Agent Pliskin,
Je le reconnaissais. C´était le gars de Lyon. L´homme que j´avais poursuivi jusqu´en avion mais qui réussit à me battre et à m´éjecter, ce qui me valut d´atroces douleurs toute la nuit. À cause de lui, j´avais perdu mon seul héritage familial. Mais malgré tout cela, il m´inspirait toujours autant de respect.
La moto que j´avais piqué n´était pas en excellent état. Heureusement, son lancer était parfait et bien calculé ; je reçus le flingue directement dans la main.
Quelle fut ma surprise quand je me rendis compte que c´était MON flingue... Il l´avait gardé pendant tout ce temps.
La circulation était assez dense, normale c´était une des plus grandes artères de la ville. J´avais du mal à zigzaguer entre les différents véhicules et je manquai un de peu. Manque de chance : c´était une voiture de police catalane.
En gros, la situation était la suivante : la camionnette enfermait Warren, celle-ci était escortée par une dizaine de motos et de side-cars, moi je les suivais juste derrière, et le véhicule de police arrivait en dernier.
Mais ce dernier allait bientôt être rejoint par ses amis... D´autre voitures de police surgirent d´une ruelle à notre droite et me bloquèrent la route. Je fus obligé de prendre la ruelle de gauche, perdant par la même occasion les traces de la camionnette.
Deux des véhicules de police me prirent en fuite. Je m´éloignais de plus en plus de la camionnette. Je pris des chemins tellement tortueux, espérant semer mes poursuivants, que je ne m´y retrouvais plus ...
Et comme le sort continuait de s´acharner sur moi, une des ruelles que j´avais prise déboucha sur une impasse !
Je ne pouvais rien faire... les flics me tenaient.
- Mains en l´air, cria l´un deux après être descendu de voiture.
Ils braquèrent tous leurs armes sur moi. Je leur obéis tout en avançant vers eux. Ils prirent peur et reculèrent en répétant le classique «Plus un geste !» .
- Services secrets américains, leur dis-je doucement tout en m´approchant.
Ils me regardèrent avec des yeux ronds puis l´un d´eux laissa échapper un rire...
- C´est la meilleure qu´on ait entendu jusqu´à maintenant... Hahaha... n´est ce pas, Juan ?
- Ouais,... quoique une fois, un chauffard m´avait sorti qu´il était le chauffeur personnel du 1er ministre et qu´il devait aller le chercher d´urgence !
- Bref, dit l´autre après avoir longuement ri.
Il s´avança vers moi et me tendit ses menottes...
- Je crois qu´il y a un léger malentendu, fis-je. Je ne compte pas vous suivre, messieurs. J´ai une mission à accomplir et je compte bien la réussir.
- Finis les plaisanteries de mauvais goût. Tu nous suis, point barre !
- Je ne crois pas, non !
Une voiture s´était garée à coté de nous et un homme en descendait, celui qui avait répondu à ma place. Je ne tardai pas à le reconnaître.
- Lockheed !
- Messieurs, cet homme vous a dit la stricte vérité... Si vous ne voulez toujours pas le croire, les choses risquent de s´aggraver.
Les deux flics ne comprenaient plus rien.
Lockheed me faisait signe, et celui ci était très clair... son regard portait sur ma ceinture dans laquelle était rangé mon M9.
Je ne me le fis pas répéter deux fois... Je sortis et je tirai sur le premier flic trop surpris pour pouvoir réagir à temps. La fléchette l´atteint en pleine tête et il s´effondra deux secondes après. Le temps de recharger manuellement mon M9, et le deuxième gars était lui aussi à terre.
- Je croyais qu´on n´avait pas le droit, fis-je à Lockheed en le rejoignant.
- Tant qu´on ne fait aucun mal aux civils, on a carte blanche... Et je ne pense pas qu´un petit somme soit considéré comme mal.
- Mais vous ne pouviez pas savoir que c´était un tranquilisant...
- On a tout vu, on était juste derrière.
- Quoi ? Vous avez laissé filer la camionnette et vous m´avez suivi ?
- Ne t´inquiète pas. Nous avons lancé un transmetteur sur la camionnette. Nous n´aurons aucun mal à la localiser. Nous avions fait de même avec ta moto.
Je pris ma moto et les suivis.
- Je ne sais pas pourquoi, me dit Lockheed de la radio, mais j´ai toujours adoré les courses poursuites ! Et c´est parti ...