Lieutenant Alex & Unité A
Réunion d’unités.
J’allais repartir avec mon unité vers Saladin, vers mon destin, quand je m’arretai net. J’avais oublié quelque chose qui serait capital à ma survie, et à ma motivation. Je me retournai et demandai à ma fille, encore immobile, sûrement en train de se remettre de ses émotions :
- Claire, tu as un codec non ?
- Oui … Oui j’en ai un ! Tu pense que l’on peut rester en contact ?
- Je ne sais pas … Vos conversations sont surveillées ?
- Possible. Me dit-elle avec un air décu.
- Merde… tiens, tu sais te servir de ca ?
Je lui tendis une simple radio à ondes courtes, mais qui ferait bien l’affaire si FoxHound ne possédait pas un quelconque dispositif de brouillage, ce dont je ne savais rien. Claire prit la radio, je lui dis :
- Fréquence 48.15, appelle moi en cas de besoin.
- D’accord, moi je règle la mienne sur 42.23. Bonne chance à toi.
- Toi aussi… arrange-toi pour rester en vie d’accord ?
- Je ferais gaffe, promis papa.
Je repartis à contrecoeur, toujours plein Nord. Mais au moins je savais que je pourrais lui reparler. Il fallait maintenant que j’évacue de mon esprit ma fille, chose plus facile à dire qu’à faire, et que je ne pense qu’à ma mission. Le couloir forma un bras, au bout duquel s’ouvrait une petite place, à ciel ouvert, entourée par des passerelles. Un guet-apens parfait, mais tous les autres couloirs ne nous menaient qu’à des impasses. Il fallait passer, pas le choix. Je sortis l’un des matériels haute-technologie que j’avais emporté, une caméra à fibre optique, plantée au bout d’un cable. En face de nous, au-dessus de la sortie, s’étendait une baie vitrée, mais personne derrière. Je décidai de partir en premier. Faisant des signes de la main au reste de mon équipe, je leur signifiait de me couvrir pendant que je traversais. A peine avait-je tourné le buste par le coin du couloir qu’une balle m’effleura la jambe. Sous la douleur j’esquissai une larme, et me redressai pour me replanquer derrière le mur. Plus besoin de parler par geste, l’ennemi savait que nous étions la.
- C’est qu’un sniper, je m’en occupe. Dis-je à mon unité, pour détendre légerement l’atmosphère.
Je respirai fortement, et procédai comme à l’accoutumée. Le flash d’une grenade paralysante venait d’aveugler le type qui était muni de lunettes thermiques. Je pivotai alors et tirai 2 balles. J’entendis un cri, puis un clic. Un clic qui n’avait rien à foutre dans cette scène. Une demi-seconde après je plongeai derrière le mur, afin d’éviter la roquette qui se dirigeait tout droit dans ma direction, et qui se continua sa route dans le long couloir, avant d’exploser quelques mètres plus loin.
- Ouais bon d’accord, un sniper et un RBG…
Lent à recharger le RBG… je sautais derrière la mur, tirai une rafale. L’autre s’effondra lamentablement sur la vitre. Je pensais enfin pouvoir passer, quand je vis que sur les cotés, s’etendaient deux autres baies vitrées, dans lesquelles un commando nous attendait.
- Mais merde, ils sont combien ces enfoirés !
Cette fois, Kyle m’aida. On balanca chacun 2 grenades par les baies, qui explosaient dans un grand vacarme, en résonnant dans toute la cour carrée. Un coup d’œil par la caméra optique, plus rien… Nous passâmes enfin la cour sans encombre, et reprimes notre route. Pas pour longtemps. A peine quelques dizaines de mètres plus loin, nous entendîmes des coups de feu dans un couloir voisin. Un type en sortit, reprenant avec un petit peu de peine sa respiration, avec du sang un peu partout, une étrange combi noire , et les yeux rouges. Il était en train de se battre avec un type encore plus étrange. Je ne comprenait rien à la scène, et regardait depuis quelques secondes sans trop savoir quoi faire. Je fus sorti de ma léthargie par une voix familière :
- C’est quoi ce bordel ?
Le capitaine Fanders, chef de l’unité C, venait d’apparaître derrière le recoin . Quelques-uns de ses hommes le suivaient, tous plus ou moins amochés.
- Mais c’est quoi ce truc, c’est qui ces deux la ? Demanda Jay à l’un de ses camarades du groupe C.
- L’un est apparemment avec nous, celui avec la combi noire, il s’appelle Callaway, c’est un civil. Mais … cette combinaison, il ne l’avait pas il y a dix secondes… C’est qui ce mec ?
Nous regardions la scène sans trop savoir quoi faire, et apparemment notre allié était en train de se prendre une sacrée dérouillée. L’autre type lui mit un coup de pied entre les côtes, qui envoya Callaway valser contre un mur, qu’il traversa. L’autre s’avanca droit vers moi, me prit par la gorge et me souleva. Les hommes de mon unité et de l’unité C le menacèrent de leur arme et lui ordonnèrent de me lâcher. Il ne bougea pas. Callaway repassa alors à travers le mur, balanca un coup d’épaule au type qui me lacha sur le coup. Je tombai par terre et reprit ma respiration. Le casque de Callaway se retira, et il gueula à tout le monde :
- Barrez-vous d’ici ! Maintenant !