Chapitre 12 : La fin de l’innocence.
Au début 1970, Big Boss s’était retiré aux U.S.A. depuis plus d’un an. Il passait ces journées à élever Frank, mais surtout à trouver comment mettre la main sur Ocelot et Pettrovitch. Lors du 5e anniversaire de Frank, Big Boss décida de prendre en main son avenir.
Big Boss : « Tu as maintenant 5 ans et je ne pourrais pas m’occuper de toi éternellement. Il est temps de te choisir une voie. Tu entreras à l’école bientôt pour apprendre et finalement trouver un métier. Au fait, tu ne m’as jamais dis si tu avais un rêve, une vocation … »
Frank : « Je veux être comme toi. »
Bige Boss : « Tu sais, … je ne suis pas vraiment un modèle en temps qu’homme. Tu ne dois jamais essayer de faire comme moi, d’accord ? Jamais ! Ce n’est pas en m’imitant qu’on se construit un avenir. Un homme se fait un avenir de ses mains, sans imiter les autres. Ce n’est pas le rêve des autres que tu dois réaliser, c’est le tien. »
Frank : « Moi, je veux être un héros, comme toi ! »
Big Boss : « Mais tu n’as rien écouté à ce que je viens dire ! »
Frank : « Je n’ais rien compris. »
Big Boss s’assit dans un fauteuil et pris Frank sur ces genoux.
Big Boss : « écoute-moi bien. Ce que je fais, ça n’est pas bien. C’est pour ça que j’ai toujours refusé de te dire ce qu’est mon travail. Je ne veux pas que tu deviennes comme moi. Il y aura toujours des salauds comme moi sur la Terre, tant que les hommes existeront, il y aura des guerres, mais ça ne veux pas dire que tu dois forcement y participer, tu comprends ? »
Frank : « Tu tire partout et tu tue pleins de gens ! Moi aussi je veux tuer des gens ! »
Cette réplique frappa Big Boss au plus profond de son âme. Comment un enfant de 5 ans pouvait-il dire cela ? Comment pouvait-il vouloir, avec une telle détermination, tuer des gens, lui, un enfant qu’y n’avait pas encore découvert la violence, l’injustice, le sadisme, la vengeance, ce genre de sentiments qui pousse les hommes à s’entretuer. C’était comme s’il été au courant du carnage qui avait entouré sa naissance. Après tout, n’avait-il pas grandit sur un champs de bataille ? N’avait-il pas vu de ses yeux innocents son père faire usage de ses armes sans aucune hésitation ? Big Boss comprit à cet instant que sa simple nature de tueur suffisait à corrompre son entourage. Comment interdire à son fils ce qu’on fait sous ces yeux tous les jours ? Frank Jaeger avait grandit en voyant toujours son père une arme à la main, partir de pays en pays, et même tuer des gens devant lui. La personnalité de Frank s’était tout naturellement développée en fonction de son environnement : La Guerre. Big Boss resta silencieux un long moment, plongeant son regard dans celui de son fils, essayant de voir s’il n’y avait pas une lueur d’hésitation dans ces yeux. Mais non. Frank était on ne peux plus naturel.
Frank : « Ben quoi ? Qu’es-ce qu’il y a ? »
Big Boss : « Rien, c’est pas grave ? »
Frank : « Je peux devenir un héros, alors ? »
Big B oss : « ça, ça ne dépend que de toi, Frank. Tu es courageux, mais tu n’as pas idée de ce que c’est d’être un soldat. N’avoir aucune accroche, aucune famille, personne sur qui compter, avoir des morts sur la conscience. Il faut avoir un solide rempart psychologique pour supporter ça et je ne veux pas que tu vives ça sans savoir si tu peux le supporter. »
Frank : « Mais je suis fort ! »
Big Boss : « Non, pas assez. »
Frank : « Mais moi, je veux être mercenaire, comme toi ! »
Big Boss : « Quoi ? … Tu sais ce qu’es un mercenaire ? »
Frank : « Oui. C’est un monsieur qui tue des gens parce qu’on lui a donné des sous. »
Big Boss : « C’est une vision un peu simpliste, mais c’est à peu près ça. »
Big Boss n’en croyait pas ces oreilles. Apparemment Frank savait bien plus de chose qu’il ne pensait. Son jeune age l’empêchait sûrement de mettre des mots sur ces pensées, mais Big Boss voyait clairement qu’au fond de lui, il avait déjà compris ce qu’est une guerre. Mal gré tous ces efforts, il ne réussirait jamais à détourner Frank Jaeger de la voie de mercenaire.
Big Boss : « … Qu’es-ce que tu dirais d’apprendre à tirer, pour commencer ? »
Frank : « Ouais, Géniale ! »
Le jour suivant, Big Boss amena Frank dans un terrain vague. Il voulait tester les capacités de Frank. On ne laisse pas un gamin basculer vers un destin de soldat, mais comme il était déterminer, autant le préparer au mieux à ce qu’il verra, en sachant bien qu’il n’est jamais trop tard pour arrêter.
Big Boss : « Très bien, Frank ! ceci est un pistolet 9 mm, calibre 45. Pour faire simple, ça veut dire qu’il tire des balles de 9 mm de longueur. Laisse tomber l’histoire du calibre pour le moment. Voyons d’abord la prise en main. »
Big Boss s’assit en tailleur, Pris Frank sur ces jambes et lui parla à l’oreille. Frank resta immobile, fixant l’arbre à une trentaine de mètres qui servait de cible.
Big Boss : « Tiens toujours ton arme à 2 mains, tu es ainsi plus précis. Tu es droitier. Ta main droite tiens le pistolet, l’index sur le pontet, à côté de la gâchette. Ta main gauche, elle, sert de support au pistolet, le redent ainsi plus stable. Tu regarde devant toi. Tu fixe ta cible. Tu la vois. Tu la sens. Tu la comprends. Tu connais son environnement. Tu ressens son souffle, ses mouvements. Il est temps de viser. Au bout du canon, tu as une pointe, le « guidon ». Il doit se placer au centre et au même niveau de les 2 pointes qui sont juste devant toi, la « hausse». Maintenant que tu y es, tu prends une grande respiration, tu retiens ton souffle et tu tire. »
Big Boss tenait les mains de Frank qui tenaient le pistolet. Il tira et fit mouche dans le petit cercle blanc qui était peint sur l’arbre.
Frank : « Ouais ! J’ai réussi, je suis trop fort ! »
Big Boss : « C’est très bien Frank, même si c’est moi qui dirigeais le tir du pistolet. Maintenant, tu réessaye … seul. »
Frank se concentra. Il visa pendant 10 minute. « Ce petit est très minutieux » Se dit Big Boss. Soudain, il tira et la balle frappa l’arbre juste à côté du précédent impact, sur la ligne blanche. Frank jeta son pistolet et couru voir où l’arbre était touché. Il examina et s’écria : « Elle est juste à côté de la tienne, papa ! »
Big Boss : « ça alors, soit il est très chanceux, soit il est très doué ! … Il m’a appelé papa ? »