Caporal Lockheed
Six jours. Ma barbe avait poussée, et mes recherches n´avaient mené à rien. Je ratissais la forêt dans toutes les zones pour trouver la base, qui n´était peut-être même pas là, et revenait chaque jour bredouille. Néammoins, j´avais plusieurs fois croisé des gardes, également armés de M84. La base était donc bel et bien ici. Le vent froid me grattait le visage. Le soleil se levait. Je pris ma montre. 8h32. Le ciel était d´un bleu glacé teinté de rose clair pour l´aurore, le paysage était superbe. Le tissu noir que j´accrochais devant l´entrée de la caverne pour ne pas qu´on voie les lueurs du feu la nuit était tombé. Le vent m´avait réveillé. J´étais fatigué. Je dormais à même le sol, enroulé dans le parachute qui m´avait sauvé la vie. A l´entrée de la grotte, mes deux grenades, disposées chacune d´une côté reliées à un fil, qui exploseraient quiconque viendrait me déranger. Je pris mon fusil, vérifiai les munitions, puis mangeai un reste de lapin qui refroidissait sur des braises encore quelquepeu ardentes et partit. Nous étions au mois de décembre, il faisait vraiment froid, heureusement bien moins qu´en sibérie. Il devait faire deux ou trois degrés, mais avec mon camo Serpent, je n´avais pas vraiment froid. Je marchai vers le nord. L´est, que j´avais exploré durant quelques jours, n´avait rien donné. J´étais déjà allé vers le nord la veille, mais était également rentré sans rien. Mes bottes écrasaient les feuilles mortent humides qui s´enfonçaient dans la terre, mon fusil n´étais pas mis à l´épaule. Aucun bruit, sauf celui de mes pas et de quelques oiseaux. La forêt était morte, les arbres étaient brun foncée, presque gris, et les quelques sapins étaient ternes. Il n´y avait pas de neige, juste un peu de givre, mais rien de plus. Je continuai ma route vers le nord. J´étais maintenant arrivé dans une petite clairière, d´où montait une petite colline. Je l´escaladai, et regardai aux alentours. C´était mon jour de chance.
Au loin, de la fumée, à moins d´un kilomètre. Je pris mes jumelles. Il y avait un petit campements, sûrement pas la base pricinpale, mais c´était déjà ça. Je rangeai mon M84 et sortis mon Glock, avec silencieux. Il valait meiux ne pas faire de bruit. J´avançai prudemment, j´entendais de plus en plus fortement le bruit d´un feu, et de quelques hommes qui marchaient. J´étais maintenant juste à côté, je me cachai dans un buisson. Il y avait une demi-douzaine de tentes, avec un feu au-milieu, et une jeep tout près. Deux hommes mangeaient près du feu, et un autre se déplaçait. Un quatrième vérifiait son armement dans une tente. Il y en avait peut-être plus. Personne ne m´avais remarqué, et les hommes qui mangeaient me tournaient le dos. J´avançai très furtivement à découvert jusque derrière une tente. Puis jusqu´à une autre, et de là à une ouverture d´une autre. Je m´y glissai rapidement. On ne m´avait pas repéré, c´était parfait. C´était une petit dortoir. Deux lits, une table, et deux malles. Je fermai la porte et partis vers la table. Pas grand-chose. Une lettre, quelques documents sans importance et des crayons. Je partis ensuite en direction de la malle. Diverses affaires personnelles, pas de nourriture, rien qui m´intéressait. Puis je partis vers les lits. Les soldats cachent souvent bon nombre de choses dans leurs lits. Je regardai sous un lit, rien, et caché dans l´oreillé, une photo de charme. C´était excellent pour se rincer l´oeil, mais pas pour ma survie. Dans l´autre lit, rien dans le coussin, et sous le lit, planqué sous une latte, un paquet de substance illicite. J´ouvris le sachet et respirai quelque peu. De l´herbe première qualité, pas le temps, il fallait d´abord me sorir de ce pétrin!
Je sortis de cette tente, puis rampai jusqu´à une autre. Je me faufilai rapidement dans l´ouverture, et me retournai. Un homme était penché sur sa caisse. Je m´approchai de lui, il ne me vit pas, de dos. Je lui administrai un coup de coude dans la nuque et il s´écroula à terre. Pas mort, mais bien sonné. Je le mis dans le lit, et le fouillai. Il avait trois grenades, je lui en pris une, ainsi qu´un chargeur de pistolet. Cela m´était favorable avec le nombre de munitions limitées de mon Glock. Je fouillai la chambre. Rien non plus, sauf un cigare à la vanille que je profitai de dérober pour mon plaisir personnel. Je regardai à la fenêtre de la tente. Il devait encore y avoir d´autres tentes comme celles-ci, je dirigeai donc mon regard vers une plus grande. Je sortis de la tente, contournai le campement et passai par derrière vers la grande tente. A l´intérieur, un bureau, des tas de dossiers, et plusieurs cartes ainsi qu´un ordinateur. Je partis en direction des cartes. Il y avait non seulement des cartes de la région, mais également de l´Allemagne, la France, la Suisse, l´Italie et bon nombre d´autre pays de l´Europe. Leur but était clair, ils voulaient lancer une attaque de grande envergure envers l´Europe. Tout cela me fit froid dans le dos. Je partis vers les documents qui reposaient sur la table. Des plans stratégiques qui confirmaient mon hypothèse et des factures. Les Marines avaient fourni de l´armement lourd aux Hongrois en échange de matériel nucléaire. Chacun avait une idée en tête, mais je ne voyais toujours pas quoi... Je m´approchai de l´ordinateur et le piratai rapidement, puis observai les fichiers. ce que je vis me terrifia. Je pris une disquette, copiai les documents puis sortis. J´en avais assez vu. Je savais même désormai où était située la base. Je partis rapidement du campement vers mon abri de fortune. Il fallait agir.