Ouais c'est super...
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Ryan Locke
La nuit est plutôt calme, les étoiles brillent dans le ciel clair. On peut encore bien voir le sol, à l'exception de quelques moments où de fins nuages laissent traîner leur large ombre sur les landes. La forêt, elle, est bien plus sombre et inquiétante. Plus aucun animal ne chante, et les brindilles craquant sous mes pieds rendent mes pas audibles à des dizaines de mètres à la ronde. Mon équipement se résume à mes habits et mon Sig, que ma main tient fermement. Étrangement, aucune peur ne me soutient, mais une certaine curiosité. Je sens que je m'approche de mon but.
Je tourne rapidement la tête: un craquement rapide de branches sur ma gauche ainsi qu'une ombre véloce semblent ne narguer. Je continue à avancer, baisse la tête sous les branches. Les craquements s'élargissent à mon dos puis passent sur ma droite et continuent à avancer. Cherche-t-on à me faire peur, ou à me guider? J'y arrive.
La petite clairière n'a pas changé: les hautes herbes m'arrivent toujours au niveau des genoux, et l'arbre y trône toujours, au milieu. Je range mon arme, et m'approche. Derrière moi, les herbes s'abaissent à toute vitesse. Je dégaine et me retourne, mais il n'y a rien. À peine ai-je le temps d'hurler que l'ombre m'attire contre l'arbre et n'y attire mes entrailles qui s'échappent de mon corps en un tourbillon crasseux de tripes bouillies.
Je crie, et plaque le canon du Glock sur le crâne du perturbateur.
-NON, tirez pas!
Je cligne lentement des yeux, baisse le chien de l'arme.
-Nom de Dieu, Kimberley, t'as envie de mourir?
-Vous sembliez agité... Vous bougiez dans votre sommeil.
-C'est rien, juste un mauvais rêve...
Je me relève et me frottant les yeux et regarde ma montre.
-On a déjà vingt minutes de retard, les gars! Et personne ne m'a réveillé!
Les groupes se rapprochent et se mettent en demi-cercle devant moi. Leurs têtes baissées. Kimberley me regarde étrangement. J'ai honte d'avoir l'impression de m'être livré à cette jeune recrue sans le vouloir. J'espère n'avoir pas parlé dans mon sommeil.
-On va discuter d'une tactique d'approche. Quelqu'un a une idée?
Quelques soldats se réveillent et m'expliquent leurs points de vue. Au-dehors, la pluie tombe toujours drument. Je le leur fait remarquer, et leur dit d'en prendre note. La pluie permettra de camoufler l'avancement dans la forêt sans rien entendre, et de cacher certaines sorties. Je sors un plan de la base à prendre d'assaut.
-L'équipe Fast Lane contournera la base pour surveiller le point d'extraction... ici. (Je le pointe du doigt sur la carte) Si quoi que ce soit tourne mal, vous vous occuperez de faire le ménage. L'équipe Desperado fera la même chose au point d'infiltration qui se trouvera ici... Il faudra aussi faire diversion pour que les gardes dans les tours soient moins concentrés... On mettra ça au point avec l'équipe Wasted Time. J'ai choisi deux hommes qui rentreront dans la base et auront comme mission de s'infiltrer pour mettre en place deux micros dans les points stratégiques prédéfinis et placer des explosifs sur les véhicules. Ce seront Kimberley et Karlsson, que j'informerai après. Si on n'a pas de communication toutes les cinq minutes, vous êtes considérés comme ayant été neutralisés par l'ennemi, et selon la situation... on foutra le camp.
Je regarde Kimberley. Bien que ce soit un entraînement, il semble comprendre pleinement l'enjeu de la situation. Je continue de leur expliquer le plan et son organisation, et nous sommes tous prêts. Les recrues vérifient une dernière fois leurs armes.
-Vous vous infiltrerez avant l'aube. On part dans cinq minutes.
Je m'éloigne et pars derrière un pan de mur, me mets la tête dans les mains. Ce sont de bons hommes, mais j'ai l'impression de faire un travail futile, de remplir de manière concrète les blancs dans les rapports traitant du nombre d'hommes à sacrifier au profit des vrais agents. Naked me maîtrise pas aussi bien la situation que le faisait autrefois le Général de Fox-Hound. C'est un homme d'action et pas de paperasse, et bien que Wiles lui soit d'une grande aide, il ne semble pas tout maîtriser. Si un jour ces types tombent lors d'une opération, je ne sais pas si j'aurais le courage de les aider à se relever ou à continuer l'objectif qui me sera donné. Tiraillé avant même d'avoir à y penser... Je me fais du mauvais sang pour rien, comme Hornet pourrait me dire.
- MGHS -