Voici la première partie de mon texte
Enjoy
Lieutenant Alex -- Déraillement...
Retrouver Saladin… Et recommencer depuis le départ. Sauf que cette fois, j’étais seul pour accomplir cette mission. Plus d’unité. Plus de Jay pour m’assister contre un F-19 qui veut me voir carbonisé, plus de Claire pour me donner sa position… Plus de Myla et Kyle qui représentaient deux flingues de plus contre le nombre ahurissant de morts possibles qui m’attendaient sur ces terres inconnues. J’étais seul avec ma détermination, mon envie de vivre, et ma hargne.
Alors que je tentais de trouver un moyen de descendre au niveau de la terre ferme, la cantine étant au 2ème étage, je croisais un groupe d’ennemis. Une demi-douzaine d’hommes, armés de fusils d’assauts. Bien sur, je ne faisais pas le poids. Je me jetai en arrière, espérant qu’ils ne m’aient pas aperçus. Apparemment non, car aucun coup de feu ne résonna. Mais je n’entendais aucun bruit de pas… Dans ce silence absolu, un objet tomba sur le sol de carrelage grossier et rebondit plusieurs fois dans un cliquetis aigu, avant de s’arrêter à un petit mètre de moi. Je n’eus pas le temps de pousser un juron, juste celui de me jeter plus loin encore, et la grenade explosa. Le sol ne résista pas et s’effondra sous mes pieds, m’emportant un étage plus bas.
Le plafond était complètement détruit, rassemblé en un amas qui me bouchait la lumière et m’empêcherait de remonter. Je n’étais pas blessé, du moins je ne sentais rien, car il m’était impossible de voir. Aucune lumière ne pénétrait dans la pièce, j’étais coincé ici. Alors que je reculais machinalement, attendant que mes yeux se fassent à l’obscurité, j’heurtais quelque chose… Quelque chose d’humain. C’était de la chair. Je tombai en arrière, avec un cri de surprise qui ne me ressemblait pas. Etait-ce un cadavre ? Il me fallait trouver de la lumière. Je cherchai à tâtons dans ma poche la lampe de mon Socom, l’activai et découvrit alors que ce qui m’avait fait peur n’était autre qu’un morceau de barbaque. J’étais dans la chambre froide de FoxHound, sous la cantine. Il me fallait sortir d’ici. Quitte à rappeler un de mes soldats. Je glissai ma main vers ma radio, pour les prévenir que j’allais sûrement avoir besoin d’aide.
Merde… Ma radio avait pris une balle mal placée. Sûrement celle de cet enfoiré d’Ocelot qui m’avait rasé le flanc… Il fallait que je sorte d’ici, et vite. J’échafaudais alors un plan digne de MacGyver…La porte de la chambre forte était isolée, mais n’avait pas l’air très solide. Suffisamment pour que je ne puisse pas le détruite, ni moi, ni avec mon Socom, mais sûrement pas assez pour supporter la charge d’un des ces morceaux de viande. Utilisant mon couteau comme un tournevis, je dévissai le rail sur lequel étaient suspendues les carcasses de bêtes, de sorte que le rail soit ouvert en direction de la porte. Je priais pour que le couteau ne se brise pas, pour que les vis ne soient pas rouillées ou soudées par le temps… Tout semblait bien fonctionner. Je réussis à placer le rail comme je désirai, approchait un premier morceau de barbaque en « bout de piste ».
Prenant une profonde inspiration, puis poussant de toutes mes forces, je poussais la carcasse sur le rail et le laissait partir à pleine vitesse. Il s’écrasa sur la porte, qui ne s’ouvrit pas. Alors que j’allai examiner la situation, je me rendis compte que je ne pouvais utiliser chaque morceau qu’une fois, en effet après cela, il était impossible de les remettre sur le rail. J’orientai ma lampe vers le fond de la pièce. Deux carcasses. Deux chances de survie. J’amenai la seconde dépouille. Seconde tentative, je tentai de la lancer encore plus fort, mais cette fois encore il n’y eut aucun résultat.
Fébrile, j’amenai la troisième… Je me sentais comme dans ce film, où un astéroïde menace de se jeter sur la terre, et qu’on doit l’exploser avec une charge nucléaire. Lorsqu’on a échoué plusieurs fois, et qu’on doit notre survie à la dernière chance. La dernière charge, la dernière carcasse, et ce sentiment d’espoir… Si on échoue cette fois, tout est perdu. On n’ose presque pas lancer notre dernière munition, car tant qu’elle est utilisable, il y a de l’espoir… Mais si elle rate, plus rien ne peut nous sauver. C’est si paradoxal. Je balançais une première fois la carcasse en avant. « A la une… », la ramenait en arrière, tandis que je commençai à ressentir un sentiment d’amertume…, « A la deux… ». Alors, fermant les yeux, prenant une profonde inspiration, je poussai de toutes mes forces mon dernier espoir vers la porte de ma survie.