Caporal Lockheed
-Ne passez pas par ici monsieur...
L´agent de sécurité me bloquait l´accès à l´étage de Warren. Des enquêteurs de la police espagnole s´affairaient autour des trois corps des innocents, mais surtout des commandos. Je levai ma plaque de Fox-Hound devant lui.
-Foxeuh-Hou... connais pas, répondit-il.
Bien sûr, pensais-je, Fox-Hound était peu connue à travers le monde, et c´est ce qui faisait sa réussite. Je fus plus bref avec lui: je sortis mon pistolets et le présentai face à lui.
-Et si je vous dis que les balles trouvées dans les corps de ces hommes correspondent à cette arme?
L´agent, qui avait le nez dans une liste, regarda fixement le pistolet sous tous ses angles, puis me dit calmement:
-C´est un vrai... vous êtes sérieux?
-On ne peut plus.
-Ces hommes ont tué deux policiers et une infirmière, et avaient disposé assez d´explosifs pour faire sauter l´immeuble. Je suppose que je dois vous en être reconaissant.
-À vous de voir, mais j´aimerais passer.
-Vous connaissez la jolie fille qui s´occupe du gamin? dit-il en me regardant avec sérénité.
-Celle avec les cheveux noirs et un blouson en cuir?
-Elle-même
-Ma coéquipière.
Il mis le bras sous la bannière de sécurité et la fit lever.
-Entrez, et donnez-moi votre pistolet... pour la ballistique.
-D´accord, dis-je en lui donnait mon arme. Il faudrait aussi que vous preniez celui de la jolie fille alors.
-Les femmes sont armées dans votre organisation?
-Oui... et c´est pas du petit calibre, dis-je en souriant.
Je passai devant les inspecteurs de la police criminelle qui prenaient des photos des corps. En marchant, je reconnus une de mes victimes, couché par terre dans l´entrabaillement d´une porte trouée par trois fois, du sang sur le mur et autour de lui. Je passai rapidement devant les corps et tournai à l´angle d´un couloir, pour voir Warren assis dans un coin, la tête entre les genoux. Falcon était à la fenêtre, elle regardait le soleil se coucher. Je m´approchai d´elle silencieusement et vins me poster à ses côtés. Elle ne bougea pas d´un cil, comme à son habitude, mais engagea la conversation.
-Hornet m´a appelé... il m´a dit pour son père, dit-elle en tournant la tête vers Warren. Il le sait... Lors de la conversation avec Hornet, je lui ai demandé ce qu´il était advenu du Patriot, il a vu l´expression de mon visage, et il a compris malgré lui. Pauvre gamin, c´est un orphelin maintenant.
-Bullet semblait savoir qu´il perdrait sa famille... il le sentait, répondis-je. Et on s´est immiscés trop loin quant à U-155 et les Patriots, on ne peut plus rebrousser chemin maintenant.
-On détruit le serveur, et l´histoire finit bien, dit Falcon avec un sourire peu crédible.
Je ne lui répondis même pas, et continuai de regarder le ciel qui virait au violet foncé.
-Il faudra que tu remettes ton arme aux autorités, dis-je pour casser la glace, pour la balistique.
-D´accord, dit-elle d´une vois faible tout en scrutant l´horizon.
Elle sortit son arme, la main sur la crosse, le doigt sur la gâchette, le canon vers ma poitrine. Pendant quelques instant elle me fixa droit dans les yeux, d´un air très froid, que je ne lui conaissais pas. Je me sentis hésiter soudain, elle avait toujours l´air si sûr d´elle. Ses grands yeux bleus semblaient soudaient être autant perçant que des couteaux, ses narines étaient immobiles, sa bouche également. On aurait dit une personne sans vie, un simple corps tellement elle était immobile.
-Falcon...
Je ne pus sortir que ces quelques mots de ma bouche, effrayé. Elle continua de me fixer, puis fit tourner l´arme autour de ses doigts et me présenta la crosse. Je la pris en la regardant d´un air étonné. Elle se retourna à nouveau vers la fenêtre, et continua de regarder le ciel. Je partis donner l´arme à l´agent, me demandant ce qui existait réellement au fond de l´esprit de Falcon. Elle était bien différente de ce qu´elle voulait montrer, Hornet aussi... Seul Chip semblait être un peu normal dans mon équipe, et encore, je n´en savais rien.
Mon petit texte! 