouver sur la plage. Peu à peu, il distingua une forme sombre sur le sol, Yhâr. Il s’approcha encore, une deuxième ombre se trouvait accroupie à côté, probablement Rhend ou Ashra. Sur le sable clair contrastait nettement une tâche de sang que buvait avidement la plage à présent maculée de vermeil. Yhâr était pâle et raide, les yeux grands ouverts, deux énormes traces de morsures striant sa large poitrine musclée.
Syrn se baissa, examina les plaies, l’air inquiet, puis ferma tristement les paupières de son soldat et ami décédé. « Tagar v’z’ a expliqué, chef ? » C’était Rhend, avec son dialecte pittoresque. « Pas beau à voir, hein ? V’z’en pensez quoi ?
-Rien. Pas encore…Et toi ? Sans parler de ces foutues histoires de serpents !
-Sans parler d’serpents ? Rien, dans c’cas. J’suis d’accord ‘vec Tagar, chef. »
Le Serpent Embrasé lança à son compagnon un regard sombre, puis se releva, et contemplant la mer, déclara : « Je ne croirai pas à cela tant que je n’en aurai pas vu de mes propres yeux. Néanmoins, je prendrai cette hypothèse en compte. Qui sait ce que renferment les abysses de ces eux-là ? Elle semblent dormir, et pourtant…la mer est traître, c’est vrai. Je le sais. Mais de là à admettre qu’elle regorge de serpents, il y a plus que quelques pas. Nous verrons bien. En attendant, allumez un feu pour Yhâr…puis nous repartirons. Mais pas plus loin de la mer. Qu’il y ait de serpents ou non, nous restons, car si ces bêtes sont vraiment là, alors elles devront répondre du crime qu’elles ont perpétré cette nuit. »