J´ai relu et relu le texte, donc normalement il ne devrait pas y avoir de fautes...
Peut être des incohérences... mais bon toute façon, ça devient ma marque de fabrique, les incohérences ^^
Agent Pliskin,
- Dans ce cas là, fit Lockheed, on a intérêt à être loin d´ici dans les quatre prochaines minutes !!
J´avais les yeux rivés sur l´écran noir, incapable de réfléchir sur le coup, tapant machinalement sur la machine.
- Je fais de mon mieux ! Mais je n´ai jamais vu un système aussi complexe... rien à voir avec les Unix du gouvernement !
Je délaissai l´écran du poste, pour fouiller mon caleçon... Les autres ne comprenaient pas.
- C´est pas le moment de se tripoter nom de dieu ! fit Stan.
- Désolé... mais c´est pas ça.
Je sortis d´un air triomphal un disque et le lançai à Hornet, plus près du gros lecteur. Sans le lui dire, il l´inséra presque machinalement et sans m´adresser un regard.
- Quelques petits programmes pour la route...
- Bordel, Pliskin ! Il te faudra une éternité pour compiler et tout le baratin ... ! On n´a pas assez de temps, s´écria Lockheed.
- T´as qu´à venir le faire à ma place, lançai-je sans le regarder. De toute façon, ça met une seconde à compiler. Le serveur est puissant, comme tu as du le remarquer.
- Et en quoi ça peut aider, tes programmes ? demanda Hornet.
- Ils ont battu Fox Hound et la NSA, U-155 ne leur résistera pas non plus...
- C´est pour ça que tu les cachais dans ton caleçon... des preuves ! fit Ripple d´un air amusé évident.
Mais avant de pouvoir répondre, le sol se mit à vibrer. En m´élevant au dessus du poste, je me rendis compte que celui-ci, comme tous les autres qui entouraient la salle, se tenait sur une plate forme indépendante de l´ascenseur...
- Merde ! Hornet ! Le disque !
Mais nous étions déjà en hauteur et Hornet, à moins de sauter sans retour possible, n´y pouvait rien. J´étais déjà à ses cotés et me penchais vers le lecteur comme un fou, lui faisant tout son possible pour me retenir.
- T´es fou ! C´est que des programmes, qu´est ce que ça peut te foutre ?
- C´est pas QUE des programmes ! C´est des années de travail !
- Pour un disque minable comme celui là ? fit Ripple. Tu devrais être content, au moins maintenant tu ne risques plus rien. Les preuves disparues, tu es blanc comme neige.
Nous étions déjà arrivés au sommet, ça avait été tellement rapide que nous étions tous étonnamment surpris.
- Eh ben ! 150 étages ! Chez moi, l´ascenseur il fait dix fois plus longtemps pour seulement trois étages ! m´exclamai-je, en pleine course.
Nous nous étions tous précipités vers la sortie, nos yeux rivés sur la montre de Bullet qui avait synchronisé le décompte.
20 secondes... Warren se prit les jambes dans les pieds, et sans arrêter ma course je le pris et le mis sur mes épaules.
10 secondes... Nous avions deux portes devant nous. Sans réfléchir, Stan défonça celle à gauche et nous le suivîmes aveuglés par le temps.
5 secondes ... Enfin l´air libre, mais nous n´avions pas l´occasion d´en profiter, premièrement parce que le temps nous manquait et que nous devions nous éloigner au plus vite, secundo parce que... ça sentait pas très bon. Apparemment nous avions atterri à l´arrière de la librairie. Plus exactement, devant le vide ordures.
L´explosion ne se fit pas attendre... et nous étions beaucoup trop près. La fin était proche. La fin de Warren.
- Heu... je rêve ou on n´est pas mort ? fis-je.
- Ça ressemble pas trop à ce que je m´imaginais du paradis..., répondit Hornet.
- ... ni de l´enfer, conclut Stan.
La librairie était intacte, pourtant j´aurai jurer avoir entendu un grondement venant du fond. Les autres étaient aussi étonnés que moi et ne semblaient pas mieux comprendre ce qui s´était passé.
Au moment où Bullet, dont la compréhension des faits dépassait d´un shouia celle des autres, se mit à parler, Warren poussa un cri, mais pas un cri de douleur... il se tenait de la main le coté gauche de sa poitrine, son coeur.
- Merde ! fis-je, ne trouvant rien d´autre à dire.
Je l´attrapai par les épaules, et Bullet s´écria :
- L´IEM !
Lockheed réagit aussi vite qu´un supérieur digne de ce nom aurait du le faire :
- Pliskin, porte le jusqu´à la voiture. Vous trois, grouillez vous !
Environ dix secondes plus tard, la voiture démarra, Ripple au volant :
- Vous savez, c´est pas vraiment mon truc... les bagnoles. Je suis pas habitué à l´automatique...
- Conduits et tais toi, nom de dieu ! s´exclama Lockheed. Euh pourquoi, t´avais quoi comme bagnole ? Une R5 ?
- Je savais pas que tu te sentais français dans l´âme, Locke... et puis je croyais que je devais me taire.
- Ça va, Warren vous gènes pas trop, j´espère ? Un arrêt cardiaque, ça vous dit quelque chose ? m´exclamai-je sans réfléchir.
L´impact était fulgurant, ces quelques mots suffirent à culpabiliser tout le groupe, moi y compris. Il était à peine conscient et personne n´osait dire ce qu´il pensait devant lui, mais nous savions tous très bien que nous ne pouvions rien faire. En quelque sorte, nous n´emmenions Warren à l´hôpital que pour avoir la conscience tranquille. Se dire qu´il est mort dans un hôpital est plus réconfortant qu´une mort entre nos bras.
- Shit ! fit Stan.
L´hôpital était entouré par les flics... et les forces spéciales. Apparemment, ils avaient condamné l´accès.
Nous étions devant l´entrée du parking, et le vigile nous parlait de sa cabine :
- Seules les urgences sont acceptées... manque d´effectifs, je suis navré.
- Mais C´EST un urgence ! fis-je, l´air tellement enragé que l´homme en eut peur.
Ce fut sûrement pour cela qu´il nous laissa passer sans poser de questions. En revanche, les flics ne furent pas si cléments. Quand nous sortîmes de la voiture pour ensuite essayer de franchir la limite autorisée, un d´eux nous barra la route. Mais nous étions pressés, et Bullet ne se gêna pas et lui donna une droite...
- Pas le temps d´expliquer, désolé.
Nous fûmes aussitôt encerclés par une armada de forces spéciales, qui nous braquaient de leur 9mm.
- Bullet, génial ! fit Lockheed.
Mais une autre voix, que je connaissais, s´éleva derrière eux :
- Laissez, laissez !
- Falcon ! s´écria Lockheed.
- Nous avons fait aussi vite que nous le pouvions, répondit-elle en se faufilant entre les hommes qui nous encerclaient, puis s´adressant aux espagnols :
- Ils sont avec nous, et c´est urgent, il faut les laisser passer, dit-elle, puis voyant qu´ils ne réagissaient pas : c´est dans le contrat !
- Rompez la formation, ordonna ce qui semblait être leur chef.
À ce moment précis, Warren, que je ne soutenais plus, laissa échapper un son étouffé... puis tomba sur le sol, sa main droite toujours collée à son coeur.
- Warren ! criai-je, sachant très bien que ça n´y changerait rien.
Je le pris sur mes épaules, faute d´un brancard, et entrai sans attendre. Les autres me suivaient.
Le bâtiment était vide. Seule une réceptionniste était présente au comptoir. En fait, non, elle n´était pas seule, elle discutait avec ce qui paraissait être un médecin que je ne pouvais voir deux secondes plutôt à cause de l´angle du mur.
- Attaque cardiaque, vite ! s´écria Stan.
Ils parurent surpris de nous voir arriver comme ça, à l´improviste... mais la réceptionniste se ressaisit assez rapidement :
- Euh... la porte à droite.
- Posez-le, et branchez le matériel, fit le médecin. J´arrive tout de suite.
Quelques instants plus tard, il nous rejoignit dans la pièce. Il prit sans attendre les deux défibrillateurs.
- Je suis désolé, je suis allé chercher mes lunettes, dit-il en envoyant une charge qui fit sursauter Warren. Je ne vois quasiment rien sans. Parlez moi un peu du patient, que s´est-il passé ?
- Dîtes nous d´abord où est le docteur qui s´occupait de lui, répondit Lockheed pendant qu´une nouvelle charge plus puissante faisait sursauter le corps inanimé.
- Il n´y a plus personne ici... suite au massacre qui a eu lieu, tout le personnel a été évacué, y compris les médecins. On a délégué des habitués du terrain pour assurer le service au cas où.
Après avoir lancé la troisième charge, il se tourna vers nous, d´un air désolé.
- Je suis navré, mais je ne crains qu´il n´y ait rien d´autre à faire. Je ne suis pas vraiment qualifié pour les attaques cardiaques. Mon doctorat en informatique et physique mécanique a ses limites.
Nous étions tous abattus, et moi plus que les autres. J´adossai ma tête contre le buste de Warren et commençai à me lamenter intérieurement. Il paraît que le cerveau dans la détresse se met à fonctionner plus que la normale. Les dernières paroles du docteur firent tilt.
- Qu´est ce vous avez dit ? Physique ? bondis-je littéralement de mon siège.
Ripple avait soudain compris lui aussi. Il s´écria :
- Au contraire ! Vous pouvez sûrement nous aider ! Ce gamin est truffé de nano-machines. Vous devez faire en sorte qu´elles reprennent leur fonctions.
- Hein ? Nano-machines ? Euh...
Il regarda Warren, essayant de comprendre la situation...
- Assurément... les nano-machines sont un domaine que je maîtrise parfaitement... mais les faire revivre n´est pas une tache facile... et le temps est un grand ennemi, les cinq minutes ont du être largement dépassées.
- Non, je suis sur qu´il reste encore une chance, fit Bullet, tout à fait impassible comme à son habitude.
- Vous pouvez le croire sur parole, signala Lockheed.
Une minute plus tard, de justesse avant que le temps imparti ne soit écoulé, une secousse puissante réveilla Warren. Il prit une énorme bouffée d´air comme s´il avait été asphyxié et se rallongea. Il se redressa pour nous regarder tout à tour, comme sous le choc.
- Qu´est ce qui s´est passé ?
Le «gars à lunettes» venait tout juste d´envoyer une charge puissante, après avoir préalablement «réactivé» les nano-machines... du moins, c´est ce que j´avais compris.
Warren était en train de se reposer dans la pièce, Stan, Hornet, Falcon et Bullet à ses cotés. J´étais en revanche, en compagnie de Lockheed, avec le docteur. Il avait enlevé sa blouse blanche, laissant entrevoir un pull vert. Ses cheveux bruns brillaient dans l´éclat de ses lunettes.
- Étrange... il se trouve bizarrement que je suis le seul dans ce pays, et euh sûrement dans le monde entier, euh sans vouloir paraître prétentieux, dit-il en rajustant ses lunettes de sa main droite, qui aurait pu sauver ce garçon. Étrange hasard, non ?
- Je ne crois pas aux hasards, répondit directement Lockheed.
- Et vous avez raison ! dit-il magistralement en fourrant un morceau de papier dans la veste du caporal.
- De la part du corbeau... je suis un de ses... une de ses connaissances.
- Le corbeau ? s´étonna Lockheed.
- Qui ça, le corbeau ? fis-je.
- Aucune idée, répondit sur le coup Lockheed.
Mais je voyais bien qu´il avait l´air de comprendre. Il s´apprêta à sortir, mais le docteur l´interrompit :
- Vous devriez le mettre au courant. Ça le concerne autant que vous, et même plus dans l´immédiat.
Lockheed hésita puis revint s´asseoir et sortit le morceau de papier. Il le leva pour que je puisse le lire aussi :
« N´ayez crainte. Vos amis se trouvent en sécurité. La destination précise se trouve au dos du message. Il vous faudra bien sur le savoir des anciens pour déchiffrer le code. »
Au dos du papier se trouvait un code indescriptible, semblable à celui du serveur que nous avions déchiffré auparavant.
Je dévisageai Lockheed pendant un instant, et il fit de même. Puis sans réfléchir, nous lançâmes d´une même voix :
- Who are you ?
- Peu importe qui je suis. Vos amis vous attendent, allez les rejoindre.
- Et en quoi ça me concerne, moi ? demanda Lockheed.
- À priori, ça ne vous concerne pas. Vous étiez simplement le seul intermédiaire possible.
Je le fixai pendant un moment, puis voyant son air nonchalant, je me dis qu´il ne pouvait advenir de mal de cet homme là.
Puis d´un geste brusque, Lockheed me tendit le papier et sortit de la pièce, sûrement pour rejoindre les autres.
- Tu es quelqu´un de chanceux, Pliskin.
- Je n´en ai pas le souvenir, répondis-je machinalement.
- Quelqu´un m´a beaucoup parlé de toi, ... que de toi.
- Je ne pense pas qu´il s´agissait de moi... je n´ai aucune attache.
- Oh... oui. Mais tu en avais.
- Non, je n´en ai jamais eu.
Je rejoignis les autres, las de ses sous-entendus. Apparemment, ils étaient tous les sept (Chip les avait rejoint) en pleine discussion à propos de l´explosion.
- ... a du être arrêté par une surface blindée.
- Oui, mais le sous-sol a explosé, et comme c´est sur lui que repose le bâtiment, la librairie aussi aurait du s´écrouler.
- Justement, la librairie doit reposer sur autre chose que la base du serveur. Quelque de chose de blindé, qui aurait stoppé l´explosion...
- mais pas l´IEM.
- Exactement, conclut Ripple.