Agent Pliskin,
- De toute façon, les rangs ont été abolis. Je n’ai guère plus de quoi me vanter, me dit-il.
- Vous étiez sérieux ? lui dis-je.
- Bien sur ! Tout ce que je vous ai dit n’est que stricte vérité.
- Et …
- Trêve de bavardage ! Est-ce que oui ou non, vous acceptez d’être muté à Fox Hound ?
Je ne savais pas quoi répondre …
D’un coté il y avait ma haine envers Fox Hound, et de l’autre quelque chose qui m’attirait et me poussait à répondre oui.
Sans parler de la mort de mon père sur laquelle j’enquêtais toujours. Il était clair que, pour ce dernier point, la meilleure chose était d’enquêter à partir de Fox Hound …
- Ai-je le choix ?
- J’aurai bien aimé que vous l’ayez, mais …
- L’ordre vient de plus haut que vous …
- Exactement.
- De qui exactement ? lui demandai-je.
- Je suis désolé mais je ne peux pas vous le dire … de toute façon, vous le découvrirez comme moi je l’ai découvert avant vous.
- Découvrir quoi ?
- … J’en ai trop dit. Et d’ailleurs, je dois y aller. Mitchell vous aidera en ce qui concerne votre mutation.
- Qui est Mitchell ?
- C’est moi, répondit une voix derrière moi.
Je me retournai et lui adressai la parole :
- Enchanté, dis-je en lui tendant la main.
- De même, répondit-il.
- Je vois que vous faîtes connaissance, commença le directeur en se levant. Tant mieux, moi j’y vais.
Il ferma la porte derrière lui … et revient deux secondes après :
- Ah et au fait, Mr Lost, appelez moi Jack
) . Votre manie de m’appeler «monsieur» m’exaspère.
Jack … quelle coïncidence …
- Oui, mais si, vous, vous ne faîtes pas d’efforts de votre coté en m’appelant John, lui répondis je, je ne vois pas comment je pourrai faire de même …
- En effet … John.
Il sortit de la salle, et cette fois pour de bon, en nous laissant dans son bureau.
Mitchell me conduisit dans le sien, qui était juste à coté et qui disposait d’une porte qui avait un accès direct sur le bureau du directeur. Je compris bien assez tard qu’en fait Mitchell était son assistant.
- Je le trouve bien bizarre ce directeur … lui dis-je.
- En effet, il est assez peu commun de rencontrer un homme qui a sous sa direction la CIA et qui se permet d’être aussi décontracté. C’est très rare … et c’est tant mieux.
- Je parlais plutôt de son coté mystérieux … Il parait qu’il a fait partie de Fox Hound. En tout cas, c’est ce qu’il dit.
- Vous avez tort de ne pas le croire. Il ne ment jamais … enfin sauf quand c’est pour blaguer. Mais ça lui arrive rarement. Pour tout vous dire, je ne l’ai jamais vu aussi agréable et souriant. Je crois bien que vous lui rappelez vraiment Snake.
- Vous voulez dire qu’il disait vrai ? Il l’a vraiment rencontré ?
- Oui.
Mitchell était quelqu’un de bien. Il avait confiance en son patron, ça se voyait très bien. Peut-être même qu’il l’admirait.
Et franchement, je ne voyais pas comment il pouvait en être autrement. Cet homme (le directeur) avait quelque chose qui inspirait le respect. En un quart d’heure de discussion, il avait dégagé plus de charisme que je n’avais vu de ma vie.
- Les temps ont changés, Fox Hound ne dépend plus des … euh on va dire que Fox Hound n’a plus vraiment de liens avec la CIA. Son chef, un Snake, est en mission. Mais les nouvelles recrues sont toujours acceptées, du moment qu’elles sont douées. Et c’est votre cas.
- Pas du tout, c’était de la chance. C’est tout.
- Vous êtes modestes … Quoiqu’il en soit, vous êtes attendu à Fox Hound à partir de demain.
Nome de code : Pliskin.
Présentez vous là-bas munis de cette carte magnétique. Ca leur permettra de vous reconnaître.
- Entendu, dis-je en prenant la carte de sa main.
Je sortis de son bureau.
Dehors, m’attendait tout un groupe de connaissances … Je soupçonnais qu’ils aient été au courant de ma promotion.
Et justement, c’était le cas :
- Félicitations, me dit une analyste.
Son décolleté était légèrement entrouvert et laissait apparaître une poitrine assez … euh généreuse.
Je la connaissais bien, c’était le genre de filles à courir après le plus offrant … et en ce moment précis, c’était justement moi.
Mais je n’avais pas la tête à ça … jouer ne m’amusait plus. Et ce n’était sûrement pas de la faute de Sarah (c’était son nom). Une demi-heure plutôt, j’aurai donné n’importe quoi pour pouvoir revivre la nuit qu’on avait passé ensemble il y a peu. Mais maintenant, c’était le cadet de mes soucis.
- Merci, lui répondis-je.
- Viens, me dit-elle en me tirant par les bras.
- Plus tard …
J’arrivais tant bien que mal à me débarrasser d’elle.
Mais ce fut, après, le tour de Walter.
- On se voit ce soir, hein ? me dit-il. On se téléphone. Il faut absolument fêter ça
.
- Ouais bien sur, si tu veux … A ce soir.