Quelques mises au point utiles. Tout d´abord, sur le constat " aujourd´hui, tout le monde est dopé, alors qu´avant y avait des vrais champions purs". Quelle absurdité ! Je rappellerai pour mémoire qu´en 1908, le vainqueurs italien des JO de Londres s´était écroulé avant la ligne sous l´effet du dopage... Et dans le cyclisme, même si je trouve déplorable d´en faire un porte-à-faux car TOUS les sports sont touchés, au moins autant que le vélo, par ce fléau, et ce depuis toujours, les plus grands champions ont rarement été des modèles d´intégrité. Anquetil s´est tué avec lkes produits qu´il prenait : le jour où, par jeu, il décide de faire un contre la montre à l´eau minérale, il termine vainqueur, certes, mais tellement épuisé qu´il dira à l´arrivée à son compère Baldini : " Plus jamis l´eau minérale ! ". Et quand il réussit une grande étape pyrénnéenne en 64 alors qu´il s´est gavé la veille lors d´un méchoui, je crois que cela se passe de commentaire. Mais ça n´empêche aucunement qu´Anquetil soit le plus grand rouleur de l´histoire ! Il suffit de voir les images de ses victoires contre la montre pour comprendre qu´il était hors du commun ! Idem pour Charly Gaul, " l´ange de la montagne", qui disait lors de son tour victorieux en 58 à son voisin de chambre, en pleurant : " Charly va mourir... il prend beaucoup trop de pilules", et celui-ci de le rassurer : " enfin charly, tout le monde en prend, des pilules ! ". Qu´il ait réellement été le plus dopé du peloton, cela ne change en rien au fait qu´il ait rélaisé l´une des plus grandes performances de l´histoire du sport lors de l´étape Briançon-Aix-les-bains en 58, laminant un peloton parmi les + garnis du 20ème siècle dans des conditions dantesques... Je m´arrêterai là, encore que je pourrai rappeler le témoignage du grand Merckx lui-même, avouant sans vraiment regretter qu´il a utilisé les amphétamines lorsqu´il était au bout du rouleau, usé par ses saisons de folie... Alors à partir de là, pour moi, le seul moyen d´aimer le sport cycliste est de na pas se poser la question du dopage. Qu´Indurain ait été dopé ou pas ( et l´on sait que dans les années 90, le règne de l´EPO était sans pitié pour ceux qui ne pouvaieant s´en procurer), il suffit de jeter un oeil à ses capacités physiologiques ( 28 pulsations/min. au repos, 7,8 kgs de capacité pulmonaire, 750 watts de puissance...)pour comprendre que l´on ne gagne pas 5 tours de france au dopage. Tout participant au tour de France depuis 1903 est un être hors du commun, qu´une prédestination naturelle alliée à un entraînement intensif et une abnégation absolue a rendu capable de rouler jusqu´à 5000 kms pendant 3 semaines à une allure de 25 km/h au moins. En ce qui concerne m´état actuel des choses, il est évident que le perfectionnement de la lutte anti-dopage a transformé les coureurs, qui n´avaient pas à se cacher jusqu´à 1966, date de l´instauration des contrôles, en de véritables victimes de leur environement. Si Bruno Roussel et Willy Voet avaient mis en place ce fameux système d´approvisionnement au sein de Festina, c´est, selon moi, parce qu´ils aimaient éperdument leur sport, et que la force des choses a fait que le spectacle de cyclisme implique des performances hors du commun, des moyennes élevées, et en + de cela de jouer avec les organisateur, qui veulent le beurre et de surcroît l´argent du beurre ! Mon avis est que si nous revenions au kilométrage formidable des Tours de années 1920 ( + de 5000 kms), et que nous cessions de faire des étapes très courtes, et donc nerveuses, qui impliquent en amont une " préparation" médicale excessive, nous retrouverions les " forçats de la route". Je suis persuadé que les coureurs eux-mêmes ne diraient pas non, conscients de l´état de méfiance envers eux qui s´est dévéloppé dans nos sociétés. Pour finir, il me paraît clair que les contrôles anti-doage sont inutiles car ils poussent l´encadrement sportif des coureurs à chercher les produits qui ne sont pas détectables sans en évaluer les risques au long terme sur les organismes, et à mettre en place une " médicalisation" absolue des coureurs, qui passse par le calcul des doses d´EPO à donner pour que le taux d´hématocrite retombe en dessous de 50 au moment des contrôles. Les contrôles sont une hypocrisie, et je préférerai qo´on mette les choses au clair en révélant qu´ils ne sont là que pour donner bonne conscience à des organisateurs soucieux de l´image de leur course, et qu´ils n´aident en rien à la lutte anti-dopage. L´élément le plus absurde est pour moi le nombre de coureurs au départ du TDF qui sont asthmatiques... Qu´Armstrong prenne des corticoïdes à cause de sa maladie, cela me genne beaucoup moins qu´un coureur prennne tous ceux qui aiment le vélo pour des cons ( et je pense ici, notamment, à l´ignoble Rumsas, mais aussi à tous ceux qui profitent de fausse ordonnances).