Bon, un petit cadeau avant mon départ demain matin. La transition FoxDown - Chroniques est terminée pour moi, j´susi fin prêt pour mes chroniques
Enjoy
Entrevue.
Saladin voulait apparemment organiser une sorte de débriefing. Je savais qu’il voudrait aussi me demander où j’étais passé, après la scène de la cantine. Tout ce que j’espérais, c’est qu’il ne m’en voulait pas de ne pas l’avoir cherché plus… Mais le plus étonnant, c’était l’attention qu’il nous portait. Ca c’est sur, je n’étais plus chez les Marines. Là-bas, on aurait pu sauver dix fois la vie d’un chef d’état-major et de toute sa famille, c’est à peine si on aurait eu le droit à un merci et une poignée de main. Mais bon, peut-être que je me faisais des idées, et que Saladin n’en avait rien à foutre de nos personnes… Après tout, il a tant de soldats. Rien que le fait qu’il demande à nous voir en personne m’avait surpris. Je sortis de mes pensées, et observais mes partenaires. Ils ne semblaient pas étonnés de cette entrevue, comme s’ils en savaient déjà le but. Mais ce n’était pas la peine de leur demander, nous étions déjà devant son bureau. A bien y réfléchir, cela me semblait invraisemblable qu’un tel combattant, général ou pas, possède un bureau. Pour moi, il était l’opposé, l’antithèse même d’un chef d’état major.
Enfin… vu la taille de cette base, il ne devait pas rester souvent dans cette pièce.
La base était ultra sécurisée, un garde se trouvait donc logiquement devait la porte. Sans même nous demander notre identité, il nous laissa passer. Vraisemblablement, nous étions attendus. Nous entrâmes dans une grande pièce, très éclairée, très épurée. A peu de choses près, cela aurait pu ressembler à la salle de repos que nous venions de quitter. Près d’une fenêtre, deux canapés et un fauteuil trônaient. Le général s’assit et nous fit signe de faire de même. Il prit tout de suite la parole :
- Bon, je vois que vous êtes tous là.
Claire semblait vraiment mal à l’aise. Elle osait à peine lever les yeux vers Saladin. Celui-ci, imperturbable, continua :
- L’une des principales raisons pour laquelle je vous ai fait venir, est que j’aimerais savoir ce qu’il s’est passé entre le moment où je suis retourné dans l’enceinte de Fox avec Alex, et le moment où nous l’avons récupéré en hélicoptère. Je sais que tu viens de sortir du quartier médical, Alex, donc j’imagine que tu n’as pas eu le temps de raconter les détails…
Certaines choses étaient encore floues, et l’idée de devoir me remémorer tous ces évènements ne m’enchantait guère. Néanmoins, il le fallait. Je pris donc une profonde respiration, et commençai mon récit.
Quelques minutes plus tard.
Cela avait été plus facile que prévu. Les mots étaient sortis tous seuls, et tout était clair à présent. Ils étaient tous, y compris Saladin, pendus à mes lèvres. Je me demandais même s’ils me croyaient, surtout concernant la scène de l’ascenseur… Mais au moment où je vins à terminer mon récit, Claire me demanda, sans même attendre une éventuelle observation du général :
- Tu dis que cet homme, Scamp, et ton père, étaient censés être morts ?
- Oui. Lui répondis-je simplement.
- C’est quoi cette histoire de test, d’élu ? demanda Milla.
- Je crois que… commença Claire.
Elle sortir un PDA de sa poche, et commença à griffonner dessus avec le stylet.
- Est-ce que… Scamp ressemble à ça ?
Elle tourna l’appareil vers moi. Elle y avait dessiné un visage, assez grossièrement, mais les traits de mon ex-partenaire étaient bien là. Abasourdi, je lui répondis :
- Oui, c’est lui ! Comment tu… ?
- J’ai bien peur que ce ne soit pas du tout ce que tu pensais… annonça-t-elle d’une voix lente.
- Et bien vas-y, raconte, qu’est ce que tu sais ? lui demandai-je impatient.
Pendant ce temps, Saladin écoutait d’une oreille attentive.
- Le jour de l’attaque de FoxHound, j’ai été une des premières à arriver sur le terrain. Ma mission était de me connecter aux ordinateurs de Fox, d’en sortir les plans et de les redistribuer à toutes les équipes. Mais, alors que je passais d’une salle informatique à une autre, j’ai entendu un groupe armé qui discutait. C’était des Patriotes. L’un des types a ouvert une sorte de malle, et dedans il y avait un prototype de leurs nouvelles combinaisons de camouflage. J’en avais déjà entendu parler, l’utilité est de devenir totalement quelqu’un d’autre. Un appareil modifie la voix, moule un masque qui épouse parfaitement la forme du visage, permettant au soldat qui se situe en dessous, de devenir totalement quelqu’un d’autre. J’ai vu l’un des hommes s’en servir, et le masque qu’il a mis avait exactement cette tête. Mais surtout, il y avait deux mallettes. Donc, deux visages. Et je crois bien qu’il s’agit de Scott Dolph, et de Scamp. En gros, ils testaient juste un nouveau prototype, et le coup du magnéto ne devait certainement servir qu’à donner une raison à tout cela… Vu la réaction que tu as eu, j’imagine qu’ils vont produire cette technologie en série maintenant…
J’étais ébahi. Ainsi donc, je n’avais été qu’un cobaye, on avait juste… testé un produit sur moi ? Je n’étais donc toujours qu’un objet…
Saladin, qui semblait aussi surpris que moi, repris la parole, abordant un nouveau sujet :
- Ecoute, Alex… après ce qu’il s’est passé là-bas, j’ai pu juger de la qualité de votre petite équipe. Et j’ai justement besoin d’une unité d’élite, en qui avoir confiance. Tous les autres ici ont déjà accepté, Claire y compris. Pour joindre cette nouvelle unité, baptisée Chrysler Unit, il te suffit de signer ce papier.
Il me présenta une feuille de papier, qui présentait en gros le genre de missions qu’il allait falloir accomplir, et toutes sortes de conneries dans ce genre. J’ai jamais aimé la paperasse. Au bas de la feuille, quatre signatures. Et les quatre noms de code, inchangés. Milla, Jay, Kyle, Claire.
- Je veux bien en être… uniquement si ma fille n’en est pas. Dis-je.
- J’ai déjà été assez inutile comme ça. L’ordinateur que j’ai ramené n’aura servi à rien, s’énerva Claire, et j’ai une dette envers ceux qui m’ont sorti de chez les Patriotes. De plus, j’ai vraiment un entraînement de pro, et niveau électronique, je suis capable de choses qui pourraient bien vous surprendre… Je veux y être… Je n’ai plus de famille, je n’ai que toi, et je veux être près de toi. Même si c’est en plein champ de bataille, je m’en tape.
Je ne dis rien. Vu sa détermination, je ne pourrais pas lui faire changer d’avis. J’approchai la feuille de papier, et signai. Puis j’inscrivis mon nom de code. Je commençai à écrire un A, puis me ravisai. Alex est mort au champ de bataille. Il me faut un nouveau nom, un nouveau départ. Ou un ancien ? K-e-n-n-e-t-h.
Je repoussai la feuille, et tout de suite, Kyle me demanda :
- Kenneth ? On ne t’appelle plus Alex ?
- Non… Alex est mort, lui répondis-je, et puis, à présent que j’ai vengé ma famille, et à présent que Claire est là, je compte reprendre ma véritable identité. A ma naissance, mon père m’a appelé Kenneth Dolph. Seulement, pour des raisons que j’ignore plus ou moins, j’ai du changer d’identité. Et j’ai pris le nom de Kevin Jackson. Alex n’était qu’un surnom.
- Très bien. Alors, la Chrysler Unit est au comp…
Une explosion se fit alors entendre. Puis une autre. Saladin en premier, et nous sur ses talons, sortîmes de la pièce. Du couloir vitré où nous nous trouvions, nous avions une vue quasi parfaite sur une bonne partie de la base. Deux hélicos étaient en stationnement, et apparemment, la sécurité avait été désactivée. Des coups de feu se faisaient entendre, alors qu’un des hélicos se posait. Soudain, le deuxième se dirigea vers nous. Il ne repartait pas, non, il nous attaquait. Nous eûmes tout juste le temps de nous jeter au sol, qu’une salve de mitraillette faisait voler en éclat les vitres du couloir. L’hélicoptère passa au dessus de nos têtes, puis fit demi-tour, afin de se remettre face à nous. Je sortis un flingue de ma ceinture, car j’avais pris l’habitude d’en avoir toujours un sur moi, et fis feu sur le cockpit. Blindé. L’appareil lança un missile, et j’eus tout juste le temps de sauter de l’autre coté du couloir, alors que celui-ci était littéralement coupé en deux. Entre-temps, Saladin avait sorti un M-17, fusil mitrailleur successeur du M-16, de son bureau. Il commença à tirer sur l’hélicoptère qui revenait encore, sans résultat. Il donna alors l’arme à Jay, alors qu’il replongeait dans la pièce. Celui-ci vida plusieurs chargeurs sur la machine, qui amorçait un nouveau 180°. Apparemment, elle ne devait pas être si invulnérable que ça, car les pilotes descendirent afin d’éviter les balles. Jay s’exprima alors :
- Putain, les enfoirés ! J’ai un angle mort, pas moyen de les avoir… Et merde !
Je sortis le chargeur de mon Socom. Plus de balles. Milla me jeta alors, pas dessus le trou béant qui s’ouvrait entre nous, sa propre arme. Un petit 9mm, banal. Je le réceptionnai, et regardai une dernière fois la position de l’hélico.
J’hurlais alors à Jay :
- Arrose-le, tire au dessus de lui ! Il faut absolument qu’il reste dans cette position !
Sans répondre, il mit son fusil à l’épaule, et appuya sur la détente. Les douilles sortaient de l’arme pour se jeter instantanément par la fenêtre, retombant plusieurs étages plus bas. Après quelques secondes de mitraillage en règle, je pris une profonde inspiration, me relevai et armai le pistolet.
- Sayonara, bande de cons !
Une balle, deux balles, trois balles. Puis tout le chargeur. Mais je ne tirai pas sur l’hélico. Je tirai sur les réservoirs de propane qui se trouvaient quelques mètres en dessous. L’explosion, fulgurante, me projeta à terre, alors que l’appareil était pris dans la colonne de flammes. Il resta en l’air quelques secondes, puis s’écrasa comme une vulgaire mouche, entre deux bâtiments. Alors qu’il continuait d’exploser, au sol, je vis l’autre hélicoptère décoller, sans encombre, et repartir au loin. Puis je tournai la tête, vers mes coéquipiers, et je vis Saladin revenir avec un lance-roquettes, provenant sûrement d’un petit dépôt d’arme pas loin de son bureau. Je ne pus m’empêcher de sourire. Je criai au reste de mon unité qu’ils devaient me retrouver à la salle de repos. Quelques minutes après, nous y étions, réunis. L’un des hommes qui se trouvait là, affirmait que des hommes dans l’hélico étaient descendus. Trois personnes. Quand ils sont remontés, ils étaient quatre. Pas besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre qu’un des hommes de la base était parti avec eux. Je demandai au type qui avait été témoin de la scène :
- Tu crois qu’ils ont capturé l’un des nôtres ?
- Non, me répondit-il, l’air grave, l’homme avait l’air d’agir de son plein gré. Il faut attendre confirmation, mais c’est presque sûr à présent. C’était une taupe. Et l´hélico que vous avez descendu ne servait qu´à occuper Saladin...
- What the hell …