Il y a, au bord du vieux parc, un banc que plus personne ne regarde.
Autrefois, deux mains s’y frôlaient, deux rires s’y répondaient. Le bois craquait sous leur bonheur, et le vent, complice, emportait leurs secrets entre les branches.
Aujourd’hui, il ne reste que le silence.
Un silence lourd, presque vivant.
Chaque soir, à la même heure, un homme s’y assied. Ses yeux suivent les feuilles mortes comme s’il cherchait, parmi elles, un souvenir qui lui aurait échappé. Il parle doucement, à voix basse, comme s’il croyait encore qu’elle pouvait l’entendre.
Parfois, il sourit. Un de ces sourires fragiles, pleins d’habitude et de douleur mêlées.
Puis il se lève, lentement, comme on referme un livre qu’on n’a jamais voulu finir.
Et le banc reste là, fidèle gardien d’une histoire qu’il est le seul à se rappeler.
Quand le vent souffle, on dirait presque qu’il murmure son prénom.