Pour Linda, c´est bon, je suis con, je t´avais posé exactement la même question quand j´ai lu ton texte ^^
Ma mémoire me joue encore des tours, comme d´hab ![]()
I´m in a chocolate candy !
Après cette entrée en scène digne d´un alcoolique narcoléptique drogué au Kinder Surprise par frais, j´annonça que j´ai fini mes examens.
Bon, on pourrait croire que c´est une bonne nouvelle par rapport à MTS. Mais en fait non !
Déjà, je part en Auvergne la semaine prochaine (me demandez pas pourquoi j´y vais, j´y suis traîné). Ensuite, je vais peut-être partir à New-York début juillet, mais ça on a le temps.
En tout cas, pour l´instant je suis là et c´est ce qui compte. Si si, je vous assure, je suis vraiment là.
Sinon, mon texte Flash-Back arrive demain ou dans une heure (pas trop tôt diront certains ¬_¬).
See you soon on MTS !
PS : HEEEEEEEEEEROOOOOOOOOOOOOES FOOOOOOOREEEEEVEEEER !
PS 2 : ADRIAN PASDAR ROCKS !
PS 3 : MILO TOO !
On va battre un record là si ça continue...
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A moi l´honneur
Lieutenant Dolph Jackson – A conflict of generations
Un monte-charge qui suit une route macabre vers les profondeurs de l’enfer. Tu. Une chambre froide sombre qui sent la mort. Pensais. Ocelot qui me tire une balle. Vraiment. Notre arrivée en hélicoptère. Pouvoir. Ce groupe d’hommes tous aussi tourmentés les uns que les autres que j’ai croisés. Me. Le bruit de la détonation qui achève Ocelot. Battre. Un visage, celui de Scott Dolph. Puis un dernier éclair blanc, et j’ouvris les yeux. Je fus aveuglé par l’éclat du soleil levant, juste à l’horizon. J’étais à terre, à moitié affalé sur la portière d’une jeep. La fatigue qui s’était accumulée durant cette nuit avait sûrement fini par me faire perdre connaissance. Je ne devais pas être là depuis longtemps, du moins je l’espérais. Heureusement, je n’avais fait durant mon court coma aucune mauvaise rencontre. Mais plus de temps à perdre. Reprenant mes esprits, m’appuyant sur le sol poussiéreux, je me levai péniblement. J’entrai dans la jeep, et mis le contact. Le vent frais qui flirtait avec le sol et les arbres me rafraîchissait, et me tenait éveillé. J’appuyai sur l’accélérateur, et m’enfonçai dans la forêt qui jouxtait FoxHound. Zigzaguant entre les chênes et autres platanes, je tentai de retrouver la clairière où se tenait le point de rassemblement. Après une quinzaine de minutes d’errance, je trouvai enfin le lieu-dit. Oubliant toute prudence, je freinai en plein milieu de la clairière. Elle était déserte. Pas d’hommes, pas d’hélicos, pas de bruit. J’étais totalement seul. J’avais, regardant dans tous les sens, murmurant des « Non…Non… Putain… ». Complètement perdu et abandonné. Je songeai alors à ces hommes que j’avais quitté quelque temps plus tôt, et plus particulièrement à ce Locke. Je pouvais essayer d’aller les rejoindre, puis de retourner avec Saladin. Cela ne coûtait rien d’essayer après tout… Je me retournai vers ma jeep, mais un homme se trouvait devant. Il portait une cagoule, qui masquait complètement son visage. Les bras croisés, l’air assuré, il était à moitié assis sur le capot. J’avançai vers lui, sans dégainer. Quand j’arrivai à environ 5 mètres de lui, il prit la parole, d’une voix forte, sans émotion :
- Alors nous y voila, Alex… dit-il, ou devrait-je dire, lieutenant Dolph ‘Jackson’ ? Tu es sorti vivant de l’enfer incarné que constituait cette mission, la chute de FoxHound. Vu ton état, je dirai que tu es passé par un nombre impressionnant d’épreuves… Tu es fatigué. Fatigué mais vivant. Courage, little boy, tu as presque fini. Comme Jason, tu as accompli ton périple, il ne te manque plus que de t’emparer de la toison d’or. C’est comme un jeu… En quelque sorte, je suis l’ultime épreuve, le boss final. Tu as triomphé de tous les soldats que tu as affronté jusqu’ici, mais tu n’as utilisé dans ce combat que ton cerveau et tes armes. Pour ce combat… tu vas avoir grandement besoin de ton cœur. Le combat sera intérieur, me tuer ou me laisser vivre ? Ton cœur ou ton cerveau ? Un affrontement en seul à seul. Personne ne sait où nous sommes, aucun coup en traître. J’imagine que, de tous les Patriotes que tu as interrogés, ou espionnés, tu as du connaître le fin mot de l’histoire de la Big Shell. Le Snake s’est occupé d’Ocelot, et le héros terrasse un dernier ennemi avant de retrouver la fille. Dans ce combat, tu es Raiden, et je suis Solidus. Tu n’as nulle part où aller. Sois fier de l’affrontement qui va suivre, car il est digne du légendaire Big Boss…
Il enleva sa cagoule. A la vue de son visage, je faiblis. Ma jambe se déroba et posa genou à terre. Un imposant homme, de couleur noire. Impossible… Il aurait du avoir la soixantaine au moins. Et pourtant, il faisait à peine quarante ans. Mais c’était bien lui… Je reconnaissais ses traits. Les miens. Je poussai un souffle :
- S… Scott Dolph ? C’est… toi ?
- Je vois que tu m’as reconnu, fils.
- Mais tu es mort ! m’exclamai-je.
- Apparemment non. Je suis là, devant toi, vivant. Devenu un Patriote, ceux que tu combats assidûment. J’ai survécu à la tragédie du tanker, et on m’a ouvert les yeux sur ce qu’était réellement le monde. Dès lors, j’ai combattu, à leur coté. Et puis, il y a quelques années, les images d’un fou qui semait la pagaille dans New York faisaient la une des journaux télévisés. Les caméras de surveillance avaient pris une photo du chauffard. J’avais eu une vive réaction à la vue de ton visage, et ils m’ont drogué pour savoir ce qu’il en retournait. J’ai craché le morceau, avoué qui tu étais. Dès lors, ils eurent l’idée d’un plan. Une sorte de troisième plan S3, amélioré. Plus question de reproduire Shadow Moses, non… Il était juste question de te faire subir d’innombrables combats et autres épreuves, afin de te forger au combat, avant le combat final d’aujourd’hui. Mais hélas, deux choses ne se sont pas passées comme prévu. Tout d’abord, le plan voulait que ce soit toi, et toi seul, qui tue Ocelot. Descendre son pire ennemi, c’était l’avant-dernière épreuve. Avant l’apothéose. Le deuxième élément perturbateur fut les liens que tu as tissés avec ton équipe, et les retrouvailles avec ta fille. Nous voulions que tu sois seul. Mais quoi qu’il en soit, le plan reste opérationnel. Tu vas devoir affronter ton propre père. Tu me tues, ou tu meurs, pas de troisième solution. Dans le premier cas, nous saurons dès lors que tu es prêt. Ces derniers temps, nous avons créé un nombre impressionnant de soldats nouvelle génération. Mais l’expérience virtuelle que l’on leur donnai n’en valait jamais une réelle. Ces soldats sont devenus trop communs, trop influençables, trop prévisibles. Il fallait revenir aux sources, à une sélection draconienne, pour le bien de la société. Un unique vainqueur, qui aura prouvé son immense habileté au combat, son absence de faiblesse. Si tu gagnes, tu continueras à être manipulé. Nous ne ferons pas de toi un Patriote, car tout conditionnement, tout lavage de cerveau gâcherait le travail. Mais dis-toi bien, que nous pouvons te faire faire ce que nous voulons, quand nous le voulons. Si tu meurs, c’est que tu n’étais pas celui que nous cherchions. Si ce n’est toi, cela sera un autre…
- Que je combatte ou non… soufflai-je, j’ai d’ores et déjà perdu.
- C’est un peu ça.
- Un peu seulement ? questionnai-je.
- Si tu trouves la force de me tuer, tu reverras ta fille. Mais sache une chose. Tu ne sera digne d’être l’élu que si tu te bats jusqu’au bout. Alors ne compte pas sur moi pour t’épargner, fils. As-tu fait ton choix ? Vas-tu me combattre, ou me laisser te tuer… Assez de réflexions. Fais ton choix ! conclut-il.
Il sortit une arme de sa ceinture, et la pointa vers moi. Je courus sur le côté, afin de me réfugier à couvert des arbres. Une fois à l’abri, je sortis mon Socom. Il avait reculé, et se trouvait à présent de l’autre coté de la clairière, caché par le feuillage. Une balle semblant sortir de nulle part ricocha sur le tronc qui me faisait face. Je m’enfonçai encore un peu plus dans l’immense océan de bois, essayant de l’apercevoir. Même si je savais que c’était dangereux, qu’il me localiserait, je lui criai :
- Arrête ! J’ai réussi à dissiper le conditionnement de Claire, je peux dissiper le tien ! Je n’ai pas envie de te descendre, montre-toi !
J’attendais une réponse… j’en eus une. Une balle s’écrasa à quelques centimètres de mon oreille, projetant quelques copeaux de bois dans l’air frais. Je vis une silhouette à quelques mètres, et fit feu au niveau de ses jambes. Je ne pouvais pas descendre froidement mon propre père… Il était reparti dans l’autre sens… La clairière possédait une entrée assez large, on ne pouvait donc pas en faire le tour. En le suivant, j’arriverai à le coincer. Je me mis à courir le plus silencieusement possible, à sa poursuite. J’arrivai à un point où la forêt était moins dense. On pouvait apercevoir le ciel et ses lueurs rougeâtres du matin. Quelques rayons pénétraient l’intense feuillage, mais seul un se reflétait. Le canon du flingue de Scott était pointé vers moi, dépassant d’un arbre. Je me couchai à terre, à l’abri derrière un large platane. Heureusement, il ne semblait être armé que d’une simple arme de poing, tout comme moi. S’il avait eu des grenades, sans doute serais-je déjà mort.
Le combat était donc parfaitement égal. Sur tous les points. Je tirais une balle, il tirait une balle… A croire que l’on était plus frères que parents. Malgré son égalité, le combat était lent. Nous ne bougions plus de derrière notre refuge boisé, sortions le canon du fusil pour tirer quelques balles, avant de nous cacher à nouveau. Mais à force de tirer à l’aveuglette, on finit par faire mouche… mais pas sur la bonne cible. Scott tira une balle qui fusa entre les arbres, pour aller se ficher dans les caisses de munitions stockées à l’arrière de la jeep. La détonation fut immédiate, et le véhicule fit une embardée pour atterrir entre deux arbres. Les flammes montaient assez haut, et le feuillage ne tarda pas à s’embraser. Nous continuons à nous battre dans cette configuration pendant quelques minutes, chargeurs vides et douilles se mêlaient aux feuilles mortes sur le sol. Les flammes s’étaient rapprochées, et commençaient à nous chatouiller dangereusement. Au crépitement des flammes se mêlaient les coups de feu, résonnant comme un feu d’artifice. Voyant les flammes qui allaient nous griller, Scott prit l’initiative :
- Ecoute fils, je te propose quelque chose. On ne gagnera rien si on se fait tout les deux carboniser. Un duel mano à mano, comme dans les vieux westerns spaghetti, qu’en penses-tu ? annonça-t-il d’une voix forte pour couvrir le bruit des flammes.
- Un mano à mano ? l’interrogeai-je.
- On sort de notre cache, flingues rangés, on se place l’un en face de l’autre, et au signal… feu à volonté.
- On risque de tous les deux y rester je crois. Lui répondis-je.
- Quelle importance… Si tu ne peux pas rester vivant, c’est que tu ne valais pas d’être l’élu. Ah, une dernière chose. On ferait mieux de partir de la forêt pour cet ultime duel… ça devient chaud ici. Conclut-il.
Une petite minute plus tard, nous étions rendus au milieu de cette clairière. Tout autour de nous un mur de flammes s’élevait, la chaleur était insoutenable… Après l’été chaud au possible qui venait de se terminer, le bois était sec, et brûlait sans fumée. Un paysage apocalyptique, mais tellement sublime. Nous nous mîmes dos à dos, et commencèrent à avancer, lentement, en même temps. Après une dizaine de mètres, nous nous arrêtâmes, le vent balayant nos pieds, dans une scène digne de Morricone. Je pris alors la parole :
- Quand je compterais trois… soufflai-je, un…
Je dégageai légèrement mon holster, pour qu’il ne me gène pas par la suite.
- Deux…
Je pris une profonde inspiration, détendis mes membres, et fis le vide.
- Trois !
- Je me retournai, d’un mouvement vif, dégainai mon Socom, et lui tirai dans les jambes et le torse tout en me jetant à terre. J’avais été le plus rapide. Une balle lui faucha le genou, une autre la côte droite, et il s’écroula, tandis que les balles qu’il avait tirées m’avaient frôlées. A terre, il ne bougeait plus. Je me plaçai au-dessus de lui, pointait mon arme sur son visage. Je ne pouvais pas tirer… Je voulais qu’il s’en sorte, c’était mon propre père. J’attendis quelques secondes, puis, prudemment, allait lui enlever son arme. A ma surprise, il tenait autre chose dans la main. Je vérifiai qu’il ne montrait plus aucun signe de vie, et lui arrachai. Une sorte de magnétophone portatif, un vieil appareil qui datait des années 2000.
Alors que je me relevai, un hélicoptère apparut au dessus de la clairière. Un hélico de Saladin.
Je mis l’appareil dans ma poche, et m’écartai pour que l’engin puisse se poser. Le vent créé par les hélices faisait danser les flammes, et, alors que l’appareil se trouvait à quelques mètres du sol, j’aperçus Myla et Claire à la porte, prêtes à sortir. Elles ouvrirent la porte, je me retournai vers elle, et entamai une phrase :
- Trop aimable d’être revenus me cher…
Je n’avais pas senti, je n’avais pas entendu. Mais au moment où je voulus reprendre ma respiration survint une douleur atroce, à l’emplacement du cœur. Je baissai le regard, et vit un cercle de sang s’élargir sur mon gilet. Mes jambes se dérobèrent sur moi, et mes yeux se fermèrent dans une ultime vision. Mes hommes qui vidaient leur chargeur sur mon père, qui avait sorti une deuxième arme, et m’avait tiré dessus. Claire qui court vers moi en criant mon nom, Jay et Kyle qui apparaissent à la porte de l’hélico, suivis par Saladin. Mes yeux se ferment, et je disparais, alors que dans un ultime sursaut, mon doigt appuie sur la touche Play du magnétophone. Une voix, celle de l’homme qui vient de mourir criblé de balles, se fait entendre :
- Lieutenant Dolph Jackson… Si tu peux entendre cela, c’est que tu m’as battu. Tu as gagné ton ultime combat, passé ta dernière épreuve. Tu es allé jusqu’à tuer ton père pour survivre. Enfin, tuer qui tu pensais être ton père. Car le véritable Scott Dolph est mort dans la catastrophe du tanker. Je ne suis qu’un camouflage, une illusion. Tu es l’Elu, Alex.
La bande se termina, alors que Jay et Kyle me portaient jusque dans l’hélico. Myla leur lança un regard interrogateur auquel ils répondirent par un hochement négatif de la tête. La balle était entrée et ressortie à l’emplacement exact du cœur. Je n’aurai pas été l’Elu bien longtemps. Aucune importance. Le sang des Dolph va subsister. Ma fille va prendre la relève. S’il devait y avoir un instant idéal pour mourir en soldat… ce serait maintenant.
Mmmmh, ya deux coquilles qui m´ont échappées
Avais Allais et commencèrent commencâmes.
Et sinon, petit détail qui prête à confusion, à la fin Alex a toujours la main dans la poche
Bonne lecture ![]()
Que dire que dire...
Pas mal de choses m´ont froissés dans ce texte malheuserement je dois l´avouer...
Les plus:
- L´ambiance, absolument magnifique, une très belle arène pour ce combat. Rien à dire, sublime.
- La paragraphe ou la forêt s´embrase, excellent aussi.
- Le coup de théatre final (que j´avais deviner sur MSN xD)
- Le doute sur Alex à la fin vivant ou mort???!!! My god!!!!
Les moins:
- Encore des Jeeps et des clairières!!^^
- La mise en scène par moment, l´apparition de Dolph, limite comique, son discours, encore plus, trop manga pour moi désolé.
- On en sait pas qui est le type du tout au final. Un truc genre l´élève d´Octopus aurait été pas mal.^^
- Ne confonds pas Patriote et soldat des Patriotes.
- Un détail qui colle pas scénarisitiquement: si les patriotes ont prévu tout cela pour Alex... Comment allaient-ils savoir qu´il allait de lui-même partir à Fox, juste comme ça ?
- La super-plan des Patriotes en lui-même, vu et revu dans MTS, avec de nouveau pour la 60e fois une référence au plan S3, désolé mais bon, ça Naked et Saladin ont déjà fait exactement la même chose il y a plus de 500 pages... Ca commence à me gaver un poil perso. En plus là le fait que ça colle pas avec la raison d´arrivée d´Alex rends le tout encore plus incohérent, même Saladin à la base ne devait pas participer à Foxdown selon les Patriotes limite! On dirait que tu as voulu faire une pure intrigue avec un fond compliqué mais que tu as très peu planifié et/ou peaufinné, la rendant à la fois classique et incohérent à mon gout. Et c´est bien dommage. Désolé, je sais que c´est ton final et tout, mais je suis sur que si tu te creuses un tout petit peu, tu peux vraiment faire de superbes intrigues captivantes.
PS: Le truc de la main dans ta poche signifie que même Alex ne savait pas que c´était pas son père c´est ça?
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Ah oui un détail que j´ai oublié:
SPOILE
La phrase "caché" au début, c´est Dolph qui la... pense? En tout cas c´est sympa.^^ A mettre dans les plus aussi^^.
Après un levé de sourcils très posé, je relançai la marche dans le mutisme le plus complet. Plusieurs minutes passèrent, lors de celles-ci, nous nous échangeâmes quelques frasques idiotes, parsemées de rires sincères et pacifiques.
Puis vint un échange verbal au ton plus grave : « Comment va ta mère Hugh ?
-Les médecins de l´hôpital disent qu´elle va bientôt clamser...
-Oh... Je suis, je suis vraiment...
-´Désolé´ ? Non franchement arrête, c´est LA phrase de série B à ne pas prononcer ! »
À l´entente de cette phrase, je glissai un rire hésitant au sein de la conversation, puis je repris la parole, sur le même thème : « Mais, je veux dire, il n´y a rien qui ne puisse la soigner ?
-Ben si, mais pendant la guerre, le gouvernement britannique a établi un blocus sur les médicaments de type 5. Et c´est justement de type 5 qu´est le médicament dont elle a besoin... Tu devrais le savoir non ? Toi qui est né ici...
-Oui oui, je le sais, bien sûr, fis-je en baissant les yeux et en ajoutant ce mensonge à ma longue liste.
-En parlant de ça, je t´avais dit que mon père avait quelque chose d´important à faire récemment.
-Oui, il me semble bien...
-Mon calme olympien vient de là, il connaît quelqu´un en France qui peut lui faire parvenir ces médicaments et vu le boulot de mon père, on aura aucun mal à les faire entrer. »
En effet, Holloway Senior était douanier chevronné et respecté, de ce fait, aucun contrôle frontalier ne pouvait lui résister. D´une voix intriguée, je repris la parole : « Rassure-moi, personne à part moi ne le sait ?
-Juste quelques personnes en qui j´ai vraiment confiance, mais personne d´autre.
-Sur ce coup, tu n´es vraiment pas prudent. C´est la vie d´un de tes proches qui se joue et tu vas crier sur les toits que ton père va frauder ! En plus, la législation s´est terriblement durcie en ce qui concerne ce genre de délit. Si ton père se retrouve derrière les barreaux et que ta mère en meurt, tu seras garni Hugh ! »
Je me tus, il nous arrêta. Après un instant d´introspéction, je saisis pourquoi il avait réagit ainsi, pourquoi à présent, il retenait ses larmes. J´étais allé trop loin, j´avais dépassé la limite de ce qui me concernait, et par-dessus tout, je l´avais responsabilisé au préalable d´un évènement tristement plausible.
J´étais resté paralysé, bras levés en sa direction, sourcils froncés et bouche ouverte, ayant préalablement craché des mots terriblement brûlants. De secondes en secondes, mes bras s´abaissèrent, mes sourcils se détendirent et ma bouche s´entre-bailla avant de se sceller.
Hugh, lui, ne bougeait plus. Bras ballants, poings fermé, yeux vitreux et rage sans nom.
Un remord douloureux et perçant envahit mon esprit déjà meurtri. Dans un espoir de repentance, mes lèvre esquissèrent silencieusement un timide désolé. Mais un bruit motorisé un peu trop bruyant m´empêcha d´aller plus loin.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
« Ce Hugh, il t´en veut encore ? Interrogea le psychologue, avec beaucoup d´interêt
-En réalité, je l´ignore totalement.
-Vous ne vous voyez plus ?
-Plus vraiment non...
-Cette dispute a eu un tel impact ?
-Si ce n´était que ça, fis-je dans un léger rire sarcastique.
-Précise ta pensée.
-J´y viens, j´y viens... »
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
Rien qu´à l´oreille, je reconnus la BMW de Dale. Ses coups de klaxon agressifs me confortèrent dans ma théorie, klaxonner plus de dix fois en trois secondes, purement et simplement Dale. Sans hésiter, ni me retourner je rejoignis la BMW. Hâtivement, je plaçai mon pouce sur le capteur biométrique du véhicule avant de bondir vélocement sur le siège mortuaire. À ma gauche, Dale, qui me gratifia, en démarrant la voiture, d´une de ses blagues de mauvais goût : « Alors, toujours gay ? ». Je n´usai aucune goutte de salive à lui répondre, en revanche, j´étais plus intéressé par la stature constante de Hugh, resté de marbre, sur le trottoir de cette route déserte et lugubre. Peu à peu, la silhouette du triste jeune homme s´effaça dans l´horizon. « Alors, t´aimes bien Brighton ? Me questionna Dale, un sourire rayonnant suspendu aux lèvres.
-Pas vraiment non...
-Ah ben justement, je t´ai acheté un petit cadeau, en espérant que ça te remonte le moral »
Il glissa une petite boîte bleue sur le tableau de bord. Quelques secondes plus tard, je la saisis.
« Tu vas me demander en mariage ? À ton âge, c´est pas très sain tu sais... Lançai-je avec un petit rire discret.
-Très drôle, mais si tu veux me faire plaisir, ouvre la boîte et ferme-là.
-Oui oui, je m´exécute chef... »
J´entrouvris l´objet, en découvrant la nature du contenu, je l´envoyai côtoyer les arbres, plantes et autres insectes dans la forêt longeant la route. Je vis alors les nerfs de Dale lui monter à flot et sa peau se colorer d´une teinte rougeâtre. Il cracha alors violemment une gerbe de syllabes enragées sur mon visage pourtant resté froid et détendu : « Tu sais combien ça a coûté ?! T´es fou ou quoi ?!
-Non je ne suis pas...
-Non je sais, ´´t´es pas fou, t´es juste Cornellius´´ ! Tu vas arrêter avec cette phrase de merde ?! T´arrêtes pas de la sortir depuis Okinawa !
-Justement, m´offrir la photo de Emily dans une montre à gousset, aussi chère soit-elle, alors que j´essaie de faire table rase du passé, est de très mauvais goût !
-Je te déconseille de jouer au plus malin avec moi Cornio, parce que si je le désire, je peux t´envoyer habiter au pied de l´Himalaya pour quelques mois.
-Ce sera toujours mieux que d´être dans cette voiture. Tu sais quoi, je serai bien resté mourir avec Emily à Okinawa.
-Ne te laves pas les mains de sa mort petit, je connais les circonstances de sa blessure. Si t´avais pas foiré en lui balançant cette pierre, elle serait partie d´Okinawa le soir même et elle serait encore vivante à l´heure qui l´est ! »
J´ai rarement, dans toute ma vie, ressenti de telle haine envers un autre être humain. Je ne savais plus quoi faire, j´aurais voulu crier, tabasser Dale, pleurer, tout détruire, m´auto-détruire et rigoler. De toutes ses actions, je n´en fis aucune, tétanisé, je prononçai quelques paroles sanglotantes : « Laisse-moi descendre, je t´en supplie, laisse-moi descendre. Laisse-moi descendre...
-Je ne peux pas prendre ce risque, si tu es tué, on me réserve plus ou moins le même sort.
-Laisse-moi descendre, je connais le chemin, laisse-moi descendre, réitérai-je d´une voix tremblante et hésitante.
-Bien, je te laisse descendre, mais sois prudent, de toute façon, tu n´es plus très loin de la résidence, on se revoit là bas , dit-il sur un ton de pitié à peine perceptible ».
Mon regard incertain et choqué croisa son regard adulte et froid. Après cette oeillade commune finalisant notre discussion, sa main gauche parcourut le clavier de boutons luminescents du tableau de bord. Ses doigts choisirent un interrupteur, qui ouvrit prestement la porte avant droite du véhicule. Appuyé contre la dite portière, mon corps, à peine rattrapé par mes deux bras, chuta lourdement sur le bitume froid de cette nuit d´été.
À l´angle d´un méandre de ce serpent d´asphalte, je vins m´asseoir. Sur un arbre sec et rugueux de cette forêt sans fin, je m´appuyai. Sur une herbe verdoyante et à peine humide, je laissai tomber mes larmes. Lors d´un début de nuit triste et éperdu, je souffris.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
« C´est cette soirée qui te préoccupe ?
-Non, sauf votre respect monsieur remplaçant de monsieur Winston, vous n´avez pas vraiment les éléments pour connaître la raison de ma visite.
-C´est que, passer une soirée seul à pleurer au bord d´une route déserte après avoir été sauvagement lâché à la suite d´une dispute me paraît déjà assez traumatisant.
-On dit que les vraies blessures vivent au fond du coeur.
-En études de psychologie, on dit aussi que c´est une excuse des patients pour ne pas en parler, fit-il en me souriant.
-Puis-je vous prouver le contraire ?
-Je t´en prie, continue ton récit »
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
Souffrance, mélancolie, obscurité et haine étaient mes seules amies durant cette immonde déambulation nocturne. Je n´aperçevais bientôt plus la route, les nuages passant à répétition devant la Lune n´y aidaient pas. Une lumière intense s´approchant dans mon dos dessina ma silhouette sur le goudron et les lignes blanches de ce sentier minéral infini. N´ayant le temps de me retourner pour déterminer la nature et l´origine de la dite lumière, il ne s´en fallut que de peu avant que celle-ci ne me réduise à l´état de cadavre moribond en avançant vers moi. En effet, deux phares éblouissants étaient la cause de l´éclat nocturne de cette sombre route.
Ils s´éteignirent, mais à prime abord, la voiture ne m´évoquait aucun songe. Puis s´ouvrit une portière, une jambe en sortit, puis une deuxième. Vêtue d´une robe de soirée noire, de talons aiguille dont l´un était d´ailleurs brisé, Annicia Helmets se découvrit à travers l´obscurité de cette, décidément, bien étrange soirée. « Tu peux... Tu peux pas te bouger de là putain et puis t´es... T´es qui toi déjà ? Fit-elle d´une voix tiraillée »
Tout d´abord surpris par cette curieuse question, j´appréhendais vite la signification de la situation. Son visage terreux, sa marche irrégulière et déséquilibrée, sa diction étrange et hésitante et enfin sa forte odeur d´alcool me menaient à penser qu´elle était saoule. « Je suis Aaron, le gars que t´as arrosé de peinture cette après-midi. Tu sais le gars qui était couché sur l´herbe, lui dictai-je lentement, en essayant d´être coopératif.
-Oui oui oui ! Ça... Y est... Ça me... Je crois que ça me revient là.
-Sans vouloir te vexer, t´as l´air bien bourrée... Tu veux que je te raccompagne ?
-Meuh non, je... Je peux tout à fait conduire hein ! Regarde, je peux marcher droit ! »
Elle chuta lourdement au sol en cognant sa tête sur le pare-choc de sa décapotable. En soufflant, je vins placer mon visage au dessus du sien. En se frottant la tête, elle prononça quelques bribes verbales : « J´veux bien peut-être maintenant... »
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
« Tu ne la hais pas tant que ça alors... Prononça-t-il d´une voix mieleuse.
-Et bien, à ce moment précis, non.
-C´est-à-dire ?
-Disons qu´on peut parler d´elle à l´imparfait...
-Comment ?
-Je vais finir, mais ne m´interrompez plus s´il-vous-plaît. »
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
Placée à ma droite, les pupilles dilatées, Annicia semblait vouloir laisser divaguer ses songes en regardant le paysage. Les miennes, mes pensées, galopaient irrégulièrement dans le chaos qu´avait laissé les dernières minutes que je venais de vivre. Je ne faisais pas part de mon ressentiment, je restais de marbre, face à la route. Mais de temps en temps, Annicia me gratifiait de quelques mots décousus et bégayés.
Il me paraissait avoir pris un mauvais oblique. Je ne connaissais pas l´endroit dont la voiture frottait l´asphalte. Nous étions au milieu d´une route bucolique, dans un bosquet désertique parsemé d´habitations délabrées. Un certain stress rongeait ma concentration, je ne savais, ni où je voulais aller, ni d´où je venais. Derrière ma froideur apparente, une chaleur suintante et ardente d´angoisse faisait fondre les bris de glace me servant d´expressions faciales. Et en conduisant toujours, et certainement dans la tentative maladroite de catalyser mon angoisse dans une autre activité, j´engageais une discussion gênée : « D´où tu venais là en fait ?
-Heu... D´une fête, je crois bien... Bava-t-elle, en écarquillant les yeux, à peine sortie de son coma.
-T´y faisais quoi ?
-T´en poses des questions toi... À ton avis, les fêtes, on y fait quoi ? Interrogea-t-elle sur un ton sarcastique couplé à une voix chevrotante.
-Oui je sais, mais enfin...
-Bref, si ça t´intéresse, j´étais avec des amies. On est parties assez tôt, la fête était un peu pourrie finalement, mais ça m´a pas empêcher de dévaliser le frigo ! »
Mes lèvres débloquèrent alors un sourire forcé, douloureux, mais nécessaire. Annicia semblait donc avoir oublié sa farce bleutée de la journée. Au fond, je me réjouissais de cet oubli, car une dispute puérile autour d´une historiette sans importante au milieu d´un bosquet sombre, froid et humide n´était pas une perspective alléchante. Par la suite, d´elle même, la jeune saoulée prit la parole : « Tu sais tout à l´heure, juste avant que Melody ne rentre chez elle, elle m´a raconté un truc marrant »
N´étant point un adepte du commérage adulescent, je ne prêtais qu´une parcelle de mon esprit à son récit qui était, à prime abord, bien peu intéressant.
Malgré mon mutisme indifférent, la poivrote juvénile, enthousiaste, prolongea son discours avec un entrain méphistophélique à faire trembler Hadès : « C´était à propos du petit blond là, Hugh je crois...
-Hugh ? Fis-je, soudainement interpellé.
-Oui, Hugh. Melody m´a raconté une histoire comme quoi son paternel allait frauder, pour faire passer un truc interdit...
-Des médicaments ?
-Ouais ouais, c´est ça voilà.
-Laisse-le tranquille, il ne t´a rien fait !
-Calme-toi Aaron ! Qu´est-ce que t´en as à foutre de toute façon ? C´est pas ta vie, c´est la sienne. Je vais lui faire une petite farce, on va bien se marrer...
-Une petite farce ?!
-Ben, dénoncer son père... »
Un tourbillon bestial de sentiments brutaux et puissants envahit la totalité de mon être. Définitivement, mon visage marbré fondit en une coulée de magma, qui, à présent, abreuvait mes sens d´une haine sans nom. Un tic fébrile m´attirait vers un irrépressible désir de serrer sa gorge avec férocité entre mes deux mains suantes. Mais malgré tout, écrasé par une réflexion plus poussée, je n´en fis rien. À la place, je freinai brusquement. « Descend de cette voiture, vociférai-je froidement
-C´est ma caisse je te rappelle !
-Laisse-moi rire, t´en as douze autres ! Puis, je te la ramènerai...
-T´as intérêt »
Elle alluma une cigarette dont elle introduit un huitième de sa longueur à l´intérieur de sa bouche, longée par des lèvres refroidies et à peine humides. Elle me regarda une dernière fois, d´une oeillade inexpressive et indéchiffrable. Puis, après une tentative infructueuse, elle ouvrit la portière du véhicule pour en faire délicatement sortir son corps. J´ignorais la moindre esquisse de mes futurs actes, car dans quelques heures, tout au plus, le géniteur de Hugh allait probablement être interpellé, puis incarcéré. La seule cause au drame, la seul mèche à l´explosif déambulait devant mes yeux impuissants, c´était Annicia. De ses deux jambes, elle foulait le bord de la route pieds nus, sa main droite tenait suspendue, du bout de l´index et du majeur, sa paire de flamboyants escarpins. Son index gauche pressait son oreille continuellement, elle semblait vouloir joindre quelqu´un par le biais de son téléphone interne.
Ce qui s´est passé à cet instant précis, le moment où j´ai accompli ce dessein haineux, je ne pouvais l´expliquer. Peut-être était-ce le fait d´un traumatisme enfoui, d´une misanthropie aiguë ou encore d´un altruisme intense porté à Hugh. Mais le fait était indéniablement là, quand sa bouche s´ouvrit, quand le dialogue téléphonique vit sa genèse naître au sein des bruits bucoliques, j´appuyai sur l´accélérateur, je braquai violemment le volant et je fermai les yeux. Une dernière fois avant le choc, j´humectai le parfum de cette nuit magnifique, le parfum de ce bosquet verdoyant, bercé par le chant inaudible des constellations, le parfum de l´aquilon britannique, qui fouettait mon visage froid et tiraillé entre sommeil et mélancolie, le parfum de cet instant, tout simplement.
Le comportement contemplatif qui animait les songes de mon esprit fut, avec une violence inouïe, interrompu par le corps d´Annicia, qui, après avoir glissé sur le pare-brise, atterrit dans un léger bruit de bris osseux derrière le véhicule. La décapotable, dans un souci de logique de trajectoire, vint percuter le tronc d´un arbre en me gratifiant de la douce texture de l´airbag qui vint bondir à mon visage. Réveillé par les gémissements plaintifs d´Annicia, je soulevai mon crâne du confortable oreiller sécurisé. J´observai l´état de la voiture, l´effet d´un simple choc boisé me surpris fortement. Portières, capot, tableau de bord, volant étaient fêlés, craquelés ou nettement brisés. Puis, je parvenais à me glisser hors de la carcasse métallisée pour mieux m´approcher de celle d´Annicia. Ses pleurs dolents étaient étrangement mêlés à des insultes virulentes à mon égard. Tout aussi virulentes, ses blessures ne manquaient pas d´attirer mon attention. Son poignet semblait complètement tordu, son bras était assez endommagé pour former un angle droit dans le sens inverse de son articulation et au simple fait qu´elle restait étendue, on pouvait conclure sur l´état aggravé de ses jambes. De sa bouche à l´état discutable, avec quelques gerbes de sang, sortirent, en un léger flot, quelques palabres : « ... A... E... Er... ». Évidemment, on ne peut plus prononcer les consonnes avec huit dents en moins. Après cette observation sensorielle, vint une constatation terrible de la situation, j´étais piégé. Effectivement, après une éventuelle guérison, Annicia me dénoncerait, à défaut d´avoir des conséquences judiciaires, cet acte changerait à tout jamais le regard de mon père, mais surtout de ma mère sur moi. À l´instar de l´acte que je venais de perpétrer, la totalité de la fraude du père de Hugh serait contée à la police, son arrestation et la destruction de la vie de son fils à la clé.
Puis, je regrettai, je me lamentai, qu´avais-je fait ? Qu´étais-je donc devenu ? Pourquoi ? Suivit un pragmatisme macabre, il n´y avait qu´une solution, je me devais de la neutraliser, pour de bon.
Je détournai mon regard de la silhouette ensanglantée d´Annicia, puis je le posai sur un petit rocher reflétant la douce lueur blanchâtre de la Lune. Je saisis le bloc minéral avec conviction et fermeté. Je vins me placer devant Annicia, les bras levés, montant la roche à la lumière des étoiles et je clos mes paupières. Au fond de moi, il n´y avait plus aucun doute, plus aucun méandre dans mes actes. J´étais profondément convaincu et guidé par une ligne directrice qui me persuadait que je ne tuais personne, que je sauvais des vies.
Puis s´abaissèrent mes bras, puis s´entrouvrirent mes paupière, puis se brisa sous la roche, le front égratigné de la jeune accidentée. Pendant un instant, je ne réfléchissais plus, j´écrasais son crâne sans donner sens à mon geste, comme un rituel hypnotique. Elle était morte, ses cris de souffrance terrifiés avaient cessés, définitivement.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
Aucun son ne rebondissait plus sur les murs de la pièce, presque terrifié, le médecin s´avança sur sa chaise et prêta l´oreille comme pour m´inciter à continuer. Et je repris la parole :
« Je ne réfléchissais toujours pas, mon geste se prolongeait, l´un réitérait après la fin de son prédécesseur. Et soudain, la pensée fut, un éclair me traversa l´esprit, je compris, en une introspection approfondie mais concise, quel était le déclencheur de ce qui se déroulait.
Car si j´avais renversé impitoyablement le corps frêle de la petite Helmets, c´est car, au fond de moi, je la voulais. Poussé par un deuil inconscient, je me refusais à l´avouer, je me refusais à l´aimer. Les trois premières lettres de son prénom étant communes à celles d´Anna, chaque regard posé sur elle me rappelait son visage et enflammait mes sentiments, dont la haine. On dit le coeur a ses raisons que la raison n´entend pas, sa cruauté ne pouvait arrêter mon désir envers elle. Je la haïssait, mais une partie de moi, certainement trop grande, s´obstinait à l´aimer. Je voulais l´égorger, mais je voulais aussi lui faire sauvagement l´amour. C´est ainsi que ce soir là, mes deux penchants fusionnèrent : je l´égorgeait en l´aimant, en la dévorant de mes yeux. En me délectant de l´excitation produite par le fait de la tuer, tout en l´aimant, de mettre un terme à mon duel intérieur »
Presque fasciné par mon discours, le remplaçant m´appela à poursuivre.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
Le crâne et le visage d´Annicia n´étaient plus qu´un amas de chair et d´os broyés, mêlés à son hémoglobine séchée. Je ne savais plus que dire, je ne savais plus que faire. Des larmes chutèrent de mes paupières usées, je n´y consentais pas, mais je pleurais à chaudes larmes. Si seulement, si seulement Hugh ne m´avait pas conté son histoire, si seulement Annicia n´avait jamais existé, si seulement Dale était venu me chercher plus tôt. Alors peut-être n´aurais-je pas, emporté par mes sentiments, mis fin à la vie de cette jeune fille. Car malgré la conviction que je n´avais tué personne, que tout cela n´était qu´altruisme, un regret, probablement inhérent à ma personnalité, me rongeait ardemment. Seulement voilà, ce regret était couplé à un certain bonheur, j´avais sauvé la mère de Hugh.
Une fois mes larmes séchées, de mon portable, j´appelai Lowfell, le coéquipier de Dale. Au milieu de ce bois sombre et glacial, c´était la seule personne que je pouvais considérer comme de confiance. Il ne dirait rien, j´en étais persuadé, il avait toujours été un précieux confident, même en ce qui concerne les pires secrets. Trois sonneries retentirent, puis il répondit en toussant : « Allô ?
-C´est moi... Répondis-je, la gorge sèche.
-Aaron ? Enfin je veux dire, Cornellius ?
-Oui...
-Tu n´as pas l´air d´aller bien, tu veux que je vienne te chercher ?
-Je t´ai envoyé un signal GPS, pour que tu saches où je suis.
-D´accord, je vois où t´es, j´arrive dans une trentaine de minutes »
Ce furent les trente minutes les plus longues de ma vie. J´entendis ensuite, soulagé, le vrombissement de son moteur et le scintillement de ses phares se profiler au loin. Il s´arrêta à quelques mètres de ma position et après une brève marche, il s´arrêta net. Yeux écarquillés, bouche bée et sourcils tremblants, il me lança quelques mots à la figure : « Qu´est-ce que c´est que ce bordel ? La voiture c´est toi ?!
-Oui, c´est bien moi.
-Et le... Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! S´exclama-t-il en découvrant le cadavre en charpie d´Annicia.
-J´en suis la cause, si c´est la question que tu te poses, dis-je, les poings et les dents serrés en étouffant ma peur »
Les cris firent place à un silence consterné, surplombé par le doux bruit de la houle printanière, puis il retourna vers sa voiture. Sa démarche et le regard qui croisa le mien avant qu´il ne se retourne me laissaient penser qu´il m´incitait à le suivre. C´est ce que je fis, dans un mutisme sanglotant vite écrasé par le bruit assourdissant des portières métalliques qui se refermèrent. Encore assis sur la place du mort, j´entamai une phrase : « Dis moi que tu ne diras rien.
-Non.
-Merci.
-Mais ce que je veux dire Cornellius, c´est : ´non je ne dirai pas rien´
-Comment ?! Je te faisais confiance Lowfell !
-Que dire de mon sentiment dans ce cas, en découvrant que celui en qui je portais une grande confiance est un meurtrier juvénile, alors attends-toi à ce que cela se sache.
-Y compris mes parents ?
-Oui, évidemment. Mais Dale est le seul de nous deux qui peut les contacter, ils ne le sauront qu´après demain. Car il n´est pas prévu que Dale et moi nous voyions ce soir ou demain. Mais malgré tout, c´est lui que tu rejoindras au point de rendez-vous habituel demain.
-Va crever.
-Oui c´est ça, mais pour l´instant, tais-toi, ce soir tu dors à l´hôtel avec moi et demain tu prendras le bus pour rejoindre Dale.
-...
-Je n´arrive pas à y croire Cornellius, tu es un meurtrier... »
« Non, je n´en suis pas un » pensai-je alors avec force avant de m´endormir en observant le bitume défiler sous les pneus de la BMW.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤
« Puis aujourd´hui, j´ai demandé à Dale de m´emmener vous voir » finis-je en soufflant.
Après un haussement de sourcil étonné, il se munit d´un petit carnet. Mais soudainement, contre toute attente, Dale ouvrit la porte brusquement et vociféra d´une voix immonde et sèche, des paroles paniquées et dures : « Corn´ ! Lowfell est mort ! Dans sa chambre d´hôtel ! Il a perdu conscience et il est mort ! »
Mon regard se relâcha et d´un air surpris je plaçai ma main sur ma poitrine en laissant ma bouche s´ouvrir béante. Il salua brièvement le médecin avant de tirer mon bras pour m´emporter en dehors du cabinet. Il claquait farouchement les portes derrière son passage en crachant des injures frénétiquement. Arrivés en dehors du bâtiment, il me lança littéralement sur la banquette arrière de sa voiture et, sans surprise, il démarra en trombe. « Qu´a-t-il bien pu se passer bon sang !
-Quelle horreur... Me lamentai-je, la main sur mon regard »
C´était très surprenant car en effet, j´ignorais qu´une demi-mesure d´eau de javel mélangée à de la soude caustique pouvait tuer quelqu´un aussi facilement. En y réfléchissant mieux, j´aurais peut-être dû en mettre un peu moins dans son café. Mais il est mort, c´est ce qui comptait.
Oui, je suis Cornellius. Mais quant à ma folie, il faudrait à présent faire quelques vérifications...
~ ~ ~ ~ ~
Remplaçant du Docteur Winston
Quelques minutes après le départ de Cornellius.
(ndMecha : ici, on est pas censé savoir ce que dit l´interlocuteur, j´ai donc remplacé ses dires par des ´´...´´)
-Allô ?
-...
-Oui, le petit m´a tout raconté, c´était très surprenant.
-...
-Ne vous inquiétez pas madame, le projet SOD peut continuer, l´équipe est déjà en route pour éliminer toutes les preuves concernant le meurtre de l´agent Lowfell. C´était bien le fils de Raiden qui l´a fait, les vidéos ne mentaient donc pas. On sait d´ailleurs pourquoi le jeune homme a fait cela.
-...
-J´ai tout noté oui.
-...
-Vous voulez vraiment le garder pour vous ? Les autres ne vont pas apprécier.
-...
-Oui madame.
-...
-Oui, merci.
-...
-Oui, madame, à bientôt.
-...
-Oui, gloire à U-155.
Voilà, c´est mon plus long texte.
Je me suis donné beaucoup de mal à le faire, en éspérant que vous l´appréciez autant.
Soyez sincères hein ! C´est pas parce que je m´absente souvent que je vais fuir à la moindre critique un peu trop piquante ! ![]()
Ah ben si ça te pose pas de problème... c´est nuuuul !
Non, je lirais demain, j´ai cours ![]()
En tout cas, quatre posts (les deux textes)... ça fait de la lecture ^^
loooool, bon la critique du texte de Corn, que j´ai en partie commenter sur MSN (alors qu´il était absent^^).
Bon déjà il faut avouer que comme Bye Bye, tu as su donner à ce texte une atmosphère unique, où l´histoire à un véritable poids qu´on ressent tout le long (ça ferait un super film, sérieux !^ ^), ceci dit, il faut aussi avouer que comme c´est un flash-back, le contexte et le reste sont entièrement choisi par toi, et, vu la jeunesse de Corn, il se rapproche réalistiquement parlant de nous tous (un jeune étudiant...) et rends donc le texte facilement plus touchant, et c´est d´autant mieux. Gloire aux textes flash-back !^ ^
Le fait d´introduire cela avec le psy est absolument génial, ça double l´atmosphère et rends le tout encore plus réaliste (du moins au début xD). Par contre on sent un peu trop que le psy est sur-fasciné par Corn ce qui n´est pas super pro, mais heursement, c´est expliqué à la fin avec le coup de théatre.
Mais parlons du gros du texte, le fameux meurtre. De ce que tu m´avais raconté, je pensais qu´il allait être beaucoup plus impulsif que cela, mais là je vois qu´il est plus calculé que ça. Il y a déjà un but dans ce 1er meurtre, pas juste les nerfs. Aussi, durant l´acte, je me suis dis à moi-même que ce n´était pas que pour la "raison" que Corn faisait cela, et je ne m´étais pas trompé, ce qui rends l´action d´autant plus cohérente (et Corn encore plus Foo xD Excellents les clins d´oeil, dont celui au projet MMN que je ne citerais pas^^). Au passage, tu parles d´une Anna, ne confonds tu pas avec Emily ?. .. J´avoue que je suis confus sur ce niveau... (je me lève rarement à 9h du matin).
J´étais au courant aussi du second meurtre avant qu´il n´arrive, et s´il y a bien une chose que j´ai adoré dans ce dernier, c´est la manière dont il est annoncé... Il vient d´être commis ! xD. Je pense que c´est surtout dans cette scène, et dans aucune autre, quand Dale arrive à la fin, qu´on voit tous le machiavélisme de Corn durant cette soirée.
Niveau psychologie de Corn, là je ne vois plus d´ado perturbé et paniqué légèrement sombre, mais bel et bien un jeune calculateur assassin. Ca n´en fait pas pour autant un "méchant", mais quelqu´un de radical à l´avenir, ça oui, j´en suis sur. (Tu es vraiment Foo xD).
Le coup de théatre final sur le fond est bon, et promet. Mais sur la forme, j´ai moins aimé, le mystérieux projet SOD (Sons of Dale ? xD) qui me rappelle le S3 de nouveau... Ras le bol
bon on moins il parle à une madame (Rose ?^ ^) et ça justifie d´autant plus ce qu´il se passera après tes chroniques sans trop spoiler.
Que dire d´autre... Ah oui le fait que Corn disent "je ne suis que le fils de "Raiden" j´ai pas trop aimé, ce nom est le nom du héros de la Big Shell manipulé par les Patriotes, rien de plus. Jack Blond ou même Snake aurait été meilleur (ou tout simplement le DCIA). Il faut arrêter d´utiliser son nom de code un peu partout.^^ Je voulais aussi dire que j´aime beaucoup le personage de Hugh (que je verrais bien joué par Ryan Hansen de VM lol) et qu´on comprends aussi (qu´on ressent même) l´altruisme de Corn pour lui.
Sinon ben... Encore bravo quand même pour le travail fourni, après une longue hésisation, je garde quand même bye bye comme texte flash-back préféré, plus terre à terre que celui-ci, qui tourne un peu trop en psychodrame post-ado à mon gout. (Ca c´est pour tout dire en une phrase hein, c´est plus developpé que ça évidemment je l´ai compris).
Voilà j´en oublie surement mais je te dirais le reste sur MSN ou plus tard sur le topic je ne sais pas, en tout les cas maintenant... Va lire mon texte à moi!!!!!^^
J´ai beaucoup aimé ce texte ! L´atmosphère, la description, ta facon de raconter est sublime, ca donne une énorme profondeur à Corn ( ce qui manque a mon perso
)
Ulti
Merci de la critique ! Et ne t´affole pas trop pour le plan S3, attends le prochain texte, ca sera expliqué plus profondément ![]()
vous me faites un rapide topo svp ![]()
Franchement tu lis les textes de c´est deux dernières pages et c´est bon je pense... (Si tu as lu la mort d´Ocelot)
oula
ah ok....
ON EST EPINGLE !!
![]()
Ultimate_gamer0 Posté le 23 mai 2007 à 20:45:32 Un bo anniv en retard à Stone curieusemnt absent ces jours-ci..
Merci mon choux, mais tu sais : internat + pas internet chez soi, sa limite ![]()
Mais bon, jvais m´arrangé car ....
A PARTIR DE VENDREDI, Stony Bugzy ! Est en vacanse mais amis !!
YEAHA !
nab14 Posté le 25 mai 2007 à 16:02:38 Les
Sinon, ce week-end max, le retour des aventures de pliskin dans le camion tout pourri
Speedy_Gonzalex Posté le 30 mai 2007 à 14:01:32
Ulti Merci de la critique ! Et ne t´affole pas trop pour le plan S3, attends le prochain texte, ca sera expliqué plus profondément
Ah je pensais qu´on devrait attendre les chroniques pour la suite et que c´était ton final...
Enfin j´espère que tous ne vont pas faire encore plein plein de textes lol je veux que FD finisse moi! ![]()
Si ça continue trop longtemps je posterais mes chroniques plus tot, pour pas perdre le cap.
C´est mon final ! Seulement, un petit flash-back est prévu pour expliquer le pourquoi du comment de cette histoire ! ![]()