RIPPLE! Arrête, tu n'auras jamais le niveau 50, abandonne, reviens dans le monde réel! 
Sérieux, quand c'est comme ça... prends un bouquin. Sherlock Holmes, je te conseille. Je lis ça actuellement en version originale ça reste super.^^
Bon. Vous vous souvenez de l'opération à Düsseldorf? Bah voilà la suite...
À peine eus-je ouvert la porte de derrière, le pistolet furtivement pointé entre ma cible et moi-même sous les plis de son trop cher costume, que Bullet était déjà là pour m'accueillir. Son long manteau noir voletait quasiment au ras du sol, il avait rangé sa casquette et remettait ses cheveux en arrière.
-Tout s'est bien passé? Demanda-t-il.
Je hochai la tête sans répondre, poussai le type dans la ruelle. Bullet m'accompagna d'un pas nerveux, observant avec attention les toits alentours. Je voyais déjà le capot de la BMW flirter au coin de l'immeuble, brillante, vitre teintées. J'accélérai le pas. J'étais on ne peut plus sur les nerfs, et pourtant me sentais heureux d'être à nouveau au coeur de l'action et de pouvoir enfin maîtriser quelque chose.
Maîtriser? Et puis quoi encore?
La douleur me transperça vivement le mollet, et je tombai au sol en hurlant. Je me rendis compte après coup du bruit du tir, alors que j'étais déjà face contre terre à geindre et me tenir la jambe ensanglantée. Je regardai impuissant le type réussir à s'échapper, et mes pensées commencèrent à virevolter en tous sens, accablés par la douleur à ma jambe, mais surtout réunies, guidées par un même sentiment conducteur: la survie.
Je roulai sur moi-même tandis qu'un autre tir percutait le sol à la même hauteur. J'entendis la balle ricocher tout près de moi et la foule aux alentours commencer à hurler. Dans le même temps, je fis glisser le chargeur de mon P255 hors de la crosse, et pris précipitamment un chargeur de balles bien réelles. Bullet, qui lui semblait calme tandis que le stress montait rapidement en moi, suivit ses instincts protecteurs et plaça sa lourde personne aussitôt devant moi. Pas de manière kamikaze; pendant que je roulais au sol, ses long doigts s'étaient emparés d'un MP7 calé sous son manteau. Il était désormais devant moi, me cachant le soleil et la veste au vent, dépliant la crosse et la calant dans son épaule dans le même temps.
Je me relevai tout en mettant le chargeur dans la crosse et éjectai la dernière fléchette d'un coup sur la culasse bien placé, courus après le type alors que Bullet commençait à faire feu en direction du tireur embusqué. Je n'eus pas à aller bien loin, car la BMW avait rapidement accéléré et, freinant à la hauteur de la cible, Falcon venait d'ouvrir la portière arrière que notre pauvre Ernst venait de se prendre en pleine gueule. Celui-ci réussit à retenir sa chute sans trop se faire mal, mais à peine eut-il eu le temps de se relever que Hornet, glissant allègrement par-dessus le capot, le reprenait au vol pour le plaquer contre la carrosserie. Dans mon propre élan et malgré le fait que je boitais lourdement, j'ouvris la porte et réussis à le jeter sur le siège arrière de la voiture. Hornet s'était déjà remis au volant, et Falcon avait fait le tour et venait de refermer la porte en claquant, coinçant notre fuyard au milieu de la banquette arrière. Ne restait que Bullet, qui avait arrêté de tiré mais restait, arme levée, fixe et toujours au même endroit. Un moment, j'eus peur qu'il ne fût touché, mais aucune goutte de sang ne semblait avoir coulé. Hornet accélèra, freina brutalement à sa hauteur et ouvrit la porte. Personne ne bougea, tout le monde attendit, la peur au ventre.
Bullet tira, une fois, entra dans la voiture. Hornet réaccéléra et le coupé partit en trombe.
-Je l'ai eu, dit Bullet. Désolé de vous avoir fait attendre. Ryan, il faut soigner ta blessure.
-Je sais, merci! Dis-je en geignant.
Le sang commençait à couler le long du cuir. Je déchirai la manche de mon pantalon, observai la blessure, qui m'avait amoché un des bords de du mollet.
-Désolé, dis-je alors, conscient d'avoir été dur envers Bullet, qui me tendait une seringue de POL. Merci...
-De rien.
Il l'avait tiré de la boîte à gants, du kit le secours. Le POL, amélioré, la nouvelle arme biologique de la guerre moderne. Des blessures légères guéries en moins d'une heure, des blessures graves enfin minimisées... Et un fléau d'addiction qui créait déjà des psychoses pires que ce qu'on avait pu voir après le Vietnam. Je me piquai derrière le genou, y injectai la moitié de la seringue. Et poussai un grand cri de soulagement. La plaie arrêta aussitôt de saigner et le muscle se recontracta normalement. J'avais pas mal saigné contre le siège, quand même... Putain, du cuir première classe!
Hornet prenait l'autoroute à toute vitesse, jetant des coups d'oeils réguliers dans le rétroviseur. Bullet aussi, peut-être plus nerveux que je ne pensais, dont le regard était constamment porté vers l'extérieur. Falcon me regardait. De l'autre côté de ce vieil Allemand, dont un mince filet de sang coulait sur le menton.
-Ca va? Demanda-t-elle.
-Oui...
Un sourire subtil et l'oeil plus bleu qu'un océan.
-Ca va.
Je souris. Et tournai mon regard vers le type.
-Bon, monsieur Kellerman. Autant vous dire tout de suite qui nous sommes, non?
-Je sais qui vous êtes. Ou du moins que vous travaillez pour Naked Snake. Vous devez être Ryan Locke?
-Bingo.
-J'aurais dit Lewis Craig si votre ami ne vous avait pas appelé Ryan, j'avoue...
Craig. Encore lui. Comme s'il se pensait important au point que je ne fus pas capable de mener à bien une pareille mission. Quel connard!
-Vous savez donc que vous êtes en main de personnes qui ne comptent pas vous faire du mal. Je parle du moins pour ma personne, je sais que le Colonel Naked a quelques hommes très bien formés pour vous faire parler.
C'était plus ou moins vrai. Naked Snake n'agissait pas avec la torture -en général- mais certains de ses hommes étaient des bourreaux confirmés. Il ne dit mot, semblait s'en douter mais ne voulait risquer de rien dire.
-Pourriez-vous transmettre un message? Dit-il alors.
-Bien sûr.
-Bien. À ma femme. Le coffre-fort de ma banque, là où j'ai tous mes objets de valeurs... Eh bien, j'en ai fait réserver un deuxième, spécialement. Au cas où.
-Qu'est-ce que vous dites?
Un appel de Craig.
-J'ai un appel, attendez.
-C'est d'autant plus important, donc! Le temps presse! Ecoutez, j'ai...
Je décrochai l'appel tandis que le type parlait.
-Nigthbird.
-Craig, enfin... merde, Blackbird! J'ai...
Subitement, l'Allemand m'empoigna et me hurla dans les oreilles:
-Numéro du code: 4822! Dites-lui de...
Il ne bougea subitement plus, son visage se crispa en une horrible grimace. Ses mains eurent un sursaut sur l'emprise de mon col tandis que tout son corps semblait se cabrer. Oh non.
-... un putain de problème! Le type, il vient de me...
L'Allemand eut un dernière sursaut et sa mâchoire se décrocha violemment. Il me vomit dessus de tout son être. Un vomi de tripes sanglant et granuleux. Il tressauta en spasmes sur mon corps, ses bras me secouant par impulsions tandis que sa tête tombait et finissait de rejeter salement sur mes jambes. Je fus inondé de ses dégagements, les mains levées pour protéger mon visage sans succès, les yeux fermés, ulcéré par ce qui venait de m'arriver, n'osant pourtant pas les laisser trop longtemps clos de peur d'avoir à affronter quelque chose de pire. Je les ouvris et constatai l'ampleur du funèbre et nauséabond spectacle. Ses mains, toujours empoignant mon col, eurent un dernier sursaut cependant que son corps s'affaissait, et sa tête, blafarde, tombait entre sur mon entrejambe. Il eut un dernier petit rejet, et le son bondit en écho dans tout l'espace du véhicule, où le silence régnait. La bagnole sentit immédiatement le sang et l'odeur nauséabonde.
-... claquer entre les doigts!
Falcon, ses instincts féminins remontant soudain à la surface, hurla d'un cri effroyable et profond. Hornet freina brusquement sur la bande d'arrêt d'urgence, par réflexe. J'eus un terrible hoquet. J'essayai de me retenir, tentai d'ouvrir la porte, mais ne pus me retenir et, marqué par une puissante éructation, vomis à mon tour sur le plancher de la voiture. Les autres sortirent immédiatement. Je ne bougeai plus, replié sur moi-même et la tête du type. Seul, la bave encore à la bouche et le cadavre vide posé de manière scabreuse sur mon corps. Je relevai lentement la tête, respirai un grand coup, avant de me rendre compte que cette caisse puait la mort. Je vomis une dernière fois. Contre le tableau de bord. Sur les sièges en cuir. Et restai ainsi un moment, observant les voitures passer et Hornet aller réconforter Falcon, qui s'était positionnée accroupie, la tête entre les mains, à cinquante mètres de la voiture.
Bullet ouvrit la portière, me prit le bras pour me faire sortir. Tous étaient sous le choc mais, étonnamment, je semblais avoir soit été trop atteint par la trahison de Chip à long terme, soit trop choqué car étant au centre de la scène macabre, le fait était que j'avais l'impression de somnoler, d'avancer dans un monde dont je ne faisais plus parti. L'un influençant probablement l'autre. Dans mon oreille, Craig continuait de hurler des trucs. Je coupai l'appel, repoussai le bras de Bullet qui essayait de m'aider à sortir.
Je fis un pas dehors, m'étendis lamentablement sur le sol lorsque ma jambe blessée et insensible à cause du POL me fit faut bond. Bullet essaya de m'aider à me relever, mais je le poussai à nouveau. Je me relevai, avançai jusqu'à la barrière, m'y apposai, et restai finalement à genou, dans une position proche de celle de Falcon. Sur les manches de ma chemise qui avait désormais une teinte résolument pop-art, le sang baveux continuait de couler sur le sol en un long filet.
-Ryan, ça va?
Je levai la tête vers Bullet.
-Je sais pas. Laisse-moi.
Quel putain de fiasco.
J'ai vérifié pour l'orth et tout mais si y'a encore quelques répétitions c'est possible... Épilogue à suivre. 