Caporal Lockheed
Ma nuque, c´est tout ce que je sens. Ma langue est pâteuse, j´ai soif, j´arrive à peine à ouvrir les yeux. Ma nuque me fait un mal de chien, la douleur traverse tout mon corps...puis je sens mes bras, mon torse, mes jambes. Je suis torse nu, sur un sol humide et sale, je me lève péniblement, je regarde autour de moi, une légère brume voile encore mes yeux. Je suis dans une cellule type western, le sol est en brique, à côté de moi un petit lit en bois, avec un fin matelas, et je suis enfermé grâce a de lourds barreaux un peu rouillés. Je me lève. Torse nu, avec un simple pantalon kaki, je n´ai plus d´armes, sauf mon couteau. Je me demande d´ailleurs pourquoi ils me l´ont laissé. J´ai aussi mes fournitures de soins, et un peu de nourriture, deux barres de calorie mate. Les murs sont en brique. Sales, très insalubres. Un autre cellule vide, identique à la mienne, est en face de moi. La pièce est éclairée par une petite fenêtre au plafond, grillée également, je ne vois que le ciel, un peu gris. Il fait néammoins assez chaud. Soudain j´entends des bruits de pas qui viennent de la droite du couloir. Je me couche là où j´étais il y a quelques instants, et attends l´homme tout en ouvrant à demi un oeil. Il arrive, c´est un garde armé d´un M4, une cagoule noire, un camo feuille, un pistolet à la ceinture. Il me regarde, je ferme mon oeil et j´écoute. Il reste là, me regarde quelques instants, puis repart de l´autre côté. J´ouvre à nouveau l´oeil à demi, il repart en me tournant le dos, c´est l´instant ou jamais. Je me relève, court vers les grilles et le prend par la gorge, le plaque contre la grille et lui pointe mon couteau sous la gorge.
-File-moi les clés!
-Jamais, autant crever!
-File-moi ces putains de clés si tu tiens à la vie!
-NON!
Il l´a voulu. Je lui enfonce le couteau dans la gorge, assez difficilement d´ailleurs. Mais aucune goutte de sang, juste...des étincelles. Je lâche vivement le corps.
-Quoi? Un cyborg?
-Exact, mon ami!
C´est Sean, il entre par là où le garde est arrivé, il est très sûr de lui, avec un regard méprisant, et fait tourner son Glock entre les doigts.
-Qu´est-ce que c´est que ce bordel?
-Un autre test.
Je n´ai pas le temps de bouger. Il stabilise extrêmement vide son arme et tire, la balle me rentre dans la cuisse, je crie, il me regarde avec un sourire pervers. Je tombe dans ma cellule, sur le sol humide, puis sors un bandage et le mets autour de ma jambe.
-Salaud!
-C´était juste pour voir si tu avais le cran de l´abattre, mais tu l´as fait. C´est juste que ce genre de cyborg coûte assez cher, tu devais payer.
-Donc...si j´ai autant bien réussi ma carrière...c´était grâce à vous!
-Non, nous ne contrôlons pas les soldats. Nous les manipulons. Tu aurais très bien pû te faire abattre durant l´une de tes missions mais tu es un excellent élément sur qui on peut compter. On a brouillé les ondes codec, donc tu ne pourras pas avertir Naked, mais la balise qui est contenue dedans est toujours activée, Naked se doute peut-être d´un piège, mais il va quand même se pointer.
-Vous voulez l´abattre?
-Non, juste le prendre dans notre camp. Quelques mois de tortures dans notre plus haute prison et il sera à notre merci.
-Vous n´êtes que des charognards!
Je me relevai et lui crachait au visage, il s´essuya, puis tira rapidement à nouveau. Cette fois-ci j´avais envisagé, je sortis mon couteau et mis la lame de travers. Même très fine, la balle la percuta et fut déviée, Sean paraissait étonné.
-Mh, j´ai souvent vu les frères faire ça avec un sabre, mais rarement avec un couteau. Bravo mon gars, tu es doué.
Sur ce, il repartit. J´enlevai mon pantolon et pris mon couteau, et une seringue de morphine. Je m´en injectai un tout petit peu dans la cuisse, puis pris mon couteau, l´enfonçai dans la plaie et sortis la balle. Je grognai de douleur, j´avais quand même senti la blessure. Je désinfectai ensuite et mis un styptique, puis un bandage, mais ne remis pas mon pantalon. Je volai les habits du cyborg, un camp feuille, et pris son M4. Je regardai le chargeur. Vide.
-Pfffff... C´était à prévoir.
Sean savait que j´allais abattre ce cyborg, donc ne voulait pas que je tombe sur une arme chargé. Le pistolet ne l´était pas non plus, c´était un simple Smith&Wesson. Je pris quand même les armes, et le peu de nourriture que le garde avait sur lui, et mangeai une barre de calorie mate.
-Manipulé...
Voilà, mon dernier texte de l´année je pense! 