Tant mieux
Bon, mon père est mort, donc pour que j'écrive, il va falloir attendre un peu
Mais interessant pour le site ![]()
RIP
Ripple (transition un peu macabre mais bon
), mes textes sont sur un autre ordi (le mien, désormais, mais un peu vieux depuis lequel j'écris mtn...) qui n'a pas word et un programme avec lequel les textes ne sont pas décryptables. Je vais les mettre sur un doc txt et les faire passer sur word pour te les envoyer. ![]()
Tu peux me les envoyer directement tu sais, je peux normalement convertir n'importe quelle format texte. Je rappelle aussi que j'ai déjà tes 12 premiers textes !
Kinroi : Toutes mes condoléances. Je sais personnellement ce que c'est, tout ce que je peux te conseiller c'est d'aller de l'avant dès que tu t'en sentiras la force.
Pour le moral les amis !
Comme vous, je ne passe pas trop en ce moment (exam de fin d'études pour tout le monde j'imagine, sauf Kinroi bien sur qui a une raison bien meilleur...).
Voilà juste pour dire que mon Chap. 5 de ma saga Add-ons est en attendant bientôt finit et devrait être là en semaine pour rythmer un peu le topic. Je m'occupe toujours du site à côté, pour l'instant j'essaie de mettre sur pied un espace membre ! ![]()
En espérant toujours les retour de quelques anciens, et plus d'activités prochainement (même si bon en été souvent, c'est un peu vide).
Je reste quand même assez content de cette 1ere moitié de 2009 sur ce topic, on a été bien plus prolifique qu'en 2008, comme quoi le topic ne va pas pas sombrer dans un gouffre de sitôt comme on le pensait !
Bravo à tous !
Ouais je suis content aussi.
Pis j'ai encore plein d'idées.^^
D'un côté de la route, une forêt, sombre et pouvant cacher la moitié des terroristes de ce putain de monde, et de l'autre, assez de champs en tous genre pour permettre de faire débarquer la totalité des hélicoptères de combat de toute l'armée.
________
-Ryan!
Le son sembla glisser dans l'air, car au moment où elle écarta la foule de ses petites mains gracieuses, le vent avait l'air de s'être stoppé comme dans un recueillement de deuil en l'honneur du moindre sentiment qui aurait pu hanter mon coeur. Et c'était peut-être ça le plus terrible.
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Je me retournai une dernière fois, observai la porte en bois brut et me demandai s'ils m'observaient à travers le judas, comme le traître que j'étais, qui observait quant à lui le reste du monde de son oeil implacable et de son intelligence froide.
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Tandis que ma main gauche empoignait une des grenades se trouvant sur le siège passager, ma droite dégainait vivement le pistolet, et l'un de mes trois derniers tirs automatiques avait percé le pneu avant droit de la voiture d'un de mes poursuivants, qui étaient désormais face à moi. Pour mon plus grand malheur, je ne vis pas celle-ci glisser brutalement sur l'asphalte froid et entamer une série de majestueux tonneaux dont l'unique son merveilleux et cristallin me parvint aux oreilles.
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-Il faut que je sache, si tu bosses pour La-Li-Lu-Le-Lo...
Nom de Dieu.
-Quoi?
Holy goddamn fucking shit.
PROCHAINEMENT
(Et ça fait deux ans que j'attends de le sortir muhaha^^)
"Holy goddamn fucking shit."
Merde, Locke aurait-il des nanos de Patriotes ? XD Ca promet en tout cas, la finesse semble au RDV
J'attends de voir la structure du scénar aussi, si c'est au moins du niveau de la 1ere chronique, on risque pas de se faire chier !!
En attendant, voici enfin la suite de ma saga !
Bon désolé, la longueur des textes va chreshendo, mais cette partie était tellement fine en évènements que j'y ai rajouter des Flash-Forward pour la profondeur qui ont considérablement allongé le truc ! Mais bon ça reste pas plus long que d'habitude non plus ! ![]()
Je rappelle la disposition des anciens chapitre, au cas où :
SAGA 'ADD-ONS'
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51. Fermeture d’application (page 1418)
52. Extraction des fichiers (page 1419)
53. Redémarrage du système (page 1422)
54. Mémoire saturée (page 1423)
Et bien sur :
Ripple Effect - Saga/Mission « Add-ons »
- Chapitre 5 -
55. ‘Programme malveillant’
Précédemment :
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(page 1416)
- Ils m’ont kidnappé… Ce type qui s’est enfui… Il s’appelle Jebediah Evans, c’était mon pire cauchemar d’enfant, maintenant c’est devenu ma pire réalité d‘adulte (…) Il m’a retenu ici pendant je ne sais pas combien de temps, plusieurs mois sans doute… Il… Il disait que j’étais son patient préféré… Il a demandé à son homme de main, Nathan, de me torturer, jour et nuit… Puis, il a fait des expériences sur moi, tellement atroces que je préférais les tortures. Enfin, il m’a drogué à un point que j’en perdais la notion du temps…
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(page 1422)
- … Salut Togo. (…) Je suis heureux de te savoir toujours en vie, tu sais.
- Je… Oui. C’était de justesse, mais je m’en suis sorti. C’était qui ces types qui nous ont attaqué, au cimetière ?
- Ton tireur, révélai-je, je l’ai reconnu tout de suite, c’était Nathan, il conduisait un escadron pour le docteur Evans…
(…) - Jean…
(…) - Stan… On te croyait tous morts, répéta-t-elle… Je… Je nous ai divorcé !
(…) - Chérie ? A qui tu parles ? J’entends des…
…C’était Marcus, qui fut évidemment scindé net à la vue de ma personne. J’avais cependant compris le sens de ces paroles…
(…) - Oh… Oui. On… On est fiancés.
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(page 1423)
- Tu plaisantes ? rétorqua-t-il, je suis aussi ici pour retrouver Sarah, n’oublies pas. Elle était restée ici depuis l’attaque de l’ancienne base, depuis le temps que je souhaite la retrouver…
- Ta copine de la CIA ? Je l’avais oublié celle-là,
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(page 1423)
- Vous… Vous êtes en train de me dire que… ?
- Que vous avez une bombe atomique dans le bide, Monsieur Ripple, et qu’elle peut sauter à tout moment.
(…) Ce fut par cette annonce que le Docteur Evans acheva mon esprit d’un coup fatal… Je n’avais plus d‘identité, plus de proches, et à présent, même plus de corps qui m’appartenait.
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¤¤¤
- … Comme si tu étais capable de me tuer, toi. Tu oublies que je te connais ! Qu’IL te connait ! Je suis désarmé, enchaîné, mutilé… Non, tu n’oseras pas me tuer de sang froid, Ripple Effect, vengeance ou pas… J’en suis persuadé.
Il termina son petit discours d’un rire granuleux. Je ne devais pas céder à sa provocation, ne pas devenir une bête sauvage du même niveau que lui… Je devais me modérer pour de bon. Je rangeais le Sigma doré de Togo à mon dos, avant de lui répondre, d’un calme qui rivalisait avec le sien :
- Tu as raison sur un point, tu ne vas peut-être pas mourir ce soir. Mais tu as tort sur autre chose, tu ne me connais pas si bien que ça : Si tu vas survivre, ce n’est pas à cause d’une question de tripes, mais bien parce que j’ai encore besoin de toi, Nathan.
- … Les bonnes excuses ne manquent pas pour que tu m‘épargnes, Ripple, répliqua-t-il souriant tout en crachant une petite gerbe de sang.
- Pense ce que tu veux, sale brute, le repoussai-je à terre tel un déchet. Je n’ai pas besoin que tu me croies. Tu découvriras par toi-même un jour la noirceur de ma colère, le résultat de tes actes… Un jour, quand le moment sera venu… Ou quand tu ne nous seras plus utile.
- … Ha ! C’est ça, oui. Je verrais. Les plus belles paroles évitent toujours les vraies actions ! Mais bon, si tu le dis, disons je te crois ! Et j’attends de voir ! Hahaha !
Mais il ne me croyait pas. Moi qui pensait qu’il me connaissait mieux que cela, après tout ce temps qu’il avait dépensé à me torturer, il n‘en était rien… C’était sûrement pour cela que ce n’était qu’un bourreau, après tout. La vérité était qu’il n’arrivait aucunement à me cerner. Même si, je devais l’avouer, il était difficile pour n’importe qui d’imaginer jusqu’où je pouvais mener ma vengeance désormais…
¤¤¤
- 11 juin 2035, dans une bibliothèque de Los Angeles (cinq mois plus tard) -
La gérante des lieux avait bel et bien indiqué à Melissa Harrison où se trouvait ce fichu bouquin pourtant. Mais rien à faire, il ne se trouvait pas à cette étagère. Sa logique - et sa fainéantise de revenir jusqu’au bureau de la gérante - lui fit aller vérifier la suivante. Sa persévérance porta enfin ses fruits : l’écriteau « Myalgie ou douleurs musculaires du corps » se présenta sur la bordure d’un des livres de la rangée. Il ne restait plus qu’à Melissa de saisir l‘ouvrage, ce qu’elle fit… Quand elle aperçut dans l’ombre une personne de l’autre côté de l’étagère en train de tirer dans sa direction ce même écrit. Le combat fut farouche mais court : L’homme de l’autre côté gagna, sans pour autant oublier d’être poli, d’un ton à la fois ferme et confus :
- Vous permettez, j’en ai besoin…
- Moi aussi, j’en ai besoin, répliqua Melissa d’un sourire, tentant désespérément de ressaisir le livre.
- Vous n’en avez sûrement pas autant besoin que moi, croyez-moi.
- Vous savez quoi ? S’irrita-t-elle. Nous allons chacun dire à l’autre pourquoi nous voulons tant ce livre, et celui ayant la meilleure des raisons pourra le garder, d’accord ?
- Euh…
Le charisme de Melissa ne donnait aucune issue à cette situation pour l‘homme tapis dans l‘ombre de l‘étagère :
- Alors ? Allez-y, je vous écoute Monsieur !
- Eh bien… Depuis plus d’une semaine, j’ai d’étranges douleurs au dos, je n’ai jamais connu ça auparavant, et je veux savoir ce que c’est. Et vous ?
- J’écris une thèse sur des types de Myalgies qui pourrait révolutionner le monde de la masso-kinésithérapie.
Un court silence prit place. L’interlocuteur de Melissa, toujours dans l’ombre, lui répondit finalement, le regard pointant vers le sien.
- Hum… Votre raison est bien meilleure, je l’admets. Mais… C’est moi qui ai le bouquin ! Tant pis pour vous, et à la prochaine !
Le voleur fut stoppé net dans son départ par la voix montante de Melissa :
- Attendez ! Je… Écoutez, ce livre est le dernier du genre depuis la guerre, j’en ai besoin plus que tout, c’est mon chainon manquant pour clore mon fichu mémoire. Donnez-le-moi, et en échange… Je vous ausculte ! Gratuitement.
- Hum… Grogna à nouveau l’homme. Je ne vois jamais de médecin, je n’aime pas ça.
- Ca tombe bien, sourit Melissa, je ne suis pas médecin ! Alors allons prendre un café en face et venez m’expliquer votre douleur, marché conclu ?
L’homme reposa le livre sur l’étagère, le faisant sortir de l’ombre où il se terrait.
- Très bien, j‘accepte… Quel est votre nom ?
- Je m’appelle Melissa, et vous ?
Ce fut au tour de l’homme de sortir sa tête du noir :
- Je suis Stanley, enchanté Melissa, lui répondis-je en lui serrant la main.
Le « dinner » du coin de la rue était un cliché incarné, c’est en m’asseyant sur la banquette faussement confortable et aux couleurs trop pastels que je me rendis compte que je n’étais pas entré dans ce genre d’endroit depuis une bonne décennie.
- Un café. Noir. Commanda Melissa à la serveuse.
- … Juste un verre d’eau, merci, souris-je les doigts des deux mains entrelacés sur la table.
Le départ de celle dont la plaquette dorée épinglée sur son sein gauche indiquait « Suzy » donna l’occasion à Melissa d’ouvrir la conversation.
- Alors ? A quoi ressemblent-elles ses douleurs ?
- Arrêtez de la jouer pro, Melissa, et faisons plutôt un peu connaissance avant, non ?
Elle fut légèrement gênée. Elle ne pensait pas que j’avais remarqué que je lui plaisais.
- …Très bien, répondit-elle. Que voulez-vous savoir ?
- Vous avez quel âge ?
L’indiscrétion de ma question additionnée à mon ton toujours aussi sec fit disparaître ses belles dents.
- J’ai 44 ans…
- Oh ? Vous ne les faites pas…
- Oui… Tous les gens de la trentaine comme vous me font la remarque. Cela devient plus insultant qu’autre chose à force.
Je rétorquai, le sourcil froncé :
- Mais… J’ai presque 50 ans !
Sa surprise fut autant intense que réel.
- Vous non plus, vous ne les faites vraiment pas !
Sa grande bouche ouverte céda petit à petit à un petit rire prudemment rythmé, qui se renfonça à l’ajout du mien. Après un moment de silence consistant à laisser Suzy nous poser délicatement nos gobelets et brutalement l’addition, je repris la parole :
- Et… Dites-moi, demandai-je après une gorgée. Pourquoi une femme de 44 ans s’est-elle décidée à reprendre ses études ?
- Pourquoi pas ? Cacha-t-elle son regard à l‘aide de ses longs cheveux bruns. Mieux vaut tard que jamais.
- Hum… J’espère que votre mémoire aura un franc succès dans ce cas, n’oubliez pas de mentionner mon nom dans les remerciements.
Elle mit un temps avant de rire de nouveau. Mon ton ordonnateur lui mettait toujours autant le doute quant à mon sens de l’humour.
- … Si vous me parliez un peu de votre douleur, reprit-elle. Expliquez-moi, où avez-vous mal ?
- Hum… C’est une de mes lombaires. Enfin… Plusieurs en fait. C’est comme si cette douleur parcourait mon corps tel un fluide brulant…
- Je vois… S’intrigua-t-elle. Il faudrait que je voie cela de plus prêt. Cela pourrait m’aider pour ma thèse. Je n’habite pas loin, nous pourrions peut-être…
Elle montra du doigt la direction de sa maison à travers la vitre du dinner, avant de se retourner, pour apercevoir mon sourire joviale. Elle sentait que j’avais une autre idée derrière la tête. Cela ne l’empêcha pas pour autant de sourire à son tour.
L’alchimie était là. Les sentiments, les premières fois de chacune de toutes ces petites choses euphorisantes qui font un futur couple, puis un couple en lui-même… Il y avait tout. J’étais réellement heureux à cet instant, car il restait, malgré tout, un instant vrai.
¤¤¤
(SUITE)
- 10 janvier 2035, dans une base de Floride -
- Une bombe atomique ? Vraiment ?
Elle fronça les sourcils d’une manière qui montrait qu’elle ne me croyait pas. Puis se remit à taper de ses poings bandés sur les pattes d’ours qu’elle m’avait fait tenir. Ses coups étaient réguliers. Sec. Poignants, en somme.
- Je te jure que c’est la vérité, Sarah… Elle est dans mon bide. Je n’y crois pas trop moi-même.
- Je commence à comprendre la tronche que John a tirée quand je l’ai vu hier, répondit-elle tout en soufflant régulièrement à chaque effort.
- Oui, je l’ai mis au courant, je pensais qu’il te l’avait déjà dit d’ailleurs… J’imagine qu’il était encore trop surpris par la nouvelle.
- Décidément, le sort s’acharne dirait-on…
Sa série de frappes étant terminée, elle ajouta d’un ton plus calme :
- … Et à Jean, tu lui as dit ?
Mes yeux dévièrent :
- Togo le lui a dit. Le LEUR a dit.
Je ne leur avais plus parlé depuis mon arrêt cardiaque d’il y a cinq jours. Je n’avais toujours pas digérer l’affichage du nouveau couple qu’était mon frère et mon ex-femme.
Je m’attendais à une réponse rhétorique de la part de Sarah, mais je reçus à la place une question aux sens multiples :
- Est-ce que tu veux qu’on te plaigne, Ripple ?
- Pardon ?
Elle se remit à frapper sur les pattes.
- On sait tous plus ou moins ce qui t’es arrivé. On sait tous plus ou moins que tu es le plus à plaindre… Mais toi, que veux-tu vraiment ? Je ne te connais pas si bien moi, je sais juste que tu souffres, que j’ai de l’estime pour toi, et qu’il me paraissait naturel de te proposer de m’aider à m’entrainer quand je t’ai croisé tout à l’heure, ceci pour te changer les idées et améliorer mes médiocres performances de combat que je ne pratiquais pas du temps où j’étais à la CIA… Alors ? Que cherches-tu ? Une amie qui te fait passer le temps et qui te fournit la main sur l’épaule en prime ? Parce qu’en te regardant, j’ai plutôt l’impression que tu n’as pas trop envie qu’on t’aide à tout reprendre de zéro, à passer à autre chose…
Son petit discours se termina en même temps que sa seconde série de coups. Je commençais sans trop l’admettre à ressentir des douleurs aux paumes de mains, elle était plus douée qu’il n’y paraissait. Autant en combat qu’en psychanalyse…
- Ce que je veux… Je veux savoir pourquoi Evans se serait mis à travailler pour U-155, Sarah, et pourquoi il m’a fait tout ça à moi. Je dois le retrouver. Et puis, aussi…
- Aussi… ? Demanda-t-elle en enlevant son gant droit à l’aide de ses dents.
- Je veux le leur faire payer. A tous. C’est pour ça que je ne veux pas oublier… Pas tout de suite en tout cas.
Elle s’arrêta net dans son action à la mesure de mon ton aussi glacial que déterminé. Je ne saurais jamais ce qu’elle allait me répondre à ce moment précis. Il était même possible que si elle avait pu répliquer à cet instant, le cours des choses aurait pu être très différent de ce qu’il s’était passé par la suite…
A la place, une sirène stridente retentit dans tout l’ensemble de la base. Aux aguets, Sarah enleva son deuxième gant immédiatement après et me pris par le bras.
- Viens, il faut trouver Togo.
- Mais… Que se passe-t-il ? Demandai-je béatement tout en me laissant trainailler.
- C’est la sirène d’intrus. Soit on nous attaque, soit quelqu’un nous a infiltré et s’est fait grillé par les détecteurs… Reste sur tes gardes !
Sans rien dire, armé d’une simple barre de fer trouvée sur place, je comptais me laisser guider dans la base en panique tout en suivant le conseil de la belle ex-agente. Mais mon instinct reprit vite le dessus quand je perçus du mouvement dans un coin irrégulier de la tente Ouest des sergents de Togo.
Faisant signe à Sarah, je la mis au parfum de mon discernement, et la pris à mon tour par le bras pour vite nous mettre hors de vue. L’ombre d’un homme titubant nous apparu alors, presque affalé sur les tissus de la tente. Il était blessé, couvert de sang sur sa poitrine, mais surtout, c’était…
- …Marcus !
Mon frère s’écroula dans mes bras, me tâchant du même coup. Son visage tremblait, son regard paraissait avoir perdu sa ligne de mire. Il semblait avoir reçu plusieurs coups de poignards. Il laissa couler une légère gerbe sanglante avant de prendre la parole :
- … C’était… C’était lui…
Je regardai Sarah qui semblait n’en avoir pas plus compris que moi, et demandai brutalement à mon frère :
- Mais qui lui Marcus ? Qui lui ?!
- Na… Nathan…
J’en lâchais presque le corps de mon frère à l’audition de ce maudit patronyme. Nathan. Il était là. Il s’était infiltré en espion. Et il avait osé poignarder mon frère. Il y en avait à cet instant un sur ma liste qui allait payer avant les autres…
Les souffrances de Marcus semblaient s’accentuer. Il avait perdu trop de sang. Ceci ne l’empêcha pas d’ajouter :
- Prends garde… Il… Il n’est pas… Il n’est pas…
- Il n’est pas quoi Marcus ? Dis-moi !
Ses forces cédèrent, et il tomba dans l’inconscience au moment où je me rendis compte que je venais, sans même l’avoir réalisé, de mettre ma vengeance au devant de la vie de mon sang…
¤¤¤
- 11 juin 2035, dans un appartement de Los Angeles -
- Tchin !
Mon verre en porcelaine se cogna sur celui de Melissa, ondulant brutalement le vin qui s’y reposait, avant de finir sa course au fin fond de nos gorges.
- Il est très bon, fis-je en soupirant suite à ma gorgée.
- Un vieux Saint-Emilion qui trainait dans ma cave, je crois même qu’il avait de la valeur…
Elle eut un gloussement idiot, elle semblait ne pas boire souvent.
Un moment de silence prit place. J’admirais son appartement terne et basique, qui devait probablement contraster avec son bureau dans lequel elle avait du mettre toute son énergie à taper son énorme thèse. Elle voulait me recevoir d’une manière décente avant de me montrer qui elle était vraiment, comme le faisaient beaucoup de personnes. Il n’y avait qu’une manière de briser la glace :
- Vous vivez donc seule ?
- Oui, me répondit-elle en buvant une seconde gorgée. J’ai des périodes où j’aime la solitude…
- Aucun doute, ris-je, vous êtes bien une scientifique !
- Ah ? Vous êtes du métier ?
- Si on veut… Il fut un temps où j’étais docteur en physique.
Elle reposa son verre, sans pour autant me quitter du regard, je l’avais intriguée :
- « Il fut un temps » ? Mais… Que faites-vous maintenant, Stanley ?
- … Un autre métier.
- Mmm… Que de mystères ! Levez-vous et enlevez votre chemise.
Cette demande trop directe me fit sursauter.
- Pardon ?
- Je veux jeter un coup d’œil à votre dos. C’est pour ça que ça que vous êtes là, vous vous souvenez ?
- Oh ! Réalisai-je, surpris. Bien sur, oui.
Je m’exécutai lentement, ma chemise bleu ciel se retira sans presque un bruit, virevoltant vers le sofa, révélant mon corps lacéré… Corps qu’examinait attentivement Melissa :
- Vous avez de bien curieuses cicatrices…
- Oui… La guerre.
Elle ne répondit rien et commença à appuyer un peu partout sur mon dos pour cibler ma douleur, j’essayais de ne pas trop en faire, pour ne pas la déranger durant le spectacle qu‘elle admirait… Ce dernier lui fit relancer le sujet du couple :
- Et vous, vous vivez seul ?
- Oui.
- Ah ? Et cette alliance au doigt ?
- Ca vient de mon ex-femme, fut pris-je d‘un ton fragile… Je n’ai toujours pas trouvé le courage de l’enlever, depuis le temps.
- Vraiment ? S’attendrit-elle.
- Oui… répliquai-je avec sincérité. C’était probablement la personne que j’ai le plus aimé de toute ma vie. Elle était véritablement ma moitié… Chacun possède en lui une personne de ce genre, je pense, ou plutôt c’est elle qui nous possède… Vous n’êtes pas d’accord ?
- Oui, je crois aussi que c‘est vrai… Et ce vieil amour, où est-il maintenant ?
- Elle est parti. Il y a longtemps… Et sans même se retourner.
Elle arrêta de me toucher professionnellement, et se mit à le faire plus charnellement.
- C’est triste.
Je me mis face à elle. Je devais croiser son regard à l’oraison de ce qu’allait être ma question :
- Et vous, vous n’avez jamais eu quelqu’un de ce genre ? Quelqu’un qui sera en vous toute votre vie, peu importe quoi ?
Ses bras finirent par ouvertement m’enlacer. La distance où reposaient ses lèvres charnues des miennes était plus que déraisonnable.
- …Si. Il y a bien quelqu’un…. Il m’a sauvé la vie autrefois. Et il m’a soutenu, toujours. D’ailleurs, il me paye même mes études actuellement… Mais lui aussi, il est parti. Lui aussi, s’est détaché de moi sans pour autant me quitter vraiment. Mais… Voulez-vous que je vous dise, Stan ?
- Oui ? Demandai-je en m’approchant davantage, le baiser étant proche.
- Nous parlons trop de nos ex…
Et le baiser fut là. Long, langoureux, tendre. Quasi-parfait.
Parfait, même.
¤¤¤
- 10 janvier 2035 -
A cet instant, Nathan était plutôt satisfait du résultat de son infiltration. Certes, Marcus O’hara l’avait tantôt surpris, mais il avait su régler le problème sans encombre pour sa part…
Evans n’avait donné aucun ordre de préservation précis quant au frère de Ripple, sa mort n’allait donc pas poser de problème. C’était à quoi l’âme damnée du Docteur pensait au moment de pénétrer dans la tente de Togo N’Colent.
Personne ne s’y trouvait. Utilisant ses réflexes d’espion, Nathan fouilla brièvement dans la commode afin d’y dénicher quelques papiers, notamment les résultats médicaux de Stanley O’hara, autrement dit, de moi. Un sourire aux lèvres s’afficha sur le visage au regard sombre à la vue des fichiers. Un rapide feuilletage des dossiers confirma sa joie : l’engin nucléaire en moi avait bien été activé. Il replia alors aussitôt la chemise pour la ranger dans sa petite sacoche de voyage. Il ne transportait que ça, cette large sacoche grise… Avec sa chemise bleue marine à moitié ouverte et son pantalon terne, Nathan ressemblait plus à un randonneur qu’à un espion. C’était ce à quoi Togo pensait quand il le menaça de son Sigma, après être entré furtivement dans sa tente où il avait de loin entrevue du mouvement. Nathan resta figé quelques secondes à sa vue, la main toujours dans sa sacoche, avant d’afficher un sourire rassurant, additionné d’un rire presque amical.
- Togo N’Colent ? C’est toi ?
Le regard de mon meilleur ami restait menaçant, voire haineux. Il ne quittait pas l’intrus de sa ligne de mire.
- C’est toi qui t’es infiltré dans ma base, tas de fumier ? Qui es-tu ?
- Tu sais qui je suis… Tu dois sûrement encore avoir les cicatrices de mes balles qui t’avait atteinte, il y a dans ans et demi… Sur le poumon et l’épaule, si je ne me trompe pas ?
Togo réajusta son canon :
- C’est toi ! Fumier…
Nathan fit mine de regarder ailleurs.
- Tu l’as déjà dit ça. On m’avait dit que tu étais plus marrant…
- La ferme ! Et retire ta main de cette sacoche ! Maintenant !
- Impossible, répliqua-t-il d’un ton plus sombre.
- Et pourquoi ça ?
- Parce que je cherche mon flingue depuis tout à l’heure.
Le coup parti de la besace de Nathan avant même que sa dernière syllabe fut prononcée. Ayant cette fois-ci deviné le coup, mon meilleur ami esquiva le projectile d’un plongeon mal calculé sur le côté. La balle percuta une lampe à huile accrochée à la pointe de la tente, avant de finir sa course à l’extérieur de la base, perçant au passage la toile de l’abri précaire.
Nathan profita de l’étourdissement de Togo dû à sa chute pour fuir. Il ne devait pas rester une seconde de plus ici, sous peine d’attirer tout le monde dans ce noyau de commandement. Il souleva au pas de course la toile de l’entrée de la tente et plissa ses yeux à la vue du soleil, tout en tenant toujours son arme à la main… Arme qui ne resta pas longtemps propriété de cette dernière, suite au violent coup de barre de fer que je venais d’assener au poignet de Nathan.
- …Ripple. Grogna-t-il sans étonnement, tout en se tordant de douleur.
Avant qu’un quelconque geste de sa part fut possible, je lui assenai un second coup sur le front, le plongeant dans l’inconscience et dans le sable au sol rougi par son sang. J’avais à mes pieds l’homme responsable de mes nuits blanches. Mon bourreau intouchable qui m’apparaissait dès que je fermais les yeux… Cette incarnation même du sadisme qui fréquentait l’horreur de prêt sans même à avoir eu besoin de passer par la haine. Un autre coup de barre vint donc. Il ne bougeait pas. En suivit un autre coup. Puis un autre, et encore un autre.
- Tiens ! Et tiens sale enflure ! Prends ça ! Et ça ! Ca te fait quoi hein ? Tu fais moins le malin maintenant sale fils de…
- Ripple, arrête ! Il sait des choses ! Des choses sur toi !…
Sarah. Elle avait assisté au spectacle. Elle seule pouvait, avec Togo, ne serait-ce que soupçonner la rage qui m’envahissait, et les efforts que j’eusse dû entreprendre pour lui obéir à cet instant. Je jetai la barre de fer négligemment au sol. Togo sortit de sa tente, voyant l’intrus à terre, baignant dans une mare rougeâtre. Un regard sincère accompagna ses paroles :
- Bien joué, Ripple. On va enfin pouvoir savoir ce qu’ils t’ont fait, avec lui… On va enfin pouvoir le faire payer… ! Que proposes-tu de faire en premier lieu ?
- Essoufflé par ma récente action, je me retournai, légèrement cambré, vers mon ange gardien d’un jour :
- Sarah… Attache-le !
¤¤¤
(SUITE)
13 juin 2035
Je sortis la puce transparente de mon téléphone portable et la fit tombée maladroitement sur le comptoir vitré du magasin. Le vendeur me regardait comme un péquenot attardé et se sentait comme un Roi entouré de ses appareils téléphoniques et autres engins multifonctions.
- Comment s’appelle ce nouveau truc vous dites ? Lui demandai-je tout en remettant en boîte mon téléphone.
- Un Terminal de communication. Ils l’ont sorti pour remettre les portables multitâches à la mode. C’est le même genre mais en beaucoup plus pratique et plus instinctif… Tenez, essayez !
Il me fit glisser l’engin sur le comptoir. Il ressemblait à une cacahuète géante.
- Hum… Je ne m’y connais pas trop. Pouvez-vous insérer la puce vous-même s’il vous plaît ? J’ai peur de faire une connerie.
Un ricanement court précéda le vendeur dans son action. L’engin s’alluma en un instant.
- Il ne vous reste plus qu’à l’accrocher à votre oreille… Ce n’est pas douloureux, rassurez-vous.
- Merci, fis-je en m’exécutant. Et… Comment sa marche ?
Un soupir sortit cette fois-ci de la bouche du commerçant :
- A la voix, tout est automatique. Vous comprendre vite, vous verrez.
- … J’espère bien ! J’attends un appel, j’espère ne pas l’avoir raté. Enfin… Merci !
Faisant quelques pas dehors, je sentis déjà mon oreillette vibrer.
- Vous avez un nouveau message, fit le gadget. Appuyez pour écouter.
Je pressai le bouton, satisfait de mon récent achat, mais en même temps déçu de ne pas avoir pu répondre au téléphone à temps. Le Terminal reprit :
- Aujourd’hui, à 15h45 : « Bonjour Stan… C’est Melissa. On s’était dit que peut-être on se reverrait aujourd’hui, sans toutefois vraiment y croire, mais… Je n’ai pas arrêtée de penser à toi, après cette nuit. Et je suis persuadée que c’est réciproque… J’ai ressentie avec toi un bonheur qui ne m’avait pas emplie depuis longtemps. Donc, si tu veux aller plus loin, Monsieur l’ex-scientifique, rappelle-moi ! Je t‘embrasse. » Fin du message.
La voix informatique de la messagerie brisa le ton tendre de Melissa. Mais fort heureusement, j’avais pu profiter pleinement de tous ses doux mots. Les capacités ou caprices du gadget ne s’arrêtait pas là :
- Pour enregistrer le message sur votre Terminal, appuyez, sinon, patientez.
Je montrai un sourire malicieux, seul, dans cette rue bondée. Et je me rendis compte que, tel un adolescent, je devais conserver chaque instant de ma nouvelle histoire… On avait beau dire, il n’y avait rien de plus excitant que les choses de l’amour.
- Message enregistré.
¤¤¤
- 10 janvier 2035 -
Assis sur un des tabourets de la tente, j’attendais, bêtement. Tel un père qui attend à côté de la chambre d’hôpital le temps que sa femme accouche son marmot. Bien entendu, l’évènement en question était ici de nature bien plus macabre. La large main de Togo vint se poser sur mon épaule, il avait préféré rester avec moi et Sarah plutôt qu’avec Jean, restée en salle d’opération.
Finalement, le Docteur Robertson entra accompagné de mon ex-compagne, qui ne m’adressa qu’un semi-regard. Je pensais au début que c’était à cause de moi et de la bombe, mais c’était bel et bien à cause de Marcus.
- Comment va-t-il ? Demanda enfin Sarah.
- … Je suis désolé, annonça Robertson. Il… Votre frère est tombé dans le coma.
Plusieurs soupirs grelottants se firent entendre, accompagnés de regards biaisés. Jean éclata en sanglots sur le coup. Je m’apprêtai instinctivement à me lever pour la prendre dans mes bras, mais avant de me rendre compte de mon erreur, ce fut Sarah qui joua le rôle de consolatrice en la saisissant.
- Ca va aller, ça va aller…
- Quand pensez-vous qu’il se réveillera ? Demandai-je d’un ton ferme au docteur trapu.
- Difficile à dire, répondit-il en enlevant ses fines lunettes. Cela peut être dans deux jours, comme dans plusieurs mois… Voire années. Mais connaissant ce genre de cas, plus cela dure longtemps, moins il y a de chances qu’il ne se réveille… Une fois de plus, souffla-t-il, je suis vraiment navré.
Ce fut cette fois-ci à mon tour de verser quelques discrètes larmes. Marcus avait subi les risques du métier… Et mon frère m’était à nouveau inaccessible. Par ma faute. Je me refusai tellement de le quitter une nouvelle fois comme ça, dans un contexte de querelle futile… Il fallait que ma colère sorte.
Je me levai d’un geste sec et saisis le Sigma de Togo posé sur le téléviseur. Arme vers le sol, je me dirigeai vers la sortie, quand la main de Togo attrapa mon biceps.
- Ne fais pas le con Ripple, tu…
- C’est moi la cause de tout ça ! Le coupai-je d’un ton que je n’avais jamais osé porter sur lui.
Il me relâcha quand il vit mon regard croiser celui de Jean. Je devais faire quelque chose, pour elle comme pour moi. Et je pris la sortie dans la nuit floridienne.
Il ne me fallut que quelques pas rêches pour rejoindre l’arbre où Nathan était attaché, encerclé de solides chaînes trouvées dans le hangar Est de la base. Son œil droit ensanglanté ne lui permit pas d’appliquer toute la noirceur de son regard sur ma personne. Il avait les mêmes difficultés pour afficher une quelconque expression, suite aux hématomes que j’avais engendrés sur lui.
- …Tu as l’air énervé. Remarqua-t-il presque avec humour.
Je dégainai l’arme et la pointa sur son front :
- Tu as cinq secondes pour me dire pourquoi tu es venu ici en plantant mon frère, ou je te dégomme ce qu’il te reste de visage, Nathan.
Cette fois-ci, sa voix porta :
- Tu me fais de la peine avec tes belles menaces… Comme si tu étais capable de me tuer, toi. Tu oublies que je te connais ! Qu’IL te connait ! Je suis désarmé, enchaîné, mutilé… Non, tu n’oseras pas me tuer de sang froid, Ripple Effect, vengeance ou pas… J’en suis persuadé.
Il termina son petit discours d’un rire granuleux. Je ne devais pas céder à sa provocation, ne pas devenir une bête sauvage du même niveau que lui… Je devais me modérer pour de bon. Je rangeais le Sigma doré de Togo à mon dos, avant de lui répondre, d’un calme qui rivalisait avec le sien :
- Tu as raison sur un point, tu ne vas peut-être pas mourir ce soir. Mais tu as tort sur autre chose, tu ne me connais pas si bien que ça : Si tu vas survivre, ce n’est pas à cause d’une question de tripes, mais bien parce que j’ai encore besoin de toi, Nathan.
- … Les bonnes excuses ne manquent pas pour que tu m‘épargnes, Ripple, répliqua-t-il souriant tout en crachant une petite gerbe de sang.
- Pense ce que tu veux, sale brute, le repoussai-je à terre tel un déchet. Je n’ai pas besoin que tu me croies. Tu découvriras par toi-même un jour la noirceur de ma colère, le résultat de tes actes… Un jour, quand le moment sera venu… Ou quand tu ne nous seras plus utile.
- … Ha ! C’est ça, oui. Je verrais. Les plus belles paroles évitent toujours les vraies actes ! Mais bon, si tu le dis, disons je te crois ! Et j’attends de voir ! Hahaha !
A ce moment, c’était plus par pitié que par envie de prouver quelque chose que j’avouai mon futur plan à ce bourreau borné.
- Vos dossiers…
- Quoi ?
- Vos dossiers, à vous deux, sur vos vies… Je les ai retrouvés. Je connais tout de toi, Nathan Phillips, comme je connais tout sur ce cher Docteur Evans…
Le rire de mon prisonnier perdait en rythme mais sonnait toujours, jusqu’à qu’il s’arrête définitivement pour laisser place à la véritable expression grise qui caractérisait réellement Nathan, accompagnée évidemment de son ton encore plus terne et plus grivois.
- … Tu n’oseras pas.
Je m’accroupis pour me mettre à quelques centimètres de son regard d’où sortait enfin de la colère, pour lui chuchoter, d’un air aussi vide que l’était mon cœur :
- Collabore, et on verra.
Je me relevai, prêt à l’écouter. Ses chaînes enserrées se mirent à trembler, sa colère devenait rage, ses mots ne se trouvaient pas, et se répétaient.
- … Tu n’oseras pas !
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- 13 juin 2035, dans un appartement de Los Angeles -
- Ca me fait plaisir de te revoir !
Melissa termina sa phrase de bienvenue par un baiser des plus chaleureux, que j’intensifiai avec plaisir.
- Entre dont, ajouta-t-elle après coup.
Je fis quelques pas mous sur la moquette après avoir refermer tout aussi docilement la porte de l’appartement. Melissa partit s’affairer dans sa cuisine américaine, probablement pour ressortir un vieux vin encore trop cher pour ses gouts.
- Tu n’enlèves pas ton manteau ? Demanda-t-elle au loin.
- …Non, fis-je en tâtant la longue veste beige en question. Comment avance ta thèse ?
- Heu… Figure-toi que je l’ai terminée hier soir, enfin, grâce à ce fichu bouquin, mais…
Elle s’approcha, une bouteille à sa main droite, deux coupes dans l’autre, et reprit :
- …Pourquoi tu n’enlèves pas ton blouson ?
- Ah ? Ca… C’est à cause de mon Terminal…
Elle comprenait de moins en moins où je voulais en venir et resta figée sur place.
- Quoi ? Je… De quoi tu parles ? Tu as l’air blême, c’est bizarre…
- Mon Terminal, je l’ai acheté tout à l’heure, écoute, lui fis-je en appuyant sur le bouton du gadget que je sortis de ma poche :
- « Bonjour Stan… C’est Melissa. On s’était dit que peut-être on se reverrait aujourd’hui, sans toutefois vraiment y croire, mais… Je n’ai pas arrêtée de penser à toi, après cette nuit. Et je suis persuadée que c’est réciproque… J’ai ressentie avec toi un bonheur qui ne m’avait pas emplie depuis longtemps. Donc, si tu veux aller plus loin, Monsieur l’ex-scientifique, rappelle-moi ! Je t‘embrasse. »
Melissa n’avait toujours pas posée l’apéritif sur la table. Elle reconnaissait certes sa douce voix, mais ne comprenait pas le but de cette entente.
- …Fin du message, termina le répondeur.
- Elle a une moins belle voix que toi, souris-je. Ton message m’a inondé de plaisir Melissa. Il était sincère, tendre… Et beau !
Un semblant de sourire s’afficha sur son visage, mais elle avait peur. De moi.
Il faut dire qu’elle avait raison.
- Je l’envoi à Jebediah dès demain.
- J… Jebediah ? Bégaya-t-elle la bouche grande ouverte.
- Oui, poursuivis-je d’un ton serein, Jebediah Evans, l’homme qui t’a sauvé la vie à la fin de la guerre civil au Moyen-Orient quand tu n‘étais encore qu‘une enfant. Jebediah ton héros, qui t’a placé dans une famille d’accueil durant toute ton adolescence et qui a veillé sur toi tout ce temps… Celui qui a finit par s’éprendre de toi une fois que tu avais raisonnablement atteint l’âge adulte. Ce fameux amour qui te collera à la peau toute ta vie dont tu m’avais parlé, même si depuis longtemps son âme trop noirci ne lui a plus permis de se rapprocher de toi de nouveau. Tu ne te rappelle pas de lui ?
Melissa fit un pas en arrière.
- Mais… Pourquoi me parles-tu de lui… ? Quel rapport avec nous, Stan ?
Il semblait presque qu’elle essayait de me calmer en parlant de notre histoire. Idiotie pure sachant que notre histoire était conséquente de ma colère en premier lieu.
- Il n’y a pas de nous, Melissa. Il n’y a que moi d‘un côté, et Evans de l‘autre.
- Je ne comprends pas, paniqua-t-elle en affichant quelques larmes, qu… Qu’est-ce qu’il t’a fait ?
- Il a bousillé mon enfance en m‘utilisant comme cobaye, il a tué mon tout petit frère. Et, bien plus tard, il a tout recommencé, en mille fois pire ! Ha, c’est quand même énorme ! J’ai toujours du mal à croire que tu ne m’aies pas reconnu… Ripple Effect ! Le terroriste de la télé… ?! Enfin… Aujourd’hui, ton homme a fait de moi un être vivant uniquement pour se venger. Même mes sentiments pour toi ne peuvent pas influer ce que je dois accomplir ici, comprends-tu ? Evans a fait de moi malgré lui une sorte de programme qui n’a qu’une commande en lui : s’infiltrer au plus profond de son passé tel un virus pour le consumer petit à petit. Et au plus profond du passé d’Evans, Melissa, il y a toi. Toi qui doit partir, et partir à jamais de sa vie… Jebediah a toujours prit les hommes, et surtout moi, comme de pauvres outils à manipuler… Je vais lui montrer que cette règle s’applique aussi à ses proches… Tu es mon outil, Melissa, et je vais te manipuler pour accomplir ma vengeance !
Je sortis lentement un pistolet silencieux de mon autre poche, et le pointa vers le cœur de Melissa. Elle supplia, une dernière fois, le visage trempée de peine.
- Ne fait pas ça, Stan ! Pas toi, s’il te plaît… ! Tu n’irais pas jusqu’à tuer une personne désarmée juste pour le rendre en colère lui, si ?!
Ce fut à mon tour de faire apparaître quelques larmes.
- Si tu connais bien Jebediah, tu connais bien sa noirceur Melissa, et si c’est le cas, tu sais jusqu’où peut aller ma rage de riposte contre lui. Adieu… Madame la scientifique.
Deux balles partirent en plein tronc de la femme mûre. La bouteille et les deux coupes qu’elle tenait se brisèrent au sol seulement quelques secondes avant la chute de ma victime. Elle mourut sur le coup.
Je fis quelques pas pour admirer une dernière fois son visage déformé, et pris une capture d’écran de sa dépouille à l’aide de mon nouveau Terminal. Un autre cadeau pour Evans. Puis, je sortis mon calepin de ma longue veste beige, afin d’y rayer au marqueur rouge le nom de Melissa Harrison, la deuxième sur cinq de ma liste. Peu après avoir rebouché mon feutre avec le couvercle que je tenais à ma bouche, je ramassai la douille décisive avant de prendre le large, mon manteau ajusté, tout en refermant la porte de l’appartement de la même manière que j’avais appliquée à l’entrée.
D’une manière douce, et calme.
¤¤¤
(FIN)
- 10 janvier 2035, Floride -
- … Alors, dis-moi, où est Evans ?
- Je ne sais pas.
- Tu veux rivaliser tes méthodes avec celles de Togo peut-être ? Tu as de belles mains, ce serait dommage de les perdre.
Le ton de Nathan grimpa :
- Je n’ai aucune envie de me laisser torturer… Et toi, tu n’as pas besoin de savoir où il se trouve… C’est lui qui te trouvera.
- Ah oui ? Et quand ça ?
- Bientôt, Ripple. Très bientôt…
Je soupirai discrètement, lassé par son arrogance intrigante. Ils avaient prévu quelque chose contre moi, tous les deux. Ou plutôt, U-155 avait prévu quelque chose pour moi à travers ces deux êtres abjects.
- Si tu veux te la jouer un tant soit peu coopératif, alors, dis-moi, quels sont les projets de ton patron ?
Uniquement son regard réagit durant sa réponse. Son corps lui resta immobile, toujours collé de force au chêne.
- Actuellement, il doit sûrement être en train de tester son nouveau joujou, j’imagine… Merci à toi pour cela d’ailleurs.
Mes yeux grossirent :
- Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?!
- …Que ta bombe atomique dans le bide n’est pas la seule chose que le Docteur Evans t’as fait…
Un nouveau rire parvint à sortir de sa bouche ensanglantée. Plus morbide cette fois. Un rire de vainqueur.
Je m’apprêtai à l’assommer de nouveau pour le calmer et recommencer mon questionnaire, mais la voix lointaine de Togo m’arrêta dans mon action.
- Ripple ! Vite ! Il faut que tu viennes voir ça !
- … Je n’en ai pas fini avec toi, annonçai-je à Nathan, frustré.
Et je pris la route vers la tente de Togo, alors que lui riait toujours. En entrant, je les vis tous en train de regarder CNN sur son poste trop ancien.
- Tu ne vas pas me croire, fit mon meilleur ami. C’est du direct.
Une voix-off rythmait un documentaire qui passait.
- « Nouvelle apparition du terrorisme au Chili, prêt de San Tiago. Ripple Effect, ancien terroriste affilié à Saladin, responsable de la destruction de la base de Haute-Technicité ‘Fox-Hound’ et ayant disparu de la circulation depuis plusieurs années déjà, aurait attaqué tôt ce matin avec un nombre d’hommes indéterminé un night-club à la mode appartenant à un consortium de banques, le ’Ready Steady Go’. Il tiendrait plusieurs otages depuis déjà plusieurs heures. Nous pouvons l’apercevoir grâce à ses images filmées depuis l’extérieur de la discothèque il y a quelques instants. »
Une vidéo de mauvaise qualité passa alors à l‘écran, et je me vis, moi, en train de tirer dans le dos d’un homme qui tentait de fuir. Sans pitié. Son expression, ou plutôt MON expression, semblait vide. Autant ne pas dire à quel point la sensation de schizophrénie que j’éprouvais peu après ma surprise n’était pas des moindres…
- … Nom de dieu, se demanda Robertson. C’est impossible ! C’est scientifiquement impossible !
- Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! Demanda Jean encore en persistants de Nathan au loin non plus. Ce salaud savait cela depuis le début.
Mais tout ce que je savais moi, et qui me tenais à cœur à cet instant précis, c’était Evans était au Chili, et que j’avais bien l’attention de m’y rendre.
- MGHS -
Et juste pour dire, j'ai rajouté une section commentaires au bas des articles !
http://metalgear.hundredshots.com/articles/presentation.php#comm
Faites pas trop les cons avec ! xD
Jolie synchro.
Bon, je lirais ça en rentrant ce soir moi... ![]()
Arf, toujours bon les Garçons
J'aime beaucoup
Et j'ai aussi le BAC a la fin de l'Année... Faut que je me tate un peu quand meme ![]()
Je critique le texte au fur et à mesure.
"Moi qui pensait qu’il me connaissait mieux que cela, après tout ce temps qu’il avait dépensé à me torturer, il n‘en était rien… C’était sûrement pour cela que ce n’était qu’un bourreau, après tout."
C'est dingue j'ai vu ça en cours de psycho l'autre jour. Le bourreau se doit de poser des limites avec ses victimes, effectivement, s'il commence à avoir de l'empathie et les considère comme des gens "réels", il sera fortement troublé... voire ne pourra pas plus agir sur eux.
Ce nom, Melissa... un truc de fou!
A la base c'est le nom de la soeur de Locke dans la Chronique n°2... Et à la base, son mari devait s'appeler Kenneth! Vous faites vraiment tous chier!!!! xD
"J’étais réellement heureux à cet instant, car il restait, malgré tout, un instant vrai."
Si on créé une section "quotes" dans le site, je veux celle-ci dans la section Ripple.
Le coup de la chemise est sympa aussi.^^ Enfin une scène vraiment love dans MGHS, ça fait un moment que j'attendais ça (vous allez me dire j'avais qu'à la faire... bah non.^^).
Le coup du flingue dans la sacoche est vraiment excellent aussi.
Le coup de "je le massacre à la barre de fer qui normalement peut tuer en un coup mais là il est juste dans les vappes", un peu plus moyen. Mais ça passe.
De manière générale, la forme de tes textes s'améliore vraiment je trouve. Le style est plus varié, plus riche, les verbes mieux maîtrisés.
La psychologie des personnages est aussi plus creusée dans cette partie de la vie de Ripple.
Scénaristiquement, ce mélange Kill Bill (références très prononcées^^) et quelque chose de Hitman surprend quand même. Ripple se mettant à passer du côté obscur... Hâte de connaître la suite.
Sinon vous avez vu ça:
https://www.jeuxvideo.com/affpic.htm?imd/m/MGS5_BigB.jpg
C'est pas près de s'arrêter de sitôt.^^
Pour l'article fait attention y'a une faute de ponctuation dans le 2e paragraphe avec un "-" d'ouverture mais aucun de fermeture, et une faute de conjugaison à anime (animent en fait). Voilà je veux pas relever toutes les fautes d'orth mais sur un site officiel de forum d'écriture ça le fait moyen.^^
Merci Thunder ! Pour ma défense, c'est toi qui avait écrit cet article il y a longtemps donc bon !
J'ai corrigé et épurer la phrase aussi.
Merci aussi pour la critique sinon !!!!
(Merci à Kinroi/Lyroc aussi pour son compliment
) Ca fait vachement plaisir, en relisant le texte, je me disais que c'était pour moi le meilleur de cette saga pour le moment, je pense vraiment avoir réussi à bien marier le côté scénar et le côté personnages en liant ses deux moments. Personnellement satisfait donc ! ![]()
Tu as capté le ptit clin d'oeil a Kill Bill, classique
Il était pour toi celui-là ! (Bon y a le Ready Steady Go aussi xD).
Pour la barre de fer (au passage à un moment j'avais écrit "faire" en écrivant, comme dans le fameux sketch xD, heureusement corrigé depuis
) Je voulais mettre sa sur la résistance impressionante de Nathan, mais je ne l'ai pas assez signalé c'est vrai, ptet au prochain texte !
Pour le nom de Melissa, c'est vrai je m'en souviens en plus, je crois même que j'ai encore son nom sur mon manifeste des persos ! xD Le pire c'est qu'au début je l'avais appelée Melinda.
Sinon pour le côté sombre de Ripple, rappelle-toi, je te l'avais promis après avoir commenté le chapitre 4 ! C'est chose due maintenant ! ![]()
Niveau clin d'oeil j'ai fait aussi un ptit lien avec Lost, à Kenneth de trouver puisque tu l'as pas vu !^^ (ou pas signalé)
Voilà, j'aurais aimé une réaction sur le coup de théâtre aussi mais bon, pas grave. A noter que le prochain coup du théâtre du chapitre 6 sera le plus puissant jusqu'à maintenant. (Du genre "
Fuck !!")
Sinon la capture
Mais euh c'est BB ?
Au passage, sur sa casquette, y a marqué "Militaires sans frontières", intrigant...
Sinon on a vu Raiden en re-ninja aussi, ils pensent a un MGS 4 ++
Ah merde...
Je viens de me rendre compte que trois lignes ont sauté sur la fin, aussi il faut lire :
Fin dernier texte
"- Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! Demanda Jean encore les larmes aux yeux. Qui peut bien être cet homme ?
Togo me regarda d’un air enserré, attendant ma réponse… Je ne savais que dire.
Mais ceci ne me perturba pas plus que ça dans mes buts, ni cela, ni les rires encore persistants de Nathan au loin non plus. Ce salaud savait cela depuis le début.
Mais tout ce que je savais moi, et qui me tenais à cœur à cet instant précis, c’était Evans était au Chili, et que j’avais bien l’attention de m’y rendre."
- MGHS -
![]()
ZUT !
Enlevez le "ni cela, ni" qui n'a rien à faire là.
(Perfectionniste jusqu'au bout). ![]()
Je commenterai plus en détail un peu plus tard, mais au niveau du clin d'oeil à Lost heu...
Les scènes avec Melissa me font penser à l'épisode "The Economist", avec Sayid.
C'est ça ?
Sinon je sens bien un MGS Portable Ops II pour le lien de Thunder. ![]()
Ouais pas bête, du style, comment BB a fondé Outer Heaven dans les années 80-90, etc...
Mais le problème reste le ninja-raiden dans l'autre photo
(voir la news).
Bon mon comm now ! ![]()