De toute facon , le passage par rapport à Fortune sera dans mon prochain texte, en attendant voici la fin de mon texte d´intro dans FoxDown
Lieutenant Alex
Après un saut en parachute mouvementé, nous nous posâmes sans encombre dans une clairière dégagée à environ 600m de FoxHound. Se poser dans une clairière était dangereux, mais nous éviterait de déloger les soldats coincés dans les arbres. Sitôt posés, les toiles des parachutes retirées et cachées pour ne pas attirer l’attention, le capitaine Sparrow et moi fîmes un rapide point sur la situation :
« Faites gaffe dans la forêt qui nous mènera aux bâtiments, on peut tomber dans une embuscade à n’importe quel moment. C’est pour cela que l’on va se diviser en unités, les mêmes divisions que celles observées dans les hélicos. Je commanderai le groupe A, le capitaine Sparrow le groupe B, le capitaine Fanders le groupe C, et le lieutenant Terry le groupe D. A compter de cet instant, tout le monde utilise ses noms de code uniquement. C’est la condition sine qua non. Plus de « capitaine » ou de « lieutenant » ou même de « chef » , dans le cas où l’on serait observés il ne faut pas qu’ils sachent lequel d’entre nous dirige les opérations. Après les 600m de forêt, on fait péter le mur d’enceinte à quatre points différents, avec le Semtex que chaque groupe possède. On rentre, et on cherche Saladin. Evitez l’affrontement direct et économisez les munitions, l’ennemi sera très certainement en surnombre, cherchez plutôt à localiser et à sécuriser les points importants. Sur ce coup, évitez de dégommer des membres de FoxHound, notre ennemi est commun. Bien sur, évitez également de vous allier, sauf si vous ne pouvez pas faire autrement. On reste en contact par Codec. Je vous souhaite bonne chance. »
Après ce court briefing, chaque groupe prit une direction différente et s’enfonça dans la forêt dense.
Au bout de deux, peut-être trois centaines de mètres, nous commençâmes à croiser des soldats, parfois en groupe, souvent seuls et déboussolés. Dans le dernier cas ; une fléchette de pistolet tranquillisant suffisait amplement. Mais la première surprise morbide survint à quelques encablures de la base. Un carnage comme nous n’en avions jamais vu, en tout cas à en juger par le regard et l’expression du visage des soldats de mon unité. Devant nous s’étalait une montagne de cadavres. Non pas tués au fusil, mais à l’arme blanche. Découpés comme un vulgaire tas de viande froide. L’herbe était devenue rouge, l’odeur de sang restait dans la gorge, avec un goût âpre et amer. Même les arbres semblaient ressentir la douleur et la cruauté de la scène environnant. La grande faucheuse avait eu un sacré boulot… Malgré les tirs et les explosions que l’on entendait quelques secondes plus tôt à peine, ici le temps semblait s’être arrêté. Le silence était total. Presque total en fait. L’un de mes soldats, le jeune Kyle, avait entendu un râle. Après une brève recherche, nous découvrîmes un soldat vivant, les deux bras tranchés, baignant dans son sang. Je lui demandai :
« Qui vous a fait ça ?
Je ne m’attendais pas à une réponse. Et pourtant il dit d’une voix faible et rauque, la voix d’un homme à l’agonie :
« Sa…ladin. Je t’en supplie , achève-moi , achève-moiiiiiii … » Il me supplia de mettre fin à sa souffrance, demande que je ne pouvais refuser. Je pointai mon Socom en direction de sa tête, et appuyai sur la gâchette. La détonation résonna dans un écho surréaliste. Un homme de mon unité brisa le silence :
« C’est … C’est Saladin qui a fait ça ? Seul ?
- Ouais … peut-être que finalement il n’avait absolument pas besoin de notre aide. » Il ponctua ces paroles d’un léger rire jaune.
Je me retins de pointer mon flingue vers son visage, lui signifier que ce qu’il venait de dire n’était absolument pas digne d’un soldat, encore moins dans ces circonstances. Mais il fallait que nous restions soudés. Certains d’entre nous firent un signe de croix, puis nous repartîmes vers le mur d’enceinte Sud de FoxHound. Arrivé près du mur, j’activai mon codec afin de m’assurer que les 3 autres unités avaient déjà fait explosé le mur. La réponse fut affirmative.
Myla plaça une charge de Semtex contre le mur, puis le fit explosé après s’être mis à l’abri. Un trou béant s’ouvrait dans le béton, et nous entrèrent dans FoxHound. Ou bien ce qu’il en restait…