Voici en attendant un petit texte que j´ai trouver, tout bête, vous pouvez même le survoler. C´est l´extrait d´un bouquin, je ne vous dit pas encore lequel. Je vous mets au défi d´abord de trouver qu´elle est la particulatité littéraire de ce texte, qui, quand on la trouve, nous surpends tellement qu´on a du mal a y croire. Peut être que certain connaisse le bouquin duquel il est tiré, en tout cas moi j´appelle ça une performance incroyable.
Essayer juste de trouver ce qui cloche dans ce texte avant de vérifier sut Google, ça vaut le détour de le découvrir:
" Oui, il y a aussi Ismaïl, Achab, Moby Dick. Toi, Ismaïl, pion tubar, glouton d´obscurs manuscrits, scribouillard avorton qu´un cafard sans nom gagnait, toi qui partis, fourrant unsarrau, trois maillots, six mouchoirs au fond d´un sac, courant à ton salut, à ta mort, toi qui, dans la nuit, voyais surgir l´animal abyssal, l´immaculation du grand Cachalot blanc, ainsi qu´un océan lilial dans l´azur froid !
Ils sont partis trois ans, ils ont courus trois ans, bravant tourbillons, ouragans ou typhons, du Labrador aux Fidji, du Cap Horn à l´Alaska, d´Hawaii au Kamtchatka.
A minuit, au gaillard d´avant, il y avait Starbuck, Daggoo, Flask, Stubb, du Cap-Cod, Dough-Boy. Pip jouait du tambourin. On chantait:
Oh yo Oh yo
Pour un flacon d´Alcool !
Un marin nantuckais immortalisait un combat colossal qui, par trois fois, opposait Achab au grand Cachalot blanc, à Moby Dick. Moby Dick! Son nom glaçait jusqu´aux plus forts, un frisson convulsif parcourut l´octogonal tillac. Moby Dick ! L´animal d´Astaroth, l´animal du Malin. Son grand corps blanc qu´un vol d´albatros partout, toujours, accompagnait, faisait, aurait-on dit, un trou au mitan du flot, un noyau blanc sur l´horizon azur, qui vous fascinait, qui vous attirait, qui vous horrifiait, trou sans fond, ravin blanc, sillon fulgurant d´un courroux virginal, couloir qui conduisait à la mort, puits vacant, profond, lacunal, vous aspirant jusqu´à l´hallucination, jusqu´au tournis ! Huis blanc d´un Styx plus nois qu´aucun goudron, tourbillon blafard du Malström ! Moby Dick ! On n´y faisait allusion qu´à mi-voix. Signons-nous, disait parfois un bosco pâlissant. L´on voyait plus d´un marin murmurant tout bas un dominus vobiscum.
Alors, apparaissait Achab. Un sillon profond, d´un blanc blafard, traçait son cours parmi son poil gris, striait son front, zigzaguait, disparaissait sous son col. bancal, il s´appuyait sur un pilon ivoirin, moignon royal qu´on façonna jadis dans l´os palatin d´un grand rorqual.
Il surgissait, tonnant, hagard, maudissant l´animal qu´il pourchassait voici dix-huit ans, il lui lançait d´insultants jurons.
Puis, au haut du grand mât, il plantait, il clouait un doublon d´or, l´offrant à qui saurait voir avant tous l´animal.
Nuit sur nuit, jour sur jour, à l´avant du galion, transi, raidi dans son suroît, plus dur qu´un roc, plus droit qu´un mât, plus sourd qu´un pot, sans un mot, sans un clin, plus froid qu´un mort, mais bouillonnant dans son for d´un courroux surhumain, volcan grondant ainsi qu´un bloc raidi chu d´un ouragan obscur, Achab scruta l´horizon noir. La Croix du Sud brillait dans la nuit. Au haut du grand mât, ainsi qu´un point sur un i, l´halo gris baignait d´un clair obscur pâlissant l´or maudit du doublon.
Trois ans dura la circumnavigation. Trois ans durant cingla l´hardi galion, louvoyant du nord au sud, roulant, tanguant dans l´inouï tohu-bohu du jusant, bourlinguant sous l´août brûlant, sous l´avril glacial.
Un court instant, tout parut s´adoucir. A dix furlongs du galion, Moby Dick glissait, animal divin, paix avant l´ouragan final. Il y avait dans l´air ambiant un parfum saisissant d´absolu, d´infini. Du flot cristallin sourdait, montant, un halo lustral qui donnait à tout un air virginal. Nul bruit, nul courroux. Chacun s´immobilisait, contraignant son inspiration, saisi par la paix qui soudain rayonnait, s´irradiait, alangui par l´amour inouï qui montait du flot calmi, du jour blanchissant.
O, instant amical, unisson parfait, absolution ! Avant la mort qui rôdait, l´himalya lilial du grand Cachalot blanc donnait à tous son grand pardon, à Starbuck, à Pip, à Ismaïl, à Achab.
Achab ! Front brûlant, tordu, horrifiant, bossu. Un long instant, sans un mot, il fixa l´horizon. Un profond sanglot agita son poitrail puissant.
- Moby Dick, Moby Dick ! hurla-t-il à la fin, tonitruant. Allons tous aux canots.
Sur son jambart au cuir crissant, Daggoo affûta son harpon au morfil plus aigu qu´un razoir.
L´assaut dura trois jours, trois jours d´affronts inouïs, chocs obscurs, corps à corps, vingt six marins unis dans un combat colossal, assaillant dix fois, vingt fois, un harpon plus tranchant qu´un bistouri s´implanta jusqu´aux quillons, jusqu´aux croisillons dans l´animal qui rugissait, bondissait, mais qui nonobstant d´aigus barbillons labourant au plus profond sa chair, d´aggripants crocs tailladant, arrachant à vif, traçant sur son dos blanc d´avivants sillons sanglants, faisait front, s´attaquait aux canots qu´il culbutait, qu´il coulait, puis disparaissait tout à coup au plus profond du flot. Puis un soir, s´attaquant soudain au trois-mâts, moby Dick l´ouvrit d´un coup. L´avant du galion bascula. Dans un sursaut final, achab lança son harpon, mais son fil tortilla. Moby Dick, tournoyant, fonça sur lui.
- Jusqu´au bout, j´irai voulant ta mort, hurlait Achab, du fond du Styx j´irai t´assaillir. Dans l´abomination, j´irai crachant sur toi ! Sois maudit, Cachalot, sois maudit à jamais !
Il tomba, ravi par l´harpon qui filait. Moby Dick, bondissant, cloua Achab sur son dos blanc, puis piqua au fond du flot.
L´on vit un ravin blafard, canyon colossal, s´ouvrir au mitan du flot, tourbillon blanc dont la succion aspira un à un marins morts, harpons vains, canots fous, galion maudit dont la damnation avait fait un corbillard flottant...
Apocalypsis cum figuris: il y aura pourtant, il y aura toujours un survivant, Jonas qui dira qu´il a vu sa damnation, sa mortdans l´iris blanc d´un rorqual blanc, blanc, blanc, blanc jusqu´au nul, jusqu´à l´omission !
Ah Moby Dick ! Ah maudit Bic !"