Voila 
Vous allez me dire "gna gna gna ya pas grand chose de changer on pige toujours rien." mais attendez, vous allez voir
Lieutenant Alex – Kevin Dolph Jackson – L’intermédiaire.
Nous rentrâmes dans le bâtiment en explosant une vitre du dernier étage. Il était entièrement désert, et assez épargné par le massacre qu’avaient subi certains de ses semblables. Nous descendîmes jusqu’au premier étage, et étonnamment l’escalier se prolongeait. Nous avons donc descendu plusieurs dizaines de marches, avant d’aboutir enfin à une porte. Scamp marchait devant moi, il avait rechargé son H&K, et semblait avancer sans trop de prudence. Moi je couvrais nos arrières. Nous étions dans un couloir lugubre, délabré. De vieilles ampoules entourées de grillages descendaient du plafond, seules un tiers d’entre elles fonctionnaient. Des toiles d’araignées pendaient un peu partout…
Sans prévenir, Scamp s’arrêta. Il se tourna vers moi, puis, en me regardant fixement, mis son doigt devant sa bouche, m’intimant de me taire. Je ne comprenais pas, mais ne dit rien. Lentement, il écrivit sur le mur à l’aide d’une sorte de marqueur. Je ne voyais pas du tout où il voulait en venir. Il ne regarda pas ce qu’il écrivait, ce qui faisait que son écriture était difficilement déchiffrable. Après un peu de réflexion, je parvins à lire :
« Je suis surveillé. J’ai une caméra et un micro sur mon veston. Je vais te provoquer, mets moi un coup de poing sur le sigle que tu vois, le plus fort possible. Je t’expliquerai ensuite. »
Il prit alors une inspiration, et dit :
- Tu crois vraiment avoir les burnes pour descendre Ocelot ? Il ne manque plus que toi sur son tableau de chasse on dirait…
Même si c’était le but, cette remarque me mit en colère. Je le frappai aussi fort possible à l’endroit donné, il vola contre le mur. Il regarda son veston, confirma bien que le micro et la caméra étaient bousillées, et enleva sa veste, par mesure de précaution. Il avait en dessous un t-shirt du FBI… Ironie quand tu nous tiens. Je l’aidai à se relever, et nous repartîmes dans les profondeurs morbides de FoxHound. Après quelques mètres, il commença son explication.
- Ecoute… quoique je dise, je voudrais que tu ne m’en veuille pas. Voila… alors que nous étions encore partenaires, un homme vint me voir. On était mercenaires, on avait tous les deux fait ça pour l’argent.
Je le coupai sèchement.
- Je n’ai jamais fait ça pour l’argent. Ce n’est que pure vengeance.
- Oui, bon admettons. Moi, je faisais cela pour le fric. Un homme est donc venu me voir, il m’a proposé un job. Très très bien payé.
- Quel genre de job ?
- Il fallait… que je te surveille.
- Quoi ?!
- On m’avait dit qu’il fallait que je te teste, que je te mette à l’épreuve et que je leur rapporte certains de tes mouvements ! J’ai imposé une condition, une seule !
- Quelle condition ?!
- De ne jamais avoir à te tuer, toi ou quelqu’un qui t’était cher. Ils ont accepté. Dès lors j’ai commencé à jouer un jeu, à te faire croire que je t’avais trahi, à t’imposer le désamorçage d’une bombe, une poursuite en voiture, le vol d’un avion, une couverture sniper… C’était comme… un test !
- Mais un test de quoi ? Qui pourrait bien me tester ?!
- Eux. Ce qu’ils appellent le La-Li-Lu-Le-Lo, en tout cas c’est ce qu’ils m’ont dit.
- Les Patriotes…
- Ceux qui avaient enlevé ta fille ?
- Eux même. Ils t’ont dit pourquoi je devais être surveillé ?
- Non… D’après eux, ils voulaient vérifier quand tu serais prêt, apte. J’ai surpris une conversation téléphonique un jour. Apparemment ça fait un bout de temps qu’ils te veulent.
- Ils me VEULENT ? Mais c’est quoi ce bordel, comme si j’allais devenir l’un des leurs ! Plutôt crever !
- Ils ont réussi pour moi. Et pour ta fille aussi apparemment.
Scamp… Un autre pantin, un autre jouet que les Patriotes avaient réussi à manipuler. Pourquoi me voudraient-ils dans leurs rangs, je n’avais pourtant rien de spécial… Du moins, je le croyais. Mais Scamp continua son explication, et la suite devint vraiment plus inquiétante.
- Ecoute, ils ont parlé d’un test final. A partir de quoi ils sauront ce que tu vaux. Ils veulent te faire retrouver quelqu’un, te le faire affronter.
- Qui ?!
- Je ne sais franchement pas si je dois te dire ça. Tu ne me croirais pas, Alex.
- Arrête de tourner autour du pot, qui ?!
- Scott Dolph.
Ces deux mots résonnèrent dans ma tête pendant quelques secondes. Scott Dolph était mort. La tragédie du Tanker, en 2007. Le corps n’avait pas été retrouvé, certes, mais Fortune m’avait affirmé qu’il était mort !
- Impossible. Il est mort.
- Et pourtant…
- Bordel, IL EST MORT !!
- Ne te trompe pas de cible. Je ne suis qu’un simple intermédiaire ! Je veux t’aider…
- Quand dois arriver ce combat ?
- Je ne sais p…
- Ici, a FoxHound ?
- Mais je sais pas, putain !
- Alors j’ai d’autres choix à fouetter, un vieil ami à descendre.
- Je peux t’aider.
- Non, ils te surveillent, peut-être même encore plus que moi ! Tu es l’intermédiaire, celui qui sait tout et peut tout foutre en l’air. Et puis… tu as essayé de me descendre il y a à peine 20 minutes.
- Je n’ai pas essayé de te descendre…
- Tu ne m’as pas tiré dessus peut-être ?
- Balles à blanc. Et puis, c’est moi qui t’ai dit de bouger dans le Codec. Ils ne savent pas que j’ai ta fréquence.
- Alors pourquoi ne m’as-tu pas dit que c’était toi ?
- Au cas où…
- Bon… Merci pour le tuyau. Mais cette fois, je ne veux pas louper Ocelot.
- Je sais. Vas-y.
- Fait gaffe à toi, quand même...
- Et toi, pense à compter tes balles la prochaine fois qu’on s’affronte, débutant.
- Si j’avais voulu te tuer...
- ... je serais déjà mort, je sais.
Sur ces mots, ils rebroussa chemin, ramassa sa veste, et disparût dans les ténèbres du souterrain. Je me remis à marcher. J’avançai vers une nouvelle bataille. J’avançais vers mon destin. Mais la nouvelle qu’il venait de m’apprendre ne me sortait pas de la tête. Un mélange d’excitation, de peur, et de doute s’installait en moi. Et ces trois sensations ne sont pas forcément utiles au combat.