voilà :
Reflets d´Univers
L´air souffle sur les voiles de la liberté.
Le navire géant s´envole vers les cieux.
Unis dans la douceur de frissons délicieux,
Nous voguons vers les cimes de l´éternité.
Le feu est le dément sculteur de l´univers.
La passion est un cri - négation de murmure.
La lave jaillissant de nos coeurs entrouverts
Ronge de la pudeur les antiques armures.
L´eau est le cercle où dort toute fragilité.
Elle referme sur nous ses ondes maternelles.
Invitant à cueillir la fleur originelle,
Son chant liquide appelle à la félicité.
La terre est le berceau de la germination.
A ton ventre soudée, des anges la rétine,
Fixée en un point d´orgue de fascination,
Suit de mes doigts aimantés la danse lutine.
L´univers est en nous. Sa force devient nôtre.
Eros est l´entité qui assemble et unit.
Des mondes et des êtres il a tissé nid,
Préparant à la vie dont il s´est fait apôtre.
Ce que charrie le flot de vie
O combien fascinante est l´horrible machine,
Ce cadavre animé, cet enchevêtrement
D´organes. Que charrie la nourrice sanguine,
Que porte en lui le flux du secret écoulement ?
De tendres lolitas ont nagé en mes veines.
Délicates et pures, ces nymphes dionysiaques
Mes songes ont couvés en soufflant leur haleine
Chaude sur les parois d´un puits paranoïaque.
Vous, mes amis, mes frères, à moi par le sang liés,
Avez gonflé le flot de mes désillusions.
Nous nous sommes perdus, nous autres fous alliés,
Dans l´épanchement noir de fortes effusions.
De frêles barques folles en mes artères voguent.
Echoués ça et là, les flacons de l´ivresses
Font barrage et se dressent, en tristes nécrologues,
Vomissant le jus d´un pathétique S.O.S.
Le scalpel entre en moi - la douceur prénatale
Envahit ma mémoire - je m´égorge, broyé.
Le coït unissant la chair et le métal
Explose en un dégorgement de mes noyés.
Du roman de ma vie je pose l´épilogue.
Sur la page dernière, sous mes doigts les mots filent.
Tu t´obstines à nier l´aube du monologue,
Accrochée à mon cou. Sous tes doigts l´hémophile
Se meurt.
Avortement suicidaire
Petite perle anonyme
Frémissante de vie
Lovée dans la tiédeur
D´un ventre féminin,
Fille issue de l´intime,
Fils né de l´envie,
Innocent voyageur,
Tu ne demandais rien.
Mais l´on t´a fait surgir
Du silence éternel
En te faisant captif
De l´intra-utérin,
Du confort révulsif
D´une enveloppe charnelle
Promise à devenir
Charogne au lendemain.
Nostalgie du néant
Et fantasque intuition
T´ont conduit au refus
De la vie - du grand mal.
Attiré par le " Non ! "
L´embryon que tu fus
S´enfuit en un sanglant
Suicide ombilical.
Ô mon défunt foetus,
La charnelle transcendance
Illusionna nos âmes
D´amants nus et ravis.
Enflammés par Vénus,
Nous fîmes don de l´infâme :
La mort et la souffrance
Qui sont filles de la vie.