C´est en fan de Ratchet & Clank 1 que j´ai préféré m´offrir la suite en platinum à la rentrée, plutôt que d´assurer l´originalité avec une nouveauté. J´avais adoré le premier pour son autodérision potache, ses gadgets en pagaille, son univers enchanteur quoique relativement peu attachant, et les quelques nouveautés qu´apportait le titre au genre de la plate-forme.
Je partais donc confiant.
Triste erreur.
C´est pas que je me sois ennuyé, mais j´ai été déçu par cette suite. Pourquoi? Plusieurs raisons:
-Le scénario n´est plus seulement abracadabrant, ce qui est peut être une qualité avec un peu de savoir-faire, mais mal fichu: comment une trame aussi simple peut-elle tourner aussi longtemps autour du pot, proposer des rebondissements qu´on a devinés depuis un siècle, et des incohérences aussi flagrantes ( je pense à l´absence totale de méfiance des héros, c´est pas la naïveté, c´est du foutage de gueule envers les joueurs)?
-Le principe du gadget poussé à son paroxysme. Chercher à rendre les gadgets encore plus dingues, c´est une bonne idée, mais au vu du résultat on peut s´interroger. Prenez les tourelles mitrailleuses, le rebondisseur, les robots qui tournent autour de vous ( j´ai oublié le nom), et le bouclier tesla. Plus besoin de jouer! Les tourelles et les robots tirent pour vous, le bouclier envoie des décharges à quiconque s´approche, et une seule balle de super-rebondisseur annéantit un groupe entier d´ennemis. Ce ne sont plus des armes, mais des instruments de massacre massif qui jouent à votre place. On en sort deux ou trois qui s´occupent de liquider les ennemis pour nous, et pendant ce temps on peut siroter tranquillou son café ou consulter ses mails.
De plus, la notion d´évolution d´efficacité des armes a disparu depuis le premier volet, puisqu´on se retrouve dès le départ avec des gadgets surpuissants ( la mini bombe atomique entre autres).
-Conséquence directe de la tare précédente: une facilité abusive. Malgré un sursaut vers la fin ( un peu avant la rencontre du chef des tugh for less et après), faut bien avouer que le jeu est extrêmement facile. La preuve en est avec le boss final, qui en plus d´un charisme inexistant, oppose une résistance tellement faible qu´on le bat du premier coup. Rien à voir avec le President Drek de R&1 qui donnait tout de même plus de fil à retordre.
Est-il besoin de souligner que le jeu en lui même présente du coup une durée de vie relativement faible, si l´on exclut les minis-jeu ( trop faciles également et pas assez approfondis) et le fait qu´il faille le recommencer une deuxième fois pour débloquer toutes les armes?
-Enfin, l´absence globale de nouveautés. Les armes ont petit air de déjà vu et ressemblent à des spéciemens du premier épisode dont on aurait poussé à l´extrême les capacités;les décors futuristes présentent peu ou pas de différence et lassent à cause de l´exclusivité du milieu urbain, les gadgets sont grosso modos les mêmes à part une ou deux idées bienvenues ( le thermobidule plus intelligent que le tracto-faisceau).
Bref...
L´effet de surpris avait sans doute rendu ma découverte de R&1 plus agréable, et c´est pourquoi son absence ici m´a tant manqué: le jeu n´évite pas la redite, et si ceux qui n´avaient pas goûté aux joies du premier s´amusent à raison comme des petits fous, les fans de la première heure ont le droit d´être déçus. Et je crois que c´est le même problème pour le 3e opus.
Une question mérite d´être posée: comment peut-on accepter d´acheter trois fois le même jeu?