Hier, des forumeurs m´ont dit qu´ils voulaient bien lire le début d´une des histoires que j´écris
J´ai pris le plus court possible, et je ne vous oblige obsolument pas à lire
Ceux qui ont le courage de le faire, s´ils pouvaient me donner leurs critiques...
Je gesticulai sur mon siège. Le bus avait cahoté sur un nid de poule de la route goudronnée, et mon rêve s’était interrompu brutalement.
Lorsque je m’étais assoupie, nous étions dix passagers.
J’étais à présent seule.
Je rejoignis le conducteur en m’accrochant aux sièges, pour assurer mon équilibre.
- On arrive bientôt ?
- A Ylnira ? Ouai, dans un quart d’heure environ.
La clope dans son bec déversa quelques cendres sur son jean. J’allais retrouver ma place quand il m’interpella :
- Dites moi, qu’est-ce qu’une jeune femme d’la ville comme vous va foutre dans un trou perdu pareil ?
Je fermai les yeux. Aucune envie de raconter ma vie à cet homme. Je prétextai :
- J’ai une cousine germaine qui y vit.
Il ne posa pas plus de question. J’extirpai un livre de mon sac et m’y plongeai. Plus tard, la voix rauque et enrouée de mon chauffeur me tira de mon histoire :
- Hey, on y est !
Je rangeai mon bouquin, saisit mon sac et traversai l’allée. J’adressai un sourire poli au chauffeur, qui me marmonna en retour :
- R’voir.
- Bon retour.
Lorsque mes pas foulèrent la route nue, la tristesse du paysage me frappa. Le ciel était couvert, mes bottes s’enfonçaient dans la boue, et mon imperméable ne m’immunisait pas des griffures du froid. Des feuilles mortes jonchaient le sol, et trois maisons, seules, semblaient défier les bâtiments modernes de notre époque. Leurs façades noircies, les volets, à la peinture grisâtre écaillée, pendant de leurs gonds, les toitures incomplètes, tout laissaient à penser que ce hameau avait raté une page de l’histoire. Aussi, la route goudronnée s’arrêtait là, et le bus avait fait depuis longtemps demi-tour, pressé par la hâte de quitter ce lieu vide de vie.
A cet instant, une pensée s’imposa à mon esprit : j’avais atteint le bout du monde.
Personne n’était là pour m’accueillir, pour m’ouvrir la maison. J’étais seule, à nouveau seule, et ma nouvelle vie commençait.